T R O I S I È M E      P A R T I E

 

 

LES  MOYENS  A  EMPLOYER  POUR  NOUS  SANCTIFIER

 

 

LEÇON PREMIÈRE

 

 

La grâce et la vie surnaturelle

 

27.  Pouvons-nous par nos propres forces observer les commandements et mériter le ciel?

Non, nous ne pouvons par nos propres forces observer les commandements et mériter le ciel.  Nous avons besoin pour cela de la grâce de Dieu.

 

+  Seigneur, tenez-moi bien, s’écriait saint Philippe de Néri, je suis un traître; si vous m’abandonnez un seul instant, je vais vous trahir.  Lorsqu’il sortait, même pour faire des bonnes œuvres, il disait : « Je sors chrétien, je reviendrai peut-être juif. »  Un jour qu’il se croyait seul, il s’écriait : « Je suis perdu !  je suis perdu !»  Quelqu’un l’ayant entendu, l’aborda et lui dit : « Je vous en prie, ne vous laissez pas aller au désespoir. » --- « Je ne désespère point, au contraire, j’espère beaucoup.  Mais je suis perdu, je suis damné, si Dieu me laisse à moi-même. » 

 

28.  Qu’est-ce que la grâce ?

La grâce est un don surnaturel que Dieu nous accorde par pure bonté et à cause des mérites de Jésus-Christ, pour nous aider à faire notre salut. 

 

+  Que de merveilleux effets la grâce n’a-t-elle pas produits !  D’un Paul incrédule et persécuteur, elle a fait un apôtre; d’une pécheresse publique, elle a fait une illustre pénitente; par elle, un publicain devient un évangéliste; par elle, des légions de martyrs, et, parmi eux, des vierges chrétiennes, des enfants demeurent fermes dans leur innocence et dans la confession de la foi, lorsque le monde non seulement les menace, mais les tourmente effectivement de mille manières.  (Enseign. de la Rel.)

 

29.  Combien y a-t-il de sortes de grâces ?

Il y a deux sortes de grâces :  la grâce habituelle ou sanctifiante, et la grâce actuelle. 

 

30.  Qu’est-ce que la grâce habituelle ou sanctifiante ?  

La grâce habituelle ou sanctifiante est une grâce qui demeure en notre âme et la rend sainte en lui donnant la vie surnaturelle; quand on la possède, on est en état de grâce.

 

31.  Qu’est-ce que la vie surnaturelle ? 

La vie surnaturelle est celle qui résulte de l’union de l’âme avec Dieu comme la vie naturelle résulte de l’union du corps avec l’âme.

 

32.  Pourquoi appelle-t-on cette vie surnaturelle ?

On appelle cette vie surnaturelle, parce qu’elle nous élève au-dessus de notre condition naturelle, en faisant de nous les enfants adoptifs de Dieu et les héritiers du ciel. 

 

+  Par la grâce, Dieu vient en nous.  Saint Ignace, évêque d’Antioche, était si persuadé de cette vérité qu’il se donnait le nom de Théophore (qui porte Dieu).

 

+  Léonide avait l’habitude de baiser respectueusement la poitrine de son fils, le petit Origène.  Il répondait à ceux qui lui en demandaient la cause : « Je baise la poitrine de mon enfant, parce que les trois personnes divines en ont fait leur sanctuaire. » 

 

+  Sainte Catherine de Sienne reçut une faveur d’un prix supérieur :  il lui fut donné de contempler dans tout son éclat la beauté d’une âme ornée de la grâce.  Cette beauté est si ravissante, dit cette sainte, qu’on donnerait volontiers sa vie pour conserver cet ineffable trésor à l’âme qui a le bonheur de le posséder.  Aussi, voyait-elle passer des personnes qui consacraient leur vie à gagner des âmes à Dieu, sur-le-champ elle courait baiser les vestiges de leurs pas.  (SURIUS, Vie de sainte Catherine de Sienne, 30 avril.)

 

+  COMPARAISONS :  La grâce sanctifiante est semblable au feu communiquant son éclat et sa chaleur au fer,--- à la lumière qui illumine le diamant,--- au soleil se reflétant sur la lune.

 

33.  Comment acquiert-on ordinairement la vie surnaturelle ? 

On acquiert ordinairement la vie surnaturelle par le baptême. 

 

34.  Comment perd-on la vie surnaturelle ? 

On perd la vie surnaturelle par le péché mortel. 

 

35.  La vie surnaturelle peut-elle nous être rendue ?

Oui la vie surnaturelle peut nous être rendue par la contrition parfaite ou par le sacrement de pénitence. 

 

36.  Qu’est-ce que la grâce actuelle ?

La grâce actuelle est un secours passager par lequel Dieu, éclairant notre esprit et fortifiant notre volonté, nous excite et nous aide à éviter le mal et à faire le bien. 

 

+  « Il m’a été donné un aiguillon dans ma chair, un ange de Satan pour me donner des soufflets.  C’est pourquoi j’ai prié trois fois le Seigneur qu’il se retirât de moi; et il m’a dit :  Ma grâce te suffit, car ma puissance se fait mieux sentir dans la faiblesse… C’est pourquoi, je me complais dans mes faiblesses, dans les outrages, dans les nécessités, dans les angoisses, pour le Christ, puisque quand je suis faible c’est alors que je suis fort. » (Cor., XXII,7.)

 

+  « Je veux surpasser les hommes les plus célèbres, disait Henri IV à son précepteur --- Quel gage m’en donnez-vous? --- Eh !  ma parole; doutez-vous de ma sincérité?  Voilà de terribles engagements. --- Tout dépend du cœur qu’on y met : quand j’apporte de l’ardeur au jeu de paume, j’y réussis toujours. --- Donc, les grands hommes pouvaient éviter ces faiblesses, disons le mot, ces affreux désordres que nous remarquons en eux ? --- Bien sûr, repartit vivement le jeune prince. »  Alors le précepteur prit un ton grave et dit : « Apprenez, mon cher enfant, que vous raisonnez en païen et non en chrétien : sachez donc que, par lui-même, tout homme est incapable, je ne dis pas de pratiquer une bonne action, mais d’en former le désir.  Ainsi, c’est Dieu, sans doute, qui vous inspire cette noble pensée de surpasser les grands hommes de tous les siècles, de tous les pays.  Mais c’est lui seul aussi qui peut vous donner la force de l’exécuter. » (Péréfixe, Vie d’Henri IV. )

 

+   Un compagnon de saint François d’Assise demanda un jour à ce saint ce qu’il pensait de lui-même, et l’humble serviteur de Dieu répondit : « Mon cher frère !  je ne crois pas que la terre porte un plus grand pécheur que moi. --- Comment donc, père bien-aimé, dit le compagnon, pouvez-vous dire quelque chose de semblable sur votre compte sans blesser la vérité ?  Car il y a des voleurs, des assassins et d’autres criminels qui, sans comparaison ont commis des fautes bien plus graves que vous. »  Alors François lui répondit par ces paroles remarquables : « Ce que je sais très bien, c’est que si ces personnes dont vous me parlez eussent reçu de Dieu d’aussi grandes grâces que moi, nul doute qu’elles n’y eussent mieux coopéré et ne se fussent montrées plus reconnaissantes envers Dieu.  Aussi je crois certainement que si Dieu retirait un moment de moi sa main protectrice, je m’enfoncerais dans les crimes les plus honteux et je deviendrais le plus méchant des hommes. » 

 

37.  La grâce actuelle est-elle nécessaire ?

Oui, la grâce actuelle est nécessaire, parce que sans elle on ne peut rien faire qui serve au salut. 

 

38.  Dieu accorde-t-il des grâces actuelles à tous les hommes ?

Oui, Dieu accorde à tous les hommes les grâces nécessaires à leur salut, et tous ceux qui se perdent se perdent par leur faute. 

