L E Ç O N XIV

 

De la Confession

 

523. Qu’est-ce que la confession ?

 

La confession est l’accusation de ses péchés faite à un prêtre approuvé par l’Évêque pour en recevoir l’absolution.

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524. Qui a établi la confession ?

 

C’est Jésus-Christ qui a établi la confession, lorsqu’il a donné aux apôtres et à leurs successeurs le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, ce qui ne leur est possible que si on les leur fait connaître.

 

+ Un capitaine de cavalerie entra un jour, par curiosité, dans une église où le célèbre Père Bridaine donnait une mission. C’était le moment où le missionnaire exhortait à faire une confession générale. Le capitaine est saisi par la grâce, et il va faire sa confession générale. Tout le monde le voit sortir du confessionnal en versant des larmes. C’étaient des larmes de joie ; car dès que Bridaine rentra à la sacristie, l’officier l’y suivit, et lui serrant la main en présence des autres prêtres : « Père Bridaine, dit-il, Louis XV que j’ai servi pendant vingt-cinq ans, n’est pas si heureux dans son palais que je le suis d’avoir fait ma confession.» Il y a plus de plaisir à accuser ses péchés qu’à les commettre.

 

+ Un jour un officier demande à parler à l’évêque de Cambrai : « Monseigneur, je vais demain sur le champ de bataille, il serait utile que je me confesse ; mais auparavant je désirerais vous entendre me dire quelle est bien cette utilité de la confession. — Très volontiers ; cependant, commencez par vous confesser et je vous entretiendrai ensuite...» Le militaire se confesse... puis les yeux pleins de larmes, dit à Fénelon : « Ah ! Monseigneur, il n’est plus nécessaire de me démontrer l’utilité de la confession : je l’ai sentie. »

 

+ En avril 1887, sur le paquebot La Victoria qui allait faire naufrage, se trouvaient l’un à côté de l’autre, un prêtre catholique et un pasteur protestant. Le premier priait avec calme. Le second, au contraire, pris de terreur, se jette à ses genoux et le prie de l’absoude. Les religions étrangères, elles-mêmes, nous envient nos sacrements.

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525. Est-on obligé de confesser tous ses péchés ?

Oui, on est obligé de confesser au moins tous ses péchés mortels et le nombre de fois qu’on les a commis, autant qu’on peut s’en souvenir.

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526. Doit-on aussi déclarer les circonstances du péché ?

Oui, on doit aussi déclarer les circonstances du péché quand elles changent la nature du péché ou en augmentent notablement la gravité.

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527. Faut-il craindre de dire tous ses péchés au confesseur ?

Non, il ne faut pas craindre de dire tous ses péchés au confesseur, parce qu’il tient la place de Jésus-Christ et qu’il est tenu au secret le plus absolu.

 

+ S e c r e t d e l a c o n f e s s i o n. — En 1892, rentra en France un prisonnier libéré de Nouméa, M. l’abbé Dumoulin, de l’archidiocèse d’Aix.

Cet honorable ecclésiastique fut accusé, trois ans auparavant, d’avoir perpétré un vol et un homicide sur la personne d’une riche dame. Les apparences étant contre lui, sa culpabilité parut établie suffisamment et il fut condamné à la déportation perpétuelle. Or, plus tard, le sacristain de la paroisse tomba malade; bourrelé de remords, il déclara qu’il était l’auteur de cet assassinat et de ce vol; il dit, en outre, qu’il avait fait l’aveu de son crime à M. Le curé lui-même, en confession, le jour où l’on avait découvert le cadavre. Le procès commença et le coupable n’osa pas se découvrir; il craignait de s’exposer aux rigueurs de la justice. De son côté, l’abbé Dumoulin garda le secret le plus absolu. Il courba la tête sous une sentence qui le déshonorait et subit la peine prononcée contre lui, attendant de la Providence sa réhabilitation. Après l’aveu du sacristain, auteur du double crime, l’innocence de l’abbé Dumoulin a été juridiquement reconnue et proclamée. Remis en liberté, il est revenu dans sa paroisse, théâtre de ses premiers travaux et de ses souffrances imméritées. Il a été accueilli par les transports de joie de ses paroissiens, heureux de lui témoigner leur estime et leur amour.

 

+ Le domestique d’un curé s’accusa en confession de le voler au grenier: son maître fut obligé de laisser les clefs sur la porte. Mais le domestique, étant un jour en état d’ivresse, dit à son curé : « Je vous ai confessé que je vous volais au grenier et vous n’enlevez pas les clefs ? » Son maître le congédia immédiatement. ( Dire comment il le pouvait.) (Spirago.)

 

+ On raconta du duc d’Ossone que, visitant une galère, il demandait à chaque condamné ce qu’il avait fait. Tous disaient qu’ils étaient innocents ; un seul répondit qu’il eût mérité pis. « Alors, dit le vice-roi, vous n’êtes pas ici à votre place, vous qui êtes un vaurien, au milieu de tous ces honnêtes gens.» Et il lui donna la liberté. Dieu pardonne d’autant plus que le coupable avoue mieux sa faute et ne cherche pas des excuses.

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528. Quel péché commet celui qui cache volontairement un péché mortel en confession ? Celui qui cache volontairement un péché mortel en confession commet un sacrilège et ses péchés ne lui sont pas remis.

 

Pensée. — « Si vous n’avez pas eu honte de vous blesser, ne rougissez pas de vous guérir.» ( S. Aug.)

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529. A quoi est obligé celui qui a fait de mauvaises confessions ?

Celui qui a fait de mauvaises confessions est obligé d’accuser de nouveau tous ses péchés mortels depuis la dernière confession bien faite.

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530. Les péchés oubliés involontairement en confession sont-ils pardonnés ?

Oui, les péchés oubliés involontairement en confession sont pardonnés, mais il faut les accuser à la confession suivante.

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531. Est-il nécessaire d’accuser les péchés véniels ?

Non, il n’est pas nécessaire d’accuser les péchés véniels, mais il est très utile de le faire.

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532. Quand doit-on se confesser ?

On doit se confesser au moins une fois chaque année ; mais il est bon de le faire plus souvent et de ne pas rester dans l’état du péché mortel.

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L E Ç O N X V

De la manière de se confesser

533. Que faut-il faire avant la confession ?

Avant la confession, il faut examiner sa conscience, c’est-à-dire rechercher exactement tous les péchés qu’on a commis.

+ Saint Jean Climaque raconte que les anciens ermites avaient l’habitude de porter toujours un petit livre sur lequel ils inscrivaient les manquements qu’ils commettaient afin de se les rappeler pour les avouer à leur abbé, et aussi afin de s’en corriger plus facilement.

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534. Comment faut-il faire cet examen ?

Il faut d’abord demander à Dieu la grâce de bien connaître ses fautes, puis rechercher les péchés qu’on a commis envers Dieu, envers le prochain et envers soi-même, en parcourant les commandements de Dieu et de l’église, les péchés capitaux et les devoirs de son état.

+ Le P. Jean Heren, jésuite, recteur du collège de Lille, était à la fin de sa carrière. Le Père qui l’assistait, lui demanda s’il n’aimerait pas à faire une confession générale. Je n’en sens pas le besoin, répondit-il, car j’ai toujours fait chaque confession, comme si elle eût dû être la dernière de ma vie. Que tous fassent comme ce saint religieux.

+ Le roi de Syrie ordonna à ses capitaines de ne s’attaquer dans la guerre contre Israël qu’au roi lui-même. Achaz fut en effet percé d’une flèche, et dès lors toute l’armée fut défaite.

+ David ayant tué Goliath, tous les Philistins furent bientôt dispersés.

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535. Que faut-il faire après avoir examiné sa conscience ?

Après avoir examiné sa conscience, il faut s’exciter de tout son coeur à la contrition.

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536. Comment faut-il commencer sa confession ?

Il faut: 1er se mettre à genoux, faire le signe de la croix et dire: « ayez pitié de moi, mon père, parce que j’ai péché »; 2e réciter: « je confesse à Dieu jusqu’à: « c’est ma faute »; 3e dire depuis combien de temps on ne s’est pas confessé, si l’on a reçu l’absolution et si l’on a accompli sa pénitence; 4e enfin déclarer tous ses péchés en disant: « Mon père, je m’accuse de...»

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537. Comment faut-il faire l’aveu de ses péchés ?

Il faut faire l’aveu de ses péchés avec humilité, franchise et simplicité sans détails inutiles.

+ Un confesseur dit un jour à une femme qui, pour s’excuser, racontait tout le mal qu’elle savait de son mari : « Pour vos péchés, vous direz un Pater et un Ave ; et pour les péchés de votre mari vous direz un chapelet. — Mais faut-il que j’acquitte la pénitence due aux péchés de mon mari ? — Pourquoi donc les accusez-vous ? »

+ R é c i t é v a n g é l i q u e. — Deux hommes montèrent au temple pour prier : un pharisien et un publicain. Le pharisien, se tenant en avant, priait ainsi en lui-même : « O Dieu, je vous rends grâce de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères ; ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine ; je paye la dîme de tout ce que je possède. » Et le publicain, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au ciel, mais il frappait sa poitrine, disant : « O Dieu, ayez pitié de moi qui suis un pécheur. » Je vous le dis, celui-ci s’en retourna justifié dans sa maison et non pas l’autre : car quiconque s’exalte sera humilié et quiconque s’humilie sera exalté.

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538. Que faut-il faire si l’on est embarrassé pour accuser ses péchés ?

Si l’on est embarrassé pour accuser ses péchés, il faut en avertir le confesseur et répondre sincèrement à ses questions.