 

+  Lorsque saint Paul fut assailli par de violentes attaques de concupiscence charnelle, il pria Dieu de vouloir le délivrer de l’aiguillon de la chair.  Mais l’apôtre reçut cette réponse : « Paul !  ma grâce te suffit ! »  Ne voyons-nous pas par cet exemple combien Dieu est disposé à nous accorder la grâce ? (Mehler.)

 

NOS  DEVOIRS  PAR  RAPPORT  À  LA  GRÂCE

 

+  Les Ninivites coopérèrent à la grâce lorsqu’à la voix du prophète Jonas, ils se mirent à faire pénitence. 

 

+  David coopéra à la grâce que Dieu lui accorda, lorsque le prophète Nathan lui eut reproché son péché et lui en eut fait connaître l’énormité.  Il s’écria : J’ai péché, peccavi.  Et il pleura son péché jusqu’à la mort. 

 

+  Magdeleine coopéra à la grâce, lorsqu’elle alla se prosterner aux pieds du Sauveur, et qu’elle aima beaucoup celui qu’elle avait tant outragé. 

 

+  Pierre coopéra à la grâce, lorsque Jésus, qu’il avait eu le malheur de renier, ayant jeté sur lui un regard de bonté, il sortit aussitôt du lieu où il était et pleura amèrement. 

 

+  Judas résista à la grâce lorsqu’il refusa de se rendre à l’invitation que le Sauveur lui fit de se jeter dans le sein de sa miséricorde en lui disant : « Mon ami, à quel dessein êtes-vous venu ici ?  Judas, vous trahissez le Fils de l’homme par un baiser ! » 

 

+  Sainte Brigitte nous représente Dieu comme un pèlerin sur la terre qui s’arrête devant trois sortes de portes, demandant l’entrée de la maison.  L’une de ces portes est grande ouverte.  « Entrez, lui dit-on, vous êtes doux à goûter, et infiniment désirable, ayant en vous toute joie et toute consolation. »  Une autre de ces portes est à demi ouverte.  On sait bien que c’est Dieu qui frappe, qu’il est la vie éternelle, mais on n’a pas le courage de le faire entrer. --- Les autres portes devant lesquelles se présente le divin pèlerin sont complètement fermées.  On refuse l’entrée à Jésus parce que ce qu’il demande est trop difficile à observer. 

 

39.  Par quels moyens Dieu nous donne-t-il ordinairement la grâce ?

Dieu nous donne ordinairement la grâce par le moyen de la prière et par les sacrements. 

 

+  Le P. Lacordaire étant supérieur du collège de Sorèze, faisait quelquefois deux cents lieues pour aller confesser ses enfants, et quand on voulait le retenir : « Non, répondait-il, cela pourrait peut-être faire manquer la communion de quelques-uns de mes enfants.  On ne peut pas calculer l’effet d’une communion de moins dans la vie d’un chrétien. » 

 

+  La prière est la porte par laquelle le Seigneur nous fait passer ses grâces, disait sainte Thérèse.  Si cette porte reste fermée, qu’allons-nous devenir ?  Hélas!  ajoutait-elle, j’en ai fait l’expérience.  J’eus le malheur d’abandonner la prière mentale, et je devenais tous les jours moins chrétienne.  Si je n’eusse repris ce saint exercice, j’étais perdue. 

    

L E Ç O N    I I

 

De la Prière

 

 405. Qu’est-ce que la prière ?

La prière est une élévation de notre âme à Dieu pour lui rendre nos hommages et lui demander ses grâces.

 

+  Saint Athanase écrit de saint Antoine, qu’on le voyait en tout temps si content, que chaque jour semblait être pour lui le jour de Pâques.  Si quelque étranger, venant dans le désert pour le voir, l’eût trouvé parmi un grand nombre de moines, il l’eût distingué aussitôt de tous les autres et l’eût connu en admirant la joie et la bonté qui brillaient sur son visage.  Cette grande joie venait, continue saint Athanase, de la grande espérance qu’il avait du paradis.  Son esprit était toujours occupé des choses éternelles, auxquelles il ne pouvait penser sans être pénétré d’une sainte joie.

 

40.  Combien y a-t-il de sortes de prières ?

Il y a deux sortes de prières : la prière mentale ou intérieure, et la prière vocale qui s’exprime par des paroles.

 

+  Saint Paschal Baylon, alors qu’il gardait les troupeaux dans son enfance, se retirait sous un arbre, tombait à genoux et se mettait à réfléchir le plus souvent sur la passion du Sauveur.  « C’est pour moi, se disait-il, que Jésus a eu les mains et les pieds percés, le côté entr’ouvert, la tête couronnée d’épines. »  Ces réflexions le touchaient profondément; son cœur se remplissait d’amour.  Il faisait une prière mentale.

 

+  Se rappelant que Jésus-Christ avait dit que le royaume de Dieu est au dedans de nous, sainte Catherine de Sienne considérait son cœur comme un oratoire, et sainte Thérèse, comme un petit ciel.  Elles s’y enfermaient dans le temps de leurs prières, et y adoraient Dieu, comme les anges, avec religion et amour. 

 

+  Suarez déclarait qu’il aimerait mieux perdre toute sa science théologique que le bonheur d’un quart d’heure d’entretien avec Dieu. 

 

+  C’est saint Ignace, martyr, qui, d’après les historiens, a institué le chant sacré dans l’Église.  Il avait entendu dans une vision les esprits bienheureux chantant alternativement les louanges de Dieu; et c’est là ce qui lui en donna l’idée.  Que ceux qui chantent en nos églises comprennent qu’ils font l’office des anges. 

      

407.  Sommes-nous obligés de prier ?

Oui, nous sommes obligés de prier parce que Dieu le commande et qu’il n’ accorde ordinairement ses grâces qu’à ceux qui le prient.

 

+  « Pendant notre séjour à Port-Saïd, je me rendis, avec deux officiers de l’armée française, à bord du Forbin pour visiter Abd-el-Kader.  La conversation s’engagea par interprète et l’un de nous demanda à l’émir s’il était vrai que certain jour, en Afrique, il eût refusé d’ajouter foi à la parole d’un de nos officiers généraux. --- Le fait est tel que tu le dis, répondit Abd-el-Kader.  C’était à la Tafna.  Le maréchal Bugeaud me jurait devant Dieu d’observer nos conventions.  Je lui dis : Quel est ton Dieu ?  Je ne te vois jamais le prier.  Tu as un prêtre dans ta suite; je me fierai à sa parole, car celui-là seul qui prie Dieu peut être fidèle à son engagement. »   

 

+  « O vous à qui la prière semble un hommage inutile, dit Ozanam, regardez et voyez tous ces peuples à genoux devant leur Dieu ! Entendez ce concert immense, cette vaste harmonie qui monte vers le ciel.  Au  milieu du silence de la nature, l’intelligence de l’homme s’élève seule; mais elle s’élève vers le Tout-Puissant.  Ainsi l’homme, roi de la création, en est en quelque sorte le pontife; il la représente devant Dieu quand il prie…Quel est le peuple qui ne prie pas ?  Quel est le peuple qui n’a pas ses prêtres ? »

  

408.  Quand faut-il prier ?

Il faut prier souvent, mais surtout le dimanche, le matin et le soir de chaque jour, dans les tentations, les peines et les dangers.

 

+  Chez les Turcs, dans les villes, comme dans les petites localités, cinq fois par jour l’homme de la mosquée, qu’on appelle le muezzin, monte sur le minaret et à deux reprises crie : « Dieu est grand; j’atteste qu’il n’y a que le Dieu unique et que Mahomet est l’apôtre de Dieu.  La prière est préférable au sommeil; venez à la prière. »  Et alors, où qu’ils se trouvent, et quoi qu’ils fassent, les Turcs étendent leur tapis, tombent à genoux et prient.

 

+  Puisque Dieu est au ciel, sur la terre, en tout lieu, on peut le prier partout.  Jérémie l’a prié dans la fange d’un affreux cachot, les trois enfants dans la fournaise.  Daniel dans la fosse aux lions, Jonas dans le sein de la baleine, Job, sur le fumier, Ezéchias dans son lit, le bon larron sur la croix, saint Paul en prison, sainte Agnès au milieu des flammes, les vierges dans des lieux infâmes, etc.  Suzanne prie dans son angoisse, Isaac médite à la campagne, David se relève à minuit pour louer Dieu.

 

+  A peine les Hébreux eurent-ils traversé la mer Rouge, qu’ils furent attaqués par les Amalécites, peuple nombreux et vaillant.  Moïse ordonna à Josué de choisir des soldats et de les combattre.  Pour lui, il se rendit sur la montagne avec Aaron et Hur.  Quand Moïse priait en levant les mains au ciel, Israël triomphait dans le combat; et quand il abaissait ses mains, Israël était vaincu.  Et comme les mains de Moïse ne pouvaient plus se tenir levées, Aaron et Hur les lui soutenaient.  La défaite d’Amalec fut complète.  Le démon sera toujours vaincu si nous prions. 

 

+  Saint Louis, roi de France, étant en voyage, priait assis sur son cheval.  Il récitait tous les jours l’office des trépassés, et assistait tous les jours à deux, trois et quatre messes. 

 

+  Saint Alfred le Grand, roi d’Angleterre, avait divisé sa journée en trois parties.  Il employait huit heures à la prières ou à la lecture de livres de piété ; huit heures aux affaires d’État ; et huit heures au repos, aux récréations ou aux repas.

 

+  « Quand j’étais tout seul aux champs avec ma pelle et ma pioche, disait souvent le curé d’Ars, je priais tout haut ; mais quand j’étais en compagnie, je priais à voix basse.  Si maintenant que je cultive les âmes j’avais le temps de prier, comme lorsque je cultivais mon champ, comme je serais heureux !  On se reposait après dîner avant de se remettre à l’ouvrage, je m’étendais par terre comme les autres.  Je faisais semblant de dormir et je priais Dieu de tout mon cœur.  Ah! c’était le plus beau temps.  En donnant mon coup de pioche, je me disais : « Il faut cultiver son âme, en arracher la mauvaise herbe. »  C’est ainsi que ce jeune cultivateur se disposait, sans le savoir, à devenir un saint prêtre.

 

+  En apercevant une brebis, saint François d’Assise se souvenait de la douceur  de Jésus-Christ.

 

+  Saint Basile, à la vue d’une rose, songeait aux amertumes qui sont mêlées à toutes les joies du monde.

 

+  Saint François de Sales, passant près d’une église se disait : « Nous aussi nous sommes les temples de Dieu » ; en voyant des champs, il s’écriait : « Nous aussi nous sommes les champs cultivés par Dieu et arrosés du sang de Jésus-Christ », etc.  (Spirago.)

409.  Que doit-on penser de ceux qui négligent habituellement le devoir de la prière et qui restent longtemps sans prier ? 

Ceux qui négligent habituellement le devoir de la prière et qui restent longtemps sans prier sont gravement coupables et compromettent leur salut éternel.

 

+  Les païens avaient leurs dieux lares ; on les saluait sous les portiques des palais comme sur le seuil des chaumières ; et l’on voit des catholiques qui connaissent le vrai Dieu et qui lui refusent leurs hommages quotidiens !  (Lettre circ. des év. autrich., 1901).  

 

410.  Comment faut-il prier ?

Il faut prier avec attention, humilité, confiance et persévérance.

 

+  Saint François d’Assise, en entrant dans une église, avait coutume de dire : « Restez à la porte, pensées terrestres et frivoles, jusqu’à ce que je sorte pour revenir à vous. » 

 

+  Saint Louis de Gonzague, interrogé par son directeur s’il avait beaucoup de distractions, répondit : « Si je voulais réunir toutes les distractions que j’ai eues pendant six mois, j’en aurais bien pour la durée d’un Ave Maria. »

 

+  Saint Bernard, un jour, voulant guérir de son ignorance un paysan qui se flattait de savoir prier Dieu sans avoir jamais de distractions, lui dit : « Si vous êtes en état de réciter le Pater sans distractions, je vous donne le cheval sur lequel je suis monté. » --- le paysan se mit donc à réciter le Pater, persuadé que le cheval était à lui.  Il n’était pas arrivé à la moitié qu’il s’arrêta, et, s’adressant au saint : « Me donnerez-vous aussi la bride ? »  lui dit-il. --- « Ni l’un ni l’autre, répondit saint Bernard, puisque vous voilà distrait ! »

 

+  H u m i l i t é. --- Nous ne pouvons avoir une idée plus exacte de l’humilité avec laquelle nous devons prier que celle que nous en présente Jésus-Christ dans cette parabole : « Deux hommes montèrent au temple pour prier : l’un était pharisien et l’autre publicain.  Le pharisien, se tenant debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu !  je vous rends grâces de ce que je ne suis point comme les autres hommes, qui sont ravisseurs du bien d’autrui, injustes, adultères, et même tel que ce publicain.  Je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tout ce que je possède. »  Voilà l’orgueil.  Voici l’humilité.  Le publicain, au contraire, se tenant au bas du temple, n’osait pas même élever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine en disant :  « O mon Dieu !  ayez pitié de moi qui suis un pécheur. »   (Luc, XVIII, 10.) 

 

+  C o n f i a n c e. --- Un prêtre païn dit un jour à Grégoire le Thaumaturge, évêque de Néocésarée :  « Commandez à ce rocher d’aller à tel endroit. »  Grégoire commanda et le rocher se porta au lieu désigné. --- Les flots du Lycus débordé obéissaient à sa voix. 

 

+  P e r s é v é r a n c e. --- Sainte Monique n’obtint la conversion de son fils Augustin qu’après seize ans de prière. --- Saint François de Sales, d’un caractère irascible, n’acquit la vertu de douceur que par vingt-deux ans d’efforts généreux et d’une prière assidue.

       

411.  Au nom de qui devons-nous prier ?

Nous devons prier au nom de Jésus-Christ qui nous a promis que son père nous accorderait ce que nous demanderions en son nom.

 

+  Sainte Thérèse se réfugiait, dans le temps des aridités spirituelles, auprès de Jésus-Christ dans le jardin des Oliviers. 

 

+  Porphyre, évêque de Gaza, avait une grâce à obtenir de l’empereur Arcade, il s’adressa à l’impératrice Eudoxie, qui venait d’avoir un fils ; elle persuada à l’évêque de remettre sa supplique entre les mains de l’enfant, lorsqu’il sortirait des fonds du baptême.  L’évêque le fit et l’empereur accorda tout.  Dieu le Père, à plus forte raison, doit exaucer toutes les demandes qui lui sont adressées par Notre-Seigneur Jésus-Christ. 

 

+  Saint Pierre, étant à Lydda, trouva un homme appelé Émée, couché sur un lit de douleur depuis huit ans.  Le saint apôtre lui dit : « Jésus-Christ te guérit, lève-toi et arrange ton lit. »  Aussitôt il se leva et fut guéri.  A ce spectacle, tout l’assistance se convertit. 

 

+  Saint Grégoire de Tours était encore enfant lorsque son père tomba dangereusement malade.  Pressé par sa piété filiale, le petit Grégoire demandait chaque jour la guérison de son père.  Une nuit, son bon ange lui apparut et lui dit : « Vous voulez soulager votre père, eh bien, écrivez le nom de Jésus sur un petit morceau de bois et, sans rien dire, glissez-le sous l’oreiller sur lequel repose la tête de votre père. »  Grégoire obéit, mais ô prodige, sur-le-champ son père se trouva guéri.