 



539. Que dit-on après avoir accusé ses péchés ?

Après avoir accusé ses péchés, on ajoute : « Je m’accuse de tous ces péchés, de tous ceux dont je ne me souviens pas, de tous ceux de ma vie passée ; j’en demande pardon à Dieu, et à vous, mon père, la pénitence, et, si vous m’en jugez digne, l’absolution. » puis on achève de réciter : « Je confesse à Dieu » depuis : c’est ma faute.

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540. Que faut-il faire après avoir achevé « Je confesse à Dieu » ?

Après avoir achevé « Je confesse à Dieu », il faut écouter avec attention les avis du confesseur, recevoir la pénitence qu’il impose et réciter de tout son coeur l’acte de contrition pendant qu’il donne l’absolution.

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541. Que faut-il faire après la confession ?

Après la confession, il faut remercier Dieu de la grâce qu’on a reçue, renouveler ses bonnes résolutions et accomplir au plus tôt sa pénitence.

+ Un enfant, voyant son père en danger de mort par une indisposition subite, détacha le crucifix de la muraille et récita à haute voix l’acte de contrition, auquel s’associa de toute son âme le mourant. Quand le prêtre arriva, la mort avait fait son oeuvre. Quelles douces consolations cet acte d’amour filial et de religion ne dut-il pas laisser dans l’âme de ce vertueux enfant !

 



 

 

L E Ç O N X V I

De la satisfaction et des indulgences

1. L A S A T I S F A C T I O N.

542. Qu’est-ce que la satisfaction ?

La satisfaction est la réparation de l’injure que nos péchés ont faite à Dieu.

 



543. La satisfaction est-elle nécessaire ?

Oui, la satisfaction est nécessaire, parce que, même après le pardon du péché par l’absolution il reste ordinairement à subir une peine temporelle pour l’expier.

+ Traits de la Sainte Écriture qui font voir que Dieu punit les peines corporelles des péchés déjà pardonnés — Adam et Ève sont pardonnés, mais ils sont condamnés à une longue pénitence.

Moïse et Aaron sont pardonnés, mais ils sont également punis.

Les Israélites dans le désert sont pardonnés, mais ils seront exclus de la Terre

promise.

David est assuré de son pardon par le prophète Nathan, mais il sera accablé de

chagrin comme père et comme roi.

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544. Comment fait-on cette expiation ?

On fait cette expiation : 1ère en accomplissant la pénitence imposée par le confesseur ; 2e en supportant avec patience les peines de la vie ; 3e en pratiquant des bonnes oeuvres, comme la prière, la mortification et l’aumône.

+ David pleura ses péchés toute sa vie ; il jeûna pour les expier ; il porta le cilice ; il se leva toutes les nuits pour prier ; cependant il était roi ; et Dieu l’avait fait assurer par un prophète que ses péchés étaient pardonnés.

+ Jonas fut envoyé à Ninive pour dire aux habitants de cette ville, de la part de Dieu qu’en punition de leurs crimes, dans quarante jours, leur ville serait détruite. Les Ninivites se couvrirent de sacs, de cilice et de cendre, ils firent un jeûne rigoureux ; ils se mirent en prières pour obtenir miséricorde ; ils l’obtinrent.

+ Sainte Luduvine fut, pendant trente-huit ans, accablée de toutes sortes d’infirmités et de souffrances. Jamais un mot de plainte n’effleura ses lèvres. Elle puisait sa résignation dans la méditation des souffrances de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

+ Saint jean d’Avila disait qu’un seul Dieu soit béni dans le temps de l’adversité vaut plus que mille je vous remercie dans le temps de la prospérité.

+ Saint Ignace disait d’un excellent chrétien, qui était maçon : « Cet homme se fabrique pour le ciel autant de couronnes qu’il pose de pierres et donne de coups de marteau. » C’était l’effet de sa pureté d’intention et du grand amour dont il animait toutes ses oeuvres.

+ les trois croix du Calvaire ont toujours été regardées, par les Pères de l’Église, comme les figures des croix que nous pouvons avoir ici-bas. La première de ces croix est une croix de choix et d’amour ; la seconde est une croix de pénitence et de satisfaction ; la troisième est une croix de rage et de désespoir. — Elles expriment aussi les trois caractères de ceux qui sont affligés. S’ils sont justes, leurs afflictions augmentent leur bonheur ; s’ils sont pénitents, leurs afflictions satisfont à leurs péchés ; s’ils sont incorrigibles et endurcis, leurs afflictions achèvent et consomment leur réprobation. — Elles sont le paradis des justes, le purgatoire des pénitents, l’enfer des incorrigibles et des endurcis. (Henry.)

+ Zachée, pour se faire pardonner par Dieu ses manquements, offrit spontanément à rendre quatre fois la valeur du tort qu’il avait causé.

+ + L’enfant prodigue, de retour vers son père, voulait se soumettre à une pénitence austère pourvu que le pardon de sa faute lui fût accordé : « Mon père, disait-il, je ne suis plus digne d’être appelé votre fils; traitez-moi comme un de vos serviteurs qui sont à vos gages. » (Luc, XV.)