 

412.  Que devons-nous surtout demander à Dieu dans la prière ?

    Nous devons surtout demander à Dieu ce qui nous est nécessaire pour vivre chrétiennement et pour arriver au ciel. 

 

413.  Peut-on demander à Dieu la santé et les autres biens temporels ?

Oui, on peut demander à Dieu la santé et les autres biens temporels pourvu qu’on le fasse avec soumission à sa volonté.

 

+  On lit dans la vie de saint Thomas de Cantorbéry, qu’une dame, jalouse d’avoir de beaux yeux, pour s’embellir et paraître plus aimable, fit vœu d’aller pieds nus au tombeau du saint pour obtenir par son intercession une grâce aussi futile.  Elle accomplit son vœu, se prosterna devant ce tombeau, exposa l’objet de sa demande.  Mais quoi ?   S’étant relevée après avoir terminé sa prière, elle se trouva aveugle et il fallut un très grand nombre d’autres prières pour recouvrer l’usage de la vue comme elle en jouissait avant de s’agenouiller devant le tombeau du saint martyr.  Juste châtiment d’une demande si vaine.  Hélas !  que de fois on fait des neuvaines, des pèlerinages pour demander des faveurs temporelles qui, si elles nous étaient accordées, seraient funestes à notre salut ! 

 

+  On conseillait à une mère qui avait son fils malade de se résigner à la volonté de Dieu.  « Non, dit-elle, que Dieu me guérisse mon enfant. »  Son fils guérit en effet ; mais, plus tard, à cause de ses crimes, il mourut sur l’échafaud.  N’eût-il pas mieux valu pour le bonheur de l’un et de l’autre que la volonté de Dieu fût accomplie d’abord ! 

 

414.  Dieu exauce-t-il toujours nos prières ?

Oui, Dieu exauce toujours nos prières, quand elles sont bien faites ; mais en nous accordant ce qu’il juge le plus utile pour notre salut.

 

 

L E Ç O N    I I I

 

« L’Oraison dominicale »  et  la  « Salutation angélique » 

 

415.  Quelles sont les plus excellentes de toutes les prières ?

Les plus excellentes de toutes les prières sont le « Pater », ou oraison dominicale, et l’ « Ave Maria », ou salutation angélique.

 

1.      L’ORAISON DOMINICALE

 

416.Récitez l’Oraison dominicale ?

Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié; que votre règne arrive; que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour; pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés; ne nous laissez pas succomber à la tentation; mais délivrez-nous du mal.  Ainsi soit-il.

 

+  « Maître, dit un jour un laïque à saint Jordan de Saxe, le Notre Père a-t-il, dans la bouche de ceux qui n’en comprennent pas tout le prix, autant de mérite que dans la bouche des prêtres qui en saisissent parfaitement toute la portée ? --- Assurément, lui répondit le saint, de la même manière qu’une pierre précieuse ne perd rien de sa valeur en passant par les mains d’un lapidaire qui n’en connaît pas au juste tout le prix. » 

 

+  Saint Hugues, évêque de Grenoble, étant malade, répéta cette prière jusqu’à trois cents fois durant une nuit ; et son valet de chambre, l’ayant engagé à se modérer de peur de trop de fatigue, il répondit : « Plus je répète cette prière, plus je suis soulagé. » 

 

+  Saint Macaire, interrogé par deux personnes qui lui demandaient comment elles devaient prier, leur dit : « Il n’est pas besoin de beaucoup de paroles, contentez-vous de dire au Seigneur : Que votre volonté soit faite.  Mais il est meilleur de dire fréquemment le Notre Père que Notre-Seigneur nous a lui-même appris. » 

      

417.  Pourquoi cette prière est-elle appelée « l’Oraison dominicale »?

Cette prière est appelée l’oraison dominicale, c’est-à-dire la prière du Seigneur, parce que c’est Jésus-Christ lui-même qui l’a enseignée.

 

418.  Pourquoi disons-nous : « Notre Père, qui êtes aux cieux »?  

Nous disons « Notre Père, qui êtes aux cieux », parce que nous sommes les enfants de Dieu qui règne dans le ciel.

 

+  Le père de saint Charles Borromée faisait tant d’aumônes, que ses amis lui firent observer qu’il faisait tort à ses enfants.  « Point du tout, dit-il, si je prends soin des pauvres mes enfants trouveront partout un Père miséricordieux qui veillera à leurs besoins. »  Et, en effet, tous ses enfants occupèrent les dignités les plus élevées. 

 

+  Saint François d’Assise, déshérité et repoussé par son père pour avoir voulu, malgré sa volonté, se vouer à l’état ecclésiastique, s’écria avec une grande sérénité d’âme : « Puisque je n’ai plus de père sur la terre, je puis dire avec d’autant plus de raison : Notre Père qui êtes aux cieux. » 

 

+  Charles IV, roi de Pologne, portait à son cou une médaille d’or sur laquelle était en relief l’effigie de son père ; et toutes les fois qu’il avait quelque chose d’important à dire ou à faire, il prenait cette image chérie : « Mon père, disait-il que je ne fasse rien d’indigne de votre nom et de votre sang. » 

 

+  La vénérable Gertrude d’Orient, béguine de Hollande, sur le point de rendre le dernier soupir, dit à ses pieuses compagnes : « Mes Sœurs, je vais à la maison. »  Et comme on lui faisait remarquer qu’elle y était, elle répondit : « Ce n’est pas de celle-là que je parle, je vais à la maison dont les pavés sont d’or. » 

 

+  Exilé par l’impératrice Eudoxie, saint Chrysostome se consolait par la pensée du ciel.  « Partout où je vais, disait-il, je vois toujours le ciel au-dessus de moi, c’est là qu’habite mon Père, Celui qui m’a créé, qui me dirige et me donne les vêtements et la nourriture. »

 

+  Pourquoi êtes-vous né?  demandait-on à Anaxagore. --- Pour regarder le ciel, répondit ce philosophe. --- Mais, ajouta-t-on, quelle est votre patrie ? --- La voici, répliqua-t-il, en montrant du doigt cette voûte immense dont l’éclat instruit la terre à révérer son auteur. 

 

419.Combien l’oraison dominicale contient-elle de demandes ?

L’oraison dominicale contient sept demandes dont les trois premières se rapportent à la gloire de Dieu et les autres au bien de l’homme. 

 

+  Que votre nom soit sanctifié.  Marceau, lieutenant de vaisseau, une fois converti, pour réparer ses péchés, se hâta de se faire inscrire dans l’archiconfrérie réparatrice du blasphème, et non content de répéter à tout instant : Que le saint nom de Dieu soit béni, il répandait partout de petits imprimés, qui faisaient connaître cette pieuse association.  Si nous aimons Dieu sincèrement ayons à cœur de réparer les outrages qu’il reçoit. 

 

+  Voici une statistique qui n’est pas faite pour inspirer aux catholiques l’amour-propre de penser qu’ils font trop pour le règne de Dieu.  Pendant qu’en France on trouve cinq ou six millions pour la Propagation de la Foi, l’Angleterre sacrifie chaque année quarante et un millions aux missions protestantes.  Pendant que tous les catholiques de l’univers recueillent chaque année treize millions pour étendre le royaume de Jésus-Christ les protestants de l’univers fournissent cent treize millions à leurs missionnaires.  Là où un catholique donne un franc, un protestant en donne vingt.  Jusques à quand les enfants du siècle seront-ils plus sages que les enfants de lumière ?   

 

+  Saint Vincent de Paul, parlant des enfants trouvés aux dames qui s’y intéressaient, leur disait : « Vous avez adopté ces enfants, mesdames, voyez si vous voulez les abandonner ; cessez donc un moment d’être leurs mères pour devenir leurs juges.  Leur vie et leur mort sont entre vos mains.  Ils vivront, si vous continuez d’en prendre un soin charitable.  Ils mourront tous demain, si vous les délaissez. »  Ah !  on peut, à plus forte raison, en dire de même des pauvres âmes des infidèles.