+ Saint Pierre pleura amèrement son reniement. Ses larmes furent si abondantes qu’elles tracèrent sur ses joues deux sillons, dit la légende.

+ Sainte Madeleine expia ses fautes en donnant publiquement des marques de son changement de vie. Elle s’attacha à Jésus, monta avec lui sur le calvaire, et vécut dans une très austère pénitence jusqu’à la fin de sa vie.

+ Un jour, Notre-Seigneur apparut à sainte Catherine de Sienne, en lui présentant deux couronnes, l’une d’or, l’autre d’épines, et lui offrit de choisir entre les deux. La sainte dit humblement à Notre-Seigneur, que tout ce qui lui venait de sa main lui était également agréable ; mais le bon Maître, insistant pour qu’elle choisit elle-même, elle prit avec empressement la couronne d’épines et se l’enfonça sur sa tête, en disant : « Puisque vous me l’ordonnez, Seigneur, qu’elle autre couronne pourrais-je choisir que celle que vous avez choisie vous-même ? » Portons ici-bas la couronne d’épines, afin de recevoir au ciel la couronne de gloire.

+ Peu de temps avant de mourir, Don Jean II dit à Gildod Réal qui l’assistait : « Que ne suis-je né fils d’un artisan, et que ne suis-je moine dans un couvent au lieu d’être roi de Castille ! »

+ Philippe III, dans son agonie, répétait souvent : « Oh ! Que n’ai-je été portier dans un couvent au lieu d’être roi ! »

+ Réfléchissant sur ces faits et d’autres semblables, un carme déchaussé dit plaisamment : « Pourquoi, à l’heure de la mort, tous les rois désirent-ils d’avoir été moine tandis qu’aucun moine ne désire alors d’être roi. » (El promotor.)

+ Sainte Paule, après la mort de son mari, se retira dans les lieux saints pour y pleurer ses péchés ; ses austérités étaient si rigoureuses que saint Jérôme lui-même l’avertissait d’épargner sa santé ; « Je pleure, répondait-elle, parce qu’il n’est pas de mal comparable au péché. Il faut donc que je défigure mon visage par mes larmes, puisque j’ai si souvent mis tant de vanité à le parer ; il faut que je tourmente maintenant mon corps puisque je lui ai donné autrefois tant de liberté ; il faut que je remplace par des larmes les rires si fréquents que m’arrachaient jadis les folles joies du siècle ; il faut qu’un calice remplace les magnifiques vêtements de soie que je portais autrefois ; je voulais alors plaire au monde et à mon époux, désormais, je ne veux plus aspirer qu’à plaire à Jésus. »

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545. Est-on obligé d’accomplir la pénitence imposée par le confesseur ?

Oui, on est obligé d’accomplir la pénitence imposée par le confesseur parce qu’elle fait partie du sacrement.

 



546. Est-on obligé de satisfaire au prochain ?

Oui, on est obligé de satisfaire au prochain, quand on lui a causé du tort dans sa personne, son honneur ou ses biens.

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II. L E S I N D U L G E N C E S.

547. Qu’est-ce qu’une indulgence ?

Une indulgence est la remise que l’église fait au pécheur de la peine temporelle qu’il devrait subir pour ses péchés même pardonnés.

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548. Comment l’Église remet-elle cette peine ?

L’Église remet cette peine en nous appliquant les mérites surabondants de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des Saints.

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549. Qui a donné à l’Église le pouvoir d’accorder des indulgences ?

C’est Jésus-Christ qui a donné à l’Église le pouvoir d’accorder des indulgences, quand il a dit à ses apôtres : « Tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

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550. Combien y a-t-il de sortes d’indulgences ?

Il y a deux sortes d’indulgences : les indulgences plénières qui remettent toute la peine due au péché, et les indulgences partielles qui n’en remettent qu’une partie.

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551. Que faut-il faire pour gagner une indulgence ?

Pour gagner une indulgence il faut : 1er en avoir l’intention ; 2e être en état de grâce ; 3e accomplir fidèlement toutes les conditions imposées par l’Église.

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552. Peut-on appliquer les indulgences aux âmes du purgatoire ?

Oui, on peut appliquer les indulgences aux âmes du purgatoire, quand l’Église le permet, et dans la mesure où Dieu veut les en faire profiter.

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L E Ç O N X V I I

D e l’ E x t r ê m e - O n c t i o n

553. Qu’est-ce que l’Extrême-Onction ?

L’Extrême-Onction est un sacrement institué pour le soulagement spirituel et corporel des malades.

 



554. Quel est le soulagement spirituel que procure l’Extrême-Onction ?

L’Extrême-Onction achève de nous purifier de nos péchés, nous fortifie contre les tentations, et nous aide à mourir saintement.

+ Dans un hospice, un jeune médecin, poussé sans doute par le désir de donner des secours plus prompts à un malade, écartait et le prêtre et la table préparée pour l’administration de l’extrême-onction. Le malade rappela le prêtre et se plaignit au médecin « Les remèdes de l’âme, lui dit-il, me sont plus urgents que ceux du corps ; vous ne me guérirez sans doute pas, il faut que je pense à l’autre vie. »

 



 

555. Quel est le soulagement corporel que procure l’Extrême-Onction ?

L’Extrême-Onction adoucit les souffrances des malades : elle leur rend même la santé si Dieu le juge utile au salut de leur âme.

+ Le général Drouot venait d’être sérieusement malade ; en voyant arriver son médecin : « Docteur, dit-il, je suis mieux. » Le docteur, constatant, en effet, un mieux très sensible. « D’où vient-elle, cette amélioration ? — J’ai communié ce matin », répondit le général. Ceux qui attendent la dernière heure pour faire recevoir les sacrements à un malade le privent d’un des moyens de guérison les plus efficaces.

+ « Oh ! Combien de malades guériraient et vivraient de longues années s’ils recevaient à temps le sacrement de l’extrême-onction », disait, en gémissant, le Père Gustave Eck, religieux allemand de la Compagnie de Jésus ; et en preuve, il racontait qu’un de ses amis, M. Arendt, converti au catholicisme depuis sept mois, était dans un état désespéré. Il lui parla de lui administrer les derniers sacrements. « Je reconnais bien là que vous êtes mon ami, répondit le malade, qui accepta aussitôt avec bonheur sa proposition ; mais, dès qu’il eut reçu ce sacrement, il se trouva mieux. Le soir, il fit une partie de billard, et le lendemain, une promenade à cheval. Il était guéri.

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556. Comment le prêtre donne-t-il l’Extrême-Onction ?

Le prêtre fait des onctions avec l’huile sainte sur les principaux organes des sens, et récite des prières qui demandent à Dieu la guérison du malade et le pardon de ses péchés.

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557. A qui doit-on donner l’Extrême-Onction ?

On doit donner l’Extrême-Onction à tout fidèle ayant atteint l’âge de raison, dès qu’il est dangereusement malade.

+ Le général d’Eudeville, commandant supérieur du génie en Algérie, en 1877, devenu malade, demanda aussitôt les sacrements. A ceux qui lui disaient : « Votre état ne l’exige pas encore », il répondit : « Il n’est jamais trop tôt quand il s’agit de régler les affaires de sa conscience. »

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558. Faut-il attendre qu’un malade soit à l’extrémité pour lui faire donner l’Extrême-Onction ?

Non, il ne faut pas attendre qu’un malade soit à l’extrémité pour lui faire, donner l’Extrême-Onction, car on l’exposerait à la recevoir avec moins de fruit ou même à en être privé.

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559. Peut-on recevoir l’Extrême-Onction plusieurs fois ?

Oui, on peut recevoir l’Extrême-Onction plusieurs fois, pourvu que ce ne soit point dans la même maladie.

+ On demandait un jour au chevalier Bayard quelles richesses un père doit laisser à ses enfants. « La vertu et la piété, répondit-il. Ces richesses inestimables ne craignent ni pluie, ni vent, ni tempête, ni violence humaine. »

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560. Dans quelles dispositions faut-il être pour recevoir l’Extrême-Onction ?

Pour recevoir l’Extrême-Onction, il faut être en état de grâce, ou si l’on ne peut se confesser, avoir au moins la contrition imparfaite de ses péchés.

+ Un zouave, qui n’avait pas toujours été un chrétien exemplaire, fut grièvement blessé. Il demande un prêtre sur-le-champ : « Comment, s’écrie le prêtre en le reconnaissant, c’est vous qui m’appelez, vous, l’esprit fort du régiment, le docteur en impiété ! — Oui, monsieur l’aumônier, c’est moi. Je veux me confesser très sérieusement. Car, voyez-vous, les airs de protestant et de païen, c’est bon pour vivre ; mais c’est le diable pour mourir. » (L’abbé Baron.)

+ Saint Martin, évêque de Tours, saint Louis, roi de France, et Louis le Gros, aussi roi de France, voulurent recevoir l’extrême-onction et mourir couchés sur un cilice, et ayant sur eux de la cendre, pour s’exciter par là à de grands sentiments de pénitence ; ce qui inspira les mêmes sentiments à ceux qui les assistèrent en ces derniers instants.

+ Un prêtre, sur le point d’administrer le saint Viatique à un grand seigneur, commençait par ces mots : « Monsieur le comte. — Mon cher curé, lui dit le malade en l’arrêtant tout court, ne me donnez plus de titre, les titres ne sont plus rien pour moi. Je ne garde et ne veux que celui de chrétien. »

+ Le maréchal de Villars, ayant été blessé à la bataille de Malplaquet, se trouva si mal, qu’il fut question de lui administrer les derniers sacrements. On lui proposa de faire cette cérémonie en secret : « Non, dit-il, puisque l’armée n’a pu voir Villars mourir en brave, il est bon qu’on le voie mourir en chrétien. »

 



561. A quoi sont obligés ceux qui entourent des personnes dangereusement malades ?

Ceux qui entourent des personnes dangereusement malades doivent les avertir de recevoir les sacrements et faciliter auprès d’elles le ministère du prêtre, sans attendre qu’elles aient perdu connaissance.