 

+  Sainte Gertrude récitait 365 fois par jour cette prière : « Que votre volonté soit faite. » Et Dieu, lui offrant un jour la santé ou la maladie, elle lui répondit : « Je désire ardemment, Seigneur, que vous ne fassiez pas ma volonté, mais la vôtre. »  Répétons souvent les mêmes paroles au milieu des peines de la vie. 

 

+  Un jour qu’on demandait au commandant Marceau si un capitaine dormait bien sur son navire : « Je n’ai jamais mieux dormi, répondit-il, que la nuit qui a suivi la perte de mon gouvernail au milieu d’effroyables tempêtes.  C’est une position terrible.  Après avoir pris toutes les mesures que je devais prendre, je dis en me promenant : Que votre volonté soit faite, le même nombre de fois que sainte Gertrude, puis je suis allé me coucher, je n’ai jamais mieux dormi. » 

 

+  On reprochait au roi Henri IV de sortir seul et sans escorte.  Il répondit : « La peur ne doit pas entrer dans l’âme d’un roi ; je me recommande à Dieu quand je me lève et quand je me couche.  Je suis entre ses mains. »  Faisons notre prière matin et soir ; et comptons sur Dieu.  Si nous sommes dans sa grâce, nous n’avons rien à craindre. 

 

+  Donnez-nous aujourd’hui notre pain de chaque jour.  Saint Camille de Lellis était réduit à la dernière misère avec ses religieux.  Tous manquaient de pain.  Le saint tomba au pied de son crucifix, en disant : Secourez-nous.  Aussitôt, on sonne à la porte, et un inconnu demande au saint s’il n’a besoin de rien.  Il nous faut 300 écus, répondit-il.  L’inconnu s’en va lui compter cette somme et la lui apporte, sans qu’on sût jamais qui il était ; c’était le messager de la Providence. 

 

+  Saint Paul au désert, vivait d’un demi-pain qu’un corbeau lui apportait  chaque jour depuis soixante ans.  Saint Antoine, étant venu le visiter, le corbeau apporta un pain entier : « Oh !  que Dieu est bon, s’écria Paul, il double aujourd’hui la ration. » 

 

+  Pardonnez-nous nos offenses.  Le vénérable César de Buz faisait des neuvaines pour un homme qui lui intenta un procès injuste.  On vint un jour lui apprendre qu’un méchant homme médisait de l’institut qu’il avait fondé : « Il en retirera cet avantage, dit-il, que désormais je prierai tous les jours pour lui en particulier. » 

 

+  Saint Jean l’Aumônier disait la messe devant un prince qui gardait au cœur la haine contre son ennemi ; quand il fut à ces paroles du Pater, il s’arrêta.  Le prince l’entendant, continuait lui-même.  Alors le patriarche se tournant vers lui : « Pardonnez-moi comme je lui pardonne. »  Ces mots furent pour le prince un coup de foudre.  « Tout ce que vous m’ordonnerez, dit-il, aussitôt, je suis prêt à le faire » ; et il se réconcilia sur-le-champ avec son ennemi.  Étouffons donc tout sentiment de haine en récitant le Notre Père.     

 

+  Et ne nous laissez pas succomber à la tentation.  Un jeune homme, sollicité par un autre de faire une chose mauvaise, fit cette belle réponse : « Vous n’exigez de moi qu’une seule mauvaise action, dites-vous ; c’est comme si vous me disiez : Laissez-vous faire, je ne vous couperai la tête qu’une fois. »  Le péché est le plus grand de tous les maux. 

 

+  Délivrez-nous du mal.  « Souvenez-vous, mon fils, disait sainte Blanche à son fils saint Louis, qu’il n’y a sur la terre d’autre mal que le péché.  Quelle que soit l’étendue de mon amour pour vous, je préférerais vous voir étendu mort dans un cercueil plutôt que d’apprendre que vous avez eu le malheur de commettre un seul péché mortel. »

 

+  Ainsi soit-il.  Mgr Foulquier, ancien évêque de Mende, qui a été un grand zélateur du culte de Notre-Dame de la Salette, était sur le point de mourir.  Un prêtre qui était allé le visiter lui dit : « Vous souffrez, Monseigneur, mais nous prions pour vous. --- Merci, répondit le pieux prélat ; oui, il y a longtemps que je souffre, mais voici une petite prière bien courte que je fais au Cœur de Jésus par sa sainte Mère ; je veux vous l’enseigner; voyez comme elle est gentille : Mon Jésus !  je suis privé de la vue.  Ainsi soit-il !  Mon Jésus !  je souffre de mes nerfs.  Ainsi soit-il !  Mon Jésus !  je suis privé de l’ouïe.  Ainsi soit-il !  Mon Jésus !  je ne puis dire la sainte Messe ni mon bréviaire.  Ainsi soit-il !  --- Et puis, d’un ton gai, il ajouta :  Apprenez-la vous-même, cette petite prière ; elle vous servira. » 

 

 

II.    LA SALUTATION ANGÉLIQUE

 

 

420.  Récitez la Salutation angélique. 

Je vous salue, Marie, pleine de grâce ; le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus le fruit de vos entrailles, est béni. 

Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort.  Ainsi soit-il.

 

+  C’est à toutes les heures du jour et de la nuit que saint Alphonse Rodriguez, que Léon XIII vient de canoniser, récitait l’Ave Maria, en l’honneur de Marie. 

   Dans les populations chrétiennes d’Espagne, quand on se rencontre, on se salue en disant : « Je vous salue, très pure Marie », et l’on répond par ces mots : « Conçue sans péché. » 

  

421.Pourquoi cette prière est-elle appelée la Salutation angélique ? 

Cette prière est appelée la « Salutation angélique », parce qu’elle commence par la salutation que l’ange adressa à Marie, en lui annonçant le mystère de l’incarnation. 

 

+  Saint Bernard, en entrant dans un monastère, avait l’habitude de s’incliner vers la statue de Marie, et de dire Ave Maria.  Un jour, la statue s’incline et répond : Je te salue, Bernard.

 

+  Comme nous le raconte l’Évangile, c’était au sixième mois après que sainte Élisabeth eut conçu saint Jean-Baptiste, « l’ange Gabriel fut envoyé de Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une vierge, qu’un homme nommé Joseph, de la maison de David, avait épousée, et le nom de cette vierge était Marie.  Et l’ange, venant vers elle, dit : « Je vous salue, pleine de grâce : le Seigneur est avec vous, vous êtes bénie entre toutes les femmes. »  (S. Luc, I,26.)

 

422.  De quoi se compose la salutation angélique ? 

La salutation angélique se compose de deux parties : la première comprend les paroles de l’ange Gabriel et celles d’Élisabeth à la Sainte Vierge ; la seconde a été ajouté par l’Église.

 

+  Quand le P. Théodore Canisius apprit la mort de son frère, le B. Pierre Canisius, il fut frappé d’une attaque qui lui enleva complètement la mémoire ; il oublia tous les mots, excepté les noms de Jésus et de Marie.  Pendant cinq ans que dura cet état, il ne savait entr’ouvrir les lèvres que pour prononcer les noms de Jésus et de Marie.

 

+  Le B. Grignon de Montfort saluait 300 fois par jour la Sainte Vierge et chaque fois en lui donnant un nouveau titre de respect.  Chacun sait que l’Église invite à incliner la tête quamd on prononce le nom de Marie comme celui de Jésus (300 j. ind.).

 

+  L’illustre fondateur de la Société de Saint- Sulpice, M. Olier, quand il traversait Paris, cherchait de préférence les rues où était exposée l’image de Marie, afin de la saluer.  À l’exemple des saints, ayons souvent sur nos lèvres le nom de Marie.

 

+  « En ce temps-là, Marie, s’étant mise en chemin, alla en grande hâte au pays des montagnes, dans une ville de la tribu de Juda, et étant entrée dans la maison de Zacharie, elle salua Élisabeth.  Aussitôt qu’Élisabeth eut entendu la voix de Marie qui la saluait, son enfant tressaillit dans son sein ; elle fut remplie du Saint-Esprit, et élevant la voix, elle s’écria : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni ; d’où me vient ce bonheur que la Mère de mon Seigneur daigne venir à moi ?  Car votre voix n’a pas plutôt frappé mes oreilles, quand vous m’avez saluée, que mon enfant a tressailli dans mon sein.  Vous êtes heureuse d’avoir cru, car tout ce qui vous a été annoncé de la part du Seigneur s’accomplira. »  Alors Marie dit ces paroles : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit est ravi de joie en Dieu mon Sauveur. »  (S. Luc,1.)

 

+  Quelqu’un faisant l’éloge de Philippe, roi de Macédoine, ajouta : Pour tout dire en un mot, ce roi est le père du grand Alexandre.  Mais tout ce qu’on peut dire de Marie ne saurait égaler ce seul éloge : elle est la mère de Dieu. 

 

+  Le B. Crispin de Viterbe fut placé fort jeune en apprentissage chez un de ses oncles qui était cordonnier.  Celui-ci lui donnait, le samedi soir, un petit salaire.  Le dimanche matin, le pieux enfant courait au marché et y achetait un bouquet.  Donnez-moi vos plus belles fleurs, disait-il au marchand, car c’est pour les offrir à une grande Dame.  Il allait ensuite les porter à quelque statue de Marie, et demeurait toute la matinée à servir des messes dans l’église qui avait eu son choix.  Heureux enfant !  Marie lui a préparé au ciel une couronne de fleurs immortelles en échange de celles qu’il lui offrait ici-bas. 

 

+  Les Grecs ayant confié au peintre Zeuxis le soin de faire le portrait de la belle Hélène, celui-ci choisit les cinq plus belles vierges qu’il put trouver et prit de chacune ce qu’elle avait de plus parfait pour le reproduire dans son tableau.  Dieu a réuni en Marie toutes les vertus éparses dans les créatures.  Aussi saint Bernard l’appelle la Ravisseuse des cœurs. 

 

+  Un enfant catholique fut obligé d’aller en classe chez un maître protestant.  Celui-ci lui ayant demandé de dire sa prière, l’enfant récita d’abord le Pater.  Et quand il arriva à l’Ave Maria : « Laissons cela !  interrompit le maître, nous n’avons rien à démêler avec la Sainte Vierge. » --- L’enfant passa alors au Credo, mais quand il arriva à ces mots : conçu du Saint-Esprit et né de la Vierge Marie.  « Faut-il encore laisser ça ? »  lui demanda-t-il d’un air narquois.

 

    PRIÈRES LES PLUS USITÉES EN L’HONNEUR DE MARIE :  Ave Maria. --- Souvenez-vous (300 jours, si on le récite tous les jours). --- O ma souveraine (100 j.). --- Magnificat. --- Sub tuum. --- Angelus (Regina coeli au temps pascal). --- Litanies. 

   Mois de Marie. --- Mois du Rosaire.

   Rosaire (Couronne de roses), abrégé de l’Évangile (Pie IX), établi par saint Dominique, divisé en trois chapelets (Mystères joyeux, douloureux, glorieux.  Fruits des mystères). --- Conditions : 1e être inscrit sur le registre de la confrérie ; 2e avoir un rosaire ou un chapelet indulgencié par un prêtre qui en a reçu le pouvoir ; 3e réciter le rosaire en entier au moins une fois par semaine en méditant sur les quinze mystères. 

 

+  Conversion de Marceau. --- Marceau, lieutenant de vaisseau, impie d’abord, devint malade.  Mme de Vauguyon, sa parente qui le soigna, lui remit une médaille de la Sainte Vierge.  Or, voici ce qu’en écrivait Marceau lui-même à sa mère : 

   « Je pris cette médaille et je la mis au milieu de mes hardes ; elle y est toujours restée et m’a suivi partout.  Or, c’est ce souvenir qui s’est offert immédiatement à moi, à la première prière que j’ai faite.  J’allai de suite au tiroir de mon secrétaire, dans lequel elle était ensevelie ; je la mis au cordon de ma montre, et je la portai sur moi.  Dès ce moment, chose étonnante !  je me suis senti entraîné dans les voies de la religion avec une facilité merveilleuse et sans éprouver ces difficultés qu’on la plupart des hommes de mon âge.  Tu comprends, bonne mère, que je ne suis pas devenu bon pour cela ; c’est une affaire de temps et de volonté pour moi.  Mais j’ai avancé très rapidement dans la croyance et enfin j’ai renoncé sans peine à beaucoup de choses. »

   O efficacité merveilleuse pour la conversion d’un pauvre pécheur qu’un acte de dévotion à Marie !

 

+  A la bataille de Saint-Privat, en 1870, le général de Contamine a tenu tête deux heures durant à soixante bouches à feu prussiennes, n’ayant contre ce bombardement que vingt-quatre canons.  « J’avais récité le Souvenez-vous avant le combat, disait-il, et malgré la pluie d’obus, je n’ai perdu un seul homme. »  La Sainte Vierge les lui avait tous gardés !

 

+  Tout jeune encore, saint Benoît passait des heures entières à converser avec Marie.

 

+  Une des pratiques les plus habituelles de saint François Xavier était de passer la nuit dans l’église en amoureux colloques avec la Reine de nos cœurs. 

 

+  Le général Drouot, dans l’embrasure d’une fenêtre des Tuileries disait son chapelet. --- Récamier, le docteur des rois et le rois des docteurs, en route vers ses malades, disait son chapelet. --- O’Connell, le libérateur de l’Irlande, dans un coin du Parlement anglais, récitait son chapelet. --- Le général de Sonis, couché dans la neige, sur le champ de bataille de Loigny, récitait son chapelet !…

 

 

+  Lorsqu’en 1622 Louis XIII faisait le siège de Montpellier, M. de Beauregard, qui était à côté de lui, reçut deux balles en pleine poitrine.  Il chancela, mais ne tomba pas.  On trouva les deux balles aplaties sur son scapulaire.  A la vue de cette merveille, le roi s’empressa lui aussi de se revêtir du scapulaire.  Pourquoi se priver, en effet, d’une si facile et si puissante sauvegarde ?

 

+  Le général Bugeaud a porté, dans tout le cours de ses campagnes d’Afrique, la médaille que sa fille lui avait donnée au départ.  Un jour qu’il était parti avec ses soldats pour une expédition, il s’aperçut, deux heures après, qu’il l’avait oubliée.  Il appela aussitôt un spahis et lui dit : « Mon brave, j’ai laissé ma médaille dans ma tente ; je ne puis livrer bataille sans elle ; j’arrête l’armée, et, montre en main, je t’attends dans une heure. »  Le cavalier partit à toute bride, et une heure après il était de retour.  Bugeaud prend sa médaille, la baise en présence de tout son état-major, la replace sur sa poitrine et dit à haute voix.  « Maintenant, marchons ; avec ma médaille je n’ai jamais été blessé. »  Ayons toujours sur notre poitrine l’image de Marie, comme un bouclier protecteur.      

 

 

L E Ç O N    I V

 

Des    Sacrements

 

423.Qu’est-ce qu’un sacrement ?

Un sacrement est un signe sacré institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ, pour produire la grâce dans nos âmes et pour nous sanctifier.

 

+  Les sacrements sont comme des papiers sans valeur par eux-mêmes ; signés de Dieu, ils donnent tout ce qu’ils expriment ; ornés par l’Église, ils nous inspirent plus de religion sans nous conférer plus de droits.