+ Un père était très dangereusement malade. Il avait une fille âgée d’environ huit ans, qui avait bien profité des instructions qu’elle avait entendues au catéchisme. Se trouvant seule avec son père, elle lui dit : « Papa, papa, vous êtes bien malade. Le médecin a dit que vous mourrez peut-être demain. Maman est dans sa chambre qui pleure ; on la console. J’ai entendu dire au catéchisme, à M. Le curé, que c’est un très grand péché de laisser mourir les malades sans confession. Personne n’ose vous dire qu’il faut que vous vous confessiez. — Je te remercie, lui dit-il ; va, mon enfant, va tout de suite chercher M. Le curé. Que le Seigneur te bénisse ; je te devrai mon salut. » Le curé vint, et administra le malade, qui mourut le lendemain. Il avait dit plusieurs fois après avoir reçu les sacrements : « Sans ma petite, sans ma chère enfant, qu’allais-je devenir ? » (Lasausse.)

+ D’Alembert, qui avec Diderot avait écarté le prêtre de la couche où Voltaire se tordait de désespoir, demanda avant de mourir à voir le curé de Saint-Germain. Un de ses amis sortit soi-disant pour l’appeler, mais il n’en fit rien. D’Alembert insiste, il sort de nouveau et rentre en disant que le prêtre était empêché, mais ne tarderait pas d’arriver. Le malade, effrayé d’attendre toujours, fait porter un billet au curé par un de ses domestiques ; quand le prêtre arriva, d’Alembert n’était plus. Malheur à ceux qui s’entourent d’amis impies !

 



 

L E Ç O N X V I I I

D u S a c r e m e n t d e l ’ O r d r e

562. Qu’est-ce que l’Ordre ?

L’Ordre est un sacrement qui donne le pouvoir de faire les fonctions ecclésiastiques, et la grâce pour les exercer saintement.

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563. Quelles sont les principales fonctions ecclésiastiques ?

Les principales fonctions ecclésiastiques sont d’offrir le saint sacrifice de la messe, d’administrer les sacrements et de prêcher la parole de Dieu.

+ Le grand empereur Napoléon 1er, dans son exil à Sainte-Hélène, faisait lui-même le catéchisme à la fille du général Bertrand. Elle se rendait deux ou trois fois par semaine chez l’empereur qui lui faisait réciter son catéchisme et le lui expliquait avec beaucoup de soin. Quand elle eut atteint sa douzième année, Napoléon lui dit : « Maintenant, mon enfant lis pour te préparer sérieusement à la 1er communion. Je vais faire venir deux prêtres de France, l’un qui te préparera à bien vivre, et l’autre qui m’apprendra à bien mourir. » Cela se fit ainsi.

+ Le libérateur de l’Irlande, Daniel O’Connel, ne se présenta jamais à la cour d’Angleterre sans avoir avec lui un prêtre qui l’accompagnait partout. Dans les repas politiques, il le faisait asseoir à la place d’honneur et ne s’asseyait point lui-même que le prêtre n’eût béni la table, même en présence des protestants.

+ Quand, en Afrique, les Vandales ariens conduisaient en exil les évêques et les prêtres catholiques, le peuple les accompagnait, des cierges à la main ; les mères portaient leurs enfants dans leurs bras ; puis, les déposant aux pieds des confesseurs, elles disaient avec larmes : « A qui nous laissez-vous ? Qui baptisera nos enfants ? Qui nous délivrera de nos péchés ? Qui ensevelira nos morts ? Que ne nous est-il permis d’aller avec vous ? » Ah ! ce peuple comprenait ce que c’est que le prêtre.

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564. Qui a le pouvoir de donner le sacrement de l’Ordre ?

Les évêques seuls ont le pouvoir de donner le sacrement de l’Ordre.

 



 

565. Quelles sont les conditions requises pour recevoir le sacrement de l’Ordre ?

Les conditions requises pour recevoir le sacrement de l’Ordre sont : 1er d’avoir la vertu et la science nécessaires ; 2e d’être choisi par Dieu et appelé par l’autorité de l’Église.

+ L’un des derniers martyrs de Corée, Just de Bretenières, jeune, riche, beau, s’est voué aux missions parce que le monde ne lui promettait qu’une vie douce et brillante. Étant petit enfant, il collait son oreille sur la terre, et il disait à son frère, enfant comme lui « Écoutez les voix qui m’appellent. Les Chinois me crient : Just ! Just ! sauve-nous ! » Suivant le désir de son coeur, après mille peines et une longue attente, il put franchir les frontières de la Corée. Il étudiait encore la langue lorsque son évêque, arrêté, lui envoya une trentaine de catéchumènes à baptiser. Il leur donna le baptême, fut pris le lendemain et décapité le jour suivant, sans avoir fait autre chose. Mais il trouva que c’eût été assez pour partir, et assez même de rencontrer la mort sur le chemin. Il y a encore de telles âmes. L’évêque leur dira : « Venez ! » et elles viendront.