 

424.Combien y a-t-il de sacrements ?

Il y a sept sacrements : le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.

 

+  Un prêtre zélé disait en gémissant : « Combien n’y a-t-il pas de malades qui, dans la belle saison, vont aux eaux de Bourbonne, de Vichy, de Barèges !  etc.  Ils font de grandes dépenses pour guérir de quelques infirmités corporelles, et il s’en faut bien qu’ils guérissent tous.  Nous avons des sources admirables pour toutes les maladies de l’âme : ce sont les sacrements.  Ces sources de grâces guérissent infailliblement tous ceux qui y vont étant bien disposés.  Comment tant de pécheurs négligent-ils d’aller à ces sources y puiser une eau qui est salutaire ?  Comment la plupart de ceux qui y vont n’y portent-ils pas les dispositions nécessaires ? »

 

   Comparaison. --- L’Église est une immense prairie arrosée et fécondée par sept fleuves. 

 

 

425.Comment les sacrements sont-ils des signes ? 

Les sacrements sont des signes parce qu’ils indiquent et représentent la grâce invisible qu’ils produisent. 

 

+  Pour communiquer ses grâces, Jésus lui-même s’est presque toujours servi de signes, bien que sa seule pensée eût suffi : il guérit les lépreux en les touchant (Mat., VIII, 3), --- les deux aveugles en touchant leurs yeux (Mat., IX, 29), --- il souffla sur les Apôtres, lorsqu’après sa résurrection, il leur dit : Recevez le Saint-Esprit (S. Jean, XX, 22).

   Dans l’Ancien Testament, Dieu répandait ses faveurs au moyen de différents signes : le bâton de Moïse, le serpent d’airain, le foie du poisson dans la guérison de Tobie, l’eau du Jourdain dans la guérison de la lèpre, etc…(Spirago.) 

 

+  « Le noyau et les écales sont deux choses bien différentes. Les écales y sont à cause du noyau ; quiconque voit les écales s’attend à y trouver renfermé quelque noyau ; on voit celles-là, mais on n’aperçoit pas celui-ci.  C’est ainsi que Jésus-Christ en a agi avec le noyau précieux de la grâce ; il l’a renfermé dans les signes sensibles comme dans une écale.  Quiconque veut avoir le noyau doit prendre l’écale. »  (Faber.) 

 

426.Quels effets produisent en nous les sacrements ? 

Les sacrements produisent en nous deux effets :  1e ils donnent la grâce sanctifiante à ceux qui ne l’ont pas ou l’augmentent en ceux qui la possèdent déjà ;  2e chacun d’eux donne une grâce particulière appelée grâce sacramentelle. 

 

427.Quels sont les sacrements qui donnent la grâce sanctifiante à ceux qui ne l’ont pas ? 

Les sacrements qui donnent la grâce sanctifiante à ceux qui ne l’ont pas sont le Baptême et la Pénitence, on les appelle sacrements des morts. 

 

428.Quels sont les sacrements qui augmentent la grâce sanctifiante en ceux qui la possèdent ? 

Les sacrements qui augmentent la grâce sanctifiante en ceux qui la possèdent sont :  la Confirmation, l’Eucharistie, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.  On les appelle sacrements des vivants. 

 

429.Tous ceux qui reçoivent les sacrements reçoivent-ils la grâce ? 

Non, tous ceux qui reçoivent les sacrements ne reçoivent pas la grâce, mais ceux-là seulement qui s’en approchent avec de bonnes dispositions. 

 

+  Un moribond, qui avait  eu le malheur de faire des communions sacrilèges, crut voir le démon s’approcher de lui et entendit ces paroles : « Parce que tu as communié indignement, tu recevras aujourd’hui la communion de ma main. »  Le malheureux s’écria alors, plein de désespoir :  « La vengeance de Dieu est sur moi. »  Il mourut en prononçant ces mots. 

 

430.Quel péché commettent ceux qui reçoivent les sacrements sans les dispositions nécessaires ? 

Ceux qui reçoivent les sacrements sans les dispositions nécessaires commettent un sacrilège. 

 

+  Un portier couvert de lèpre ouvrira la porte aussi bien qu’un portier bien portant, s’il en a la clef.  Il en est ainsi de l’absolution et des autres sacrements. »  (S. Brig.) --- Un juge peut être un scélérat plus grand que l’accusé ; il a néanmoins qualité pour le condamner. --- Une bonne semence germe et porte des fruits, que le semeur l’ait répandue avec des mains pures ou souillées.  (S. Aug. ; Spir.) 

 

431.Y a-t-il des sacrements qu’on ne peut recevoir qu’une fois ?

Oui, il y a trois sacrements qu’on ne peut recevoir qu’une fois, ce sont : le Baptême, la Confirmation et l’Ordre. 

 

432.Pourquoi ne peut-on recevoir qu’une fois ces trois sacrements ?   

On ne peut recevoir qu’une fois ces trois sacrements, parce qu’ils impriment dans l’âme une marque ineffaçable, appelée caractère. 

              

   

L E Ç O N    V

 

Du    Baptême

 

433.    Qu’est-ce que le Baptême ? 

Le baptême est un sacrement qui efface le péché originel en nous donnant la vie surnaturelle, et nous rend chrétiens, enfants de Dieu et de l’Église.

 

+  Le grand roi saint Louis estimait plus le village de Poissy où il avait été baptisé que la ville de Reims où il avait été sacré roi.  Ayant assisté au baptême d’un juif, auquel il avait invité les gens d’un prince infidèle, il leur dit après la cérémonie : « Dites à votre maître que je passerais volontiers ma vie dans les cachots les plus obscurs, si je pouvais, à ce prix, procurer à lui et à toute sa nation, la grâce de recevoir le baptême. » 

 

434.    Le Baptême n’efface-t-il que le péché originel ?

Le Baptême efface encore tous les péchés qu’on a commis avant de le recevoir et remet toutes les peines qui leur sont dues.

 

+  Qu’il y ait une régénération spirituelle, une œuvre de sanctification qui s’opère par la grâce sanctifiante répandue dans l’âme avec les vertus théologales par le Saint-Esprit, c’est ce que nous montre l’histoire de sainte Colombe.  Lorsqu’elle reçut le baptême, une colombe blanche, symbole du Saint-Esprit, descendit vers elle, lui donna un baiser, et disparut ensuite.  (Mehler.) 

 

+  « Voilà pourquoi l’Église, conséquente avec son enseignement, n’a jamais imposé d’œuvres satisfactoires après le Baptême lorsqu’elle l’administre aux adultes, comme elle fait après le sacrement de Pénitence. --- Autrefois même, les princes chrétiens, touchés de l’ineffable clémence de Dieu, se faisaient une gloire de l’imiter en remettant aux nouveaux baptisés les peines civiles qu’ils avaient pu encourir auparavant. »  (Brulon.)  

 

435.    Comment le Baptême nous rend-il enfants de Dieu et de l’Église ?

Le Baptême nous rend enfants de Dieu en nous donnant la vie surnaturelle et nous rend enfants de l’Église en nous donnant le droit de participer à ses sacrements, à ses prières et à tous ses biens spirituels. 

 

+  Gravons dans notre mémoire l’exemple que nous ont donné les généreux athlètes, nos pères et nos devanciers dans la foi, qui moururent à Lyon en confessant hardiment qu’ils étaient chrétiens : 

 

+  Un jeune homme nommé Epagathe, distingué par ses belles qualités et surtout par une vie irréprochable, étant indigné de la manière cruelle dont on traitait les chrétiens, demanda d’être écouté pour défendre leur cause.  Mais à peine ce disciple sincère de Jésus-Christ eut-il ouvert la bouche que tous les païens qui se trouvèrent à l’audience, se mirent à crier contre lui, et que le gouverneur lui-même, ne pouvant écouter qu’à peine sa demande, quelque juste qu’elle fût, l’interrompit pour savoir seulement de lui s’il était chrétien.  Épagathe professa hautement sa religion en disant qu’il était chrétien; et il fut mis aussitôt au nombre de ceux qui étaient destinés au martyre, le juge lui ayant donné par raillerie le nom glorieux d’avocat des chrétiens. 

 

+  La fureur du peuple, du gouverneur et des soldats éclata particulièrement contre Blandine, Attale et Alexandre.  Blandine n’était qu’une simple esclave, d’une complexion faible; et sa maîtresse qui combattait vaillamment parmi les autres martyrs, appréhendait qu’elle n’eût ni la force ni la hardiesse de confesser sa foi; mais cette femme admirable se trouva, par le secours de la grâce, en état de braver les différents bourreaux qui la tourmentèrent depuis la pointe du jour jusqu’à la nuit.  Enfin, ceux-ci s’avouèrent vaincus.  Ils protestèrent que toutes les ressources de leur art barbare étaient épuisées… « Nous n’y comprenons rien, disaient-ils; il ne fallait qu’une des tortures que nous avons employées pour lui ôter la vie, selon le cours ordinaire de la nature. »  Pour la sainte, semblable à un athlète généreux, elle puisait de nouvelles forces dans la confession de la foi.  « Je suis chrétienne !  disait-elle souvent, et il ne se commet point de crime parmi nous. »  Ces paroles émoussaient la pointe de ses douleurs, et lui communiquaient une sorte d’insensibilité. 

 

+  Le diacre Sanctus endura aussi des tourments inouïs, avec une patience plus qu’humaine.  Les païens se flattaient qu’à force de tortures, ils lui arracheraient quelques paroles peu convenables; mais il soutint tous leurs assauts avec tant de fermeté qu’il ne voulut pas même leur dire son nom, sa patrie, son état.  A chaque question qu’on lui faisait, il répondait toujours : « Je suis chrétien ! »  Le christianisme était son pays, sa noblesse, son exercice.  Jamais on ne put tirer de lui d’autre réponse. 

 

+  Attale, de Pergame, ayant été demandé avec instance par le peuple pour souffrir le supplice auquel il avait été condamné, alla au combat avec courage, s’appuyant sur la confiance que Dieu récompenserais ses bonnes œuvres.  C’était un homme fort célèbre qui avait été solidement exercé dans la science et la piété chrétienne et qui avait toujours été fidèle témoin de la vérité parmi les chrétiens.  On lui fit faire le tour de l’amphi-théâtre, ayant un écriteau devant lui; on y lisait ces mots : C’est ici Attale le chrétien.  Il fut mis ensuite en prison avec les autres, jusqu’au jour de son supplice, déclarant avant de mourir que les chrétiens ne savaient ce que c’est que de commettre aucun crime. 

 

+  Alexandre se trouvait près du tribunal au moment où le juge interrogeait ceux qui d’abord avaient renoncé à la foi; il leur faisait signe et de la tête et des yeux afin de les animer à confesser Jésus-Christ.  Ses mouvements furent remarqués.  Alors le juge, se tournant de son côté, lui demanda qui il était et ce qu’il faisait, Alexandre répondit sans détour qu’il était chrétien.  Sa réponse irrita tellement le gouverneur que, sans autre information, il le condamna à être dévoré par les bêtes.  Les corps des martyrs demeurèrent exposés six jours, au bout desquels ils furent brûlés.  On en jeta les cendres dans le Rhône, afin qu’il n’en restât pas le moindre vestige sur la terre.  (Eusèbe, Hist. Eccl.) 

                    

436.    A qui appartient-il de donner le baptême ?

C’est aux prêtres qu’il appartient de donner le Baptême : mais en cas de nécessité toute personne peut et doit Baptiser. 

 

437.    Que faut-il faire pour baptiser ?

Il faut verser de l’eau naturelle sur la tête de celui qu’on baptise et dire en même temps : je te baptise, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

 

438.    Quand faut-il faire baptiser les enfants ?

Il faut faire baptiser les enfants aussitôt après leur naissance, sans tarder plus de quelques jours. 

 

+  L’historien Michelet se fit baptiser à 20 ans.  Quoique plus tard, il retombât dans l’incrédulité, il voulut cependant que son fils Lazare, qui était dangereusement malade, fût baptisé par un prêtre. 

 

+  Renan fit de même ; voyant un de ses enfants sur le point de mourir, il engagea sa femme à le baptiser.  Celle-ci ayant refusé, lui-même le baptisa. 

 

+  L’illustre Littré se fit baptiser à 80 ans.

 

439.    Le Baptême est-il nécessaire pour être sauvé ?

Oui, le baptême est nécessaire pour être sauvé. 

 

+  Saint Philippe s’empresse de baptiser l’officier de Candace, reine d’Ethiopie. --- Cet homme était sur son char et lisait le prophète Isaïe.  Philippe s’approche de lui et lui dit : « Croyez-vous comprendre ce que vous lisez ? »  L’officier répondit : « Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me l’explique ? » et il pria Philippe de monter et de s’asseoir près de lui.  Or, voici le passage qui était sous ses yeux : « Il a été mené à la mort comme une brebis et comme un agneau muet devant celui qui le tond; aussi il n’a pas ouvert la bouche.  Après ces humiliations, il a été délivré de la mort.  Qui racontera sa génération ? »  L’officier dit à Philippe : « De qui, je vous prie, le prophète parle-t-il ainsi ?  Est-ce de lui-même ou de quelque autre ? »  Alors Philippe lui annonça Jésus-Christ et ses mystères.  Et après qu’ils eurent marché quelque temps, ils arrivèrent auprès d’une fontaine, et l’officier dit : « Voilà de l’eau; qu’est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ? »  Philippe dit : « Je le veux bien, si vous croyez de tout votre cœur. --- Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu », répondit l’officier; et en même temps il ordonna qu’on arrêtât son char; et tous deux descendirent dans l’eau, et Philippe baptisa l’officier.

 

440.    Le Baptême peut-il être remplacé quand on ne peut le recevoir ? 

Oui, quand on ne peut le recevoir, le baptême peut être remplacé par le martyre ou par un acte de parfait amour de Dieu, avec le désir d’être baptisé.

 

+  Valentinien II s’était mis en chemin pour aller à Milan recevoir le Baptême, mais il fut assassiné en route, et saint Ambroise dit à cette occasion : « Son désir du baptême l’a purifié. » 

 

+  Sainte Émérentienne reçut aussi le baptême du sang, lorsque, n’étant pas encore baptisée et priant sur le tombeau de sainte Agnès, elle fut lapidée par les païens. 

 

+  L’empereur Maximien, voulant faire apostasier sainte Catherine, cette vierge,  d’Alexandrie, si fameuse par ses connaissances, ordonna à quinze philosophes païens, choisis parmi les plus savants, d’entrer en lice avec elle; la discussion devait être et fut publique.  Mais le résultat fut loin de répondre à l’attente du persécuteur.  Vaincus par l’éloquence de la courageuse et savante apologiste de la foi, la plupart des champions de Catherine embrassèrent le christianisme.  Outré de dépit, l’empereur les condamna à périr par le feu.  Ils se résignèrent sans peine à ce supplice; seulement ils regrettaient de se voir obligés de mourir sans baptême.  La sainte fit sur eux le signe de la croix, et les tranquillisa en disant : « Ne soyez pas inquiets à ce sujet; car bientôt vous serez baptisés dans votre propre sang. »  Encouragés par ces paroles, ils marchèrent gaiement au martyre.  (Surius, 25 nov.)

 

441.    A quoi s’engage celui qui reçoit le Baptême ? 

Celui qui reçoit le baptême s’engage à croire en Jésus-Christ, à pratiquer sa loi à renoncer au péché et à tout ce qui y conduit. 

 

+  Elpidophore, après avoir