+ Saint Louis de Gonzague visitait fréquemment un autel de la Sainte Vierge, jeûnait le samedi en son honneur, et faisait souvent la sainte communion. Le jour de l’Assomption, après avoir reçu le pain des anges, tandis qu’au nom de Marie, il conjurait l’Esprit-Saint de lui manifester sa volonté, elle lui fut indiquée d’une manière claire et positive. Que les jeunes gens emploient pour connaître leur vocation les mêmes moyens, et ils ne s’égareront pas dans une si grave affaire.

+ « Prends-moi n’importe qui, dans la rue, tiens ! et mets-le dans une salle d’hôpital à voir une soeur faire ce qu’elles font toutes, mettre ses mains à des plaies où il y a des vers... Il ôtera son chapeau, parce que devant les dévouements comme ça, mon cher, on a beau faire l’homme fort et ne pas vouloir s’incliner, le coeur salue... quand on en a un. » (De Goncourt.)

 



566. Est-ce une grande grâce et un grand honneur d’être appelé à l’état ecclésiastique ?

Oui, c’est une grande grâce et un grand honneur d’être appelé à l’état ecclésiastique, parce que c’est le plus saint et le plus sublime de tous les états.

+ Dès que saint Charles Borromée eut connu que le Seigneur l’appelait à l’état ecclésiastique, ses parents eurent beau lui représenter qu’il était l’aîné, et qu’en cette qualité, il était destiné à être le soutien et l’appui de sa famille ; qu’il pourrait faire son salut dans le monde aussi bien que dans l’Église ; ils eurent beau lui proposer les établissements les plus honorables et les plus avantageux, rien ne put l’ébranler ; il préféra toujours la volonté de Dieu à celle de ses parents, et il aima mieux renoncer à tous les avantages temporels qu’on lui proposait, qu’à la grâce de sa vocation, qui l’a élevé à une si haute sainteté.

+ Dans la chapelle du Sacré-Coeur de Jésus et de Saint-François de Borgia à Madrid, a célébré sa première messe le Père Raphaël Lacaze.

Le nouveau prêtre était, il y a quelques années seulement, un des plus brillants officiers de l’armée espagnole. Il ne lui manquait plus que deux mois pour être promu général, quand tout à coup on apprend la nouvelle que le colonel Lacaze a échangé l’épée contre le rosaire, l’uniforme militaire contre la soutane noire des fils de saint Ignace.

C’était un homme droit, mais qui n’avait pas l’habitude d’aller à l’église. La mort de sa femme, qui était une sainte dame, lui a ouvert les yeux à la vérité, et il a pris tout à coup la résolution de réparer son indifférence devant Dieu et devant les hommes, en se faisant religieux. ( La Famille catholique. )

+ Saint Martin de Tours, étant à la table de l’empereur Maxime, ce dernier dit à son échanson d’offrir d’abord la coupe à l’évêque pensant que l’évêque la lui offrirait ensuite à lui-même. Mais le saint la présenta auparavant au prêtre qui l’accompagnait, comme étant le plus digne des convives. Personne n’en fut choqué, on admira même la conduite de l’évêque.

+ Un de nos plus grands philosophes contemporains, M. de Bonald, avait l’habitude de se découvrir respectueusement devant son propre fils, parce qu’il était prêtre. On rapporte qu’un de ses amis le trouva un jour causant tête nue avec lui. Le jeune prêtre s’étant retiré, il dit à son visiteur « Entre vous et moi, mon ami, point de façon, n’est-ce pas ? Couvrons-nous. Avec mon fils, c’est autre chose ! Depuis qu’il a reçu l’onction sainte, il est plus grand que moi ! » Quelle parole et quel exemple ! On y voit réunies toutes les vieilles traditions de la France.

+ « Madame de Chantal, écrit l’auteur de sa vie, entourait de la plus grande vénération les prêtres, entre les mains desquels s’offre tous les jours la Victime sans tache. Elle se recommandait à leurs saints sacrifices ; et, quand l’un d’eux lui promettait de se souvenir d’elle au saint autel, elle disait que cette promesse lui était plus chère que si tous les rois de la terre lui eussent promis de la couronner et de la rendre souveraine du monde. »

+ Lorsqu’on apprenait à Radegonde, reine de France, l’arrivée à la cour de quelque saint prêtre, une joie céleste pénétrait son âme et se peignait sur son visage. Après avoir achevé l’office du soir, elle se rendait, assistée d’un petit nombre de ses plus intimes compagnes, à travers la neige, la boue ou la poussière, auprès du ministre de Jésus-Christ, et elle remplissait à son égard tous les devoirs de l’hospitalité chrétienne.

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567. Que doit faire celui qui se croit appelé à devenir prêtre ?

Celui qui se croit appelé à devenir prêtre doit en parler à son confesseur et s’y préparer par une vie d’innocence, de piété et de travail.

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568. Que doivent faire les parents de l’enfant qui a la vocation ecclésiastique ?

Les parents de l’enfant qui a la vocation ecclésiastique doivent respecter en lui l’appel de Dieu et l’aider à y répondre.

+ A Tudela, en Espagne, un homme fort riche avait un fils unique, appelé à l’état religieux. Deux fois le fils entra au couvent, deux fois le père l’en retira malgré lui. Il lui persuada même de se marier. Le fils voulait se choisir une épouse, et le père lui en imposa une autre, ce qui amena entre eux des divisions. A la suite d’une dispute, le fils tua son père, et alla ensuite périr à la potence. Le père eût bien mieux fait de laisser son fils suivre sa vocation.

 



A P P E N D I C E

Devoirs des fidèles envers les prêtres.

1. Ils doivent les respecter .

11. Ils doivent les aider.

111. Les fidèles doivent suivre la direction qu’ils sont chargés de donner.

+ Marie, soeur de Moïse, murmura un jour contre son frère, en disant : «Qu’avons-nous besoin que Moïse nous prêche, n’en savons-nous pas autant que lui? Ne dirait-on pas qu’il n’y a que lui qui sache les vérités et les secrets de Dieu ?» Moïse souffrit avec patience cette insulte ; mais Dieu le vengea d’une manière exemplaire. Marie, en punition de sa témérité, fut subitement frappée d’une lèpre dont elle serait morte, si Moïse n’eût prié pour elle. Dieu en considération de son fidèle ministre, la guérit et lui pardonna ; mais à condition qu’elle serait séparée du peuple pendant sept jours, pour faire pénitence de son péché.

+ « Voici, disait M. Taine, peu suspect de cléricalisme, voici une remarque curieuse : tous les coquins, tous les communards et les pétroleurs, tous les ivrognes, tous les mauvais sujets, tous les gens de sac et de corde sont ennemis des curés. Le fait est certain.

D’autre part, les braves gens, les gens de bien, les personnes charitables, les gens honnêtes, estimables, délicats, sont presque tous sympathiques aux curés et respectueux à leur endroit. »

La conclusion serait facile à tirer.

+ Pendant la Révolution, les prêtres du département de Seine-et-Oise furent entassés dans les prisons de Versailles ; ils y manquaient de tout. Les petits enfants, sachant leur détresse, leur portaient tous les assignats qu’ils pouvaient obtenir. Une petite fille de 10 à 11 ans, vendit ses beaux cheveux à un perruquier, afin d’en porter le prix aux confesseurs de la foi. Il n’y a que les coeurs gâtés par le vice et l’incrédulité qui ne ressentent pas la reconnaissance qu’ils doivent aux prêtres.

+ Dans son livre : La vertu en France, M. Maxime Ducamp, de l’Académie française, ancien garibaldien, fait le tableau suivant de nos curés :

« Il est de mode, il est bienséant, dans une certaine catégorie de monde, de crier haro sur le prêtre et de le charger de toutes sortes de méfaits. C’est une satisfaction que s’accordent volontiers les pauvres de coeur ; car il est toujours facile d’attaquer qui ne se défend pas.

« On a dit : Le prêtre vit de l’autel, soit ; mais, à voir ce qui se passe dans nos campagnes, on pourrait constater qu’il en meurt, sans qu’il s’arrête jamais dans l’accomplissement de son devoir. Dans plus d’une commune, il n’est pas seulement le pasteur des âmes, il est le médecin, il est le consolateur, il est le soutien de ceux qui s’affaissent ; il relève ceux qui tombent et il nourrit les affamés. J’en ai connu qui couchaient tout vêtu sur un sac de balle d’avoine, parce qu’ils avaient converti leurs draps et leurs matelas en aumônes. »

+ L’abbé Aurain, curé d’une paroisse de Vendée, pendant la Terreur, célébrait les saints mystères quand les soldats arrivèrent pour se saisir de lui. Aussitôt, il quitte l’autel, s’échappe par la sacristie et franchit à la nage une rivière pour se réfugier sur les montagnes. Un des soldats qui s’acharne à le poursuivre, se jette aussi à la rivière, et quand l’abbé Aurain est hors d’atteinte sur la montagne, il entend partir des cris déchirants ; il descend avec la même vitesse qu’il est monté, et voyant un des soldats qui se noyait, il se jette à l’eau, le retire, le ramène sur le rivage. Cet homme reconnaît avec étonnement le prêtre qu’il poursuivait : « C’est vous qui m’avez sauvé la vie, on nous a donc trompés en nous disant du mal des prêtres. — Mon ami, répond l’abbé, je n’ai fait que mon devoir. Mais n’employez pas la vie que je vous ai sauvée à poursuivre les ministres de Dieu. »

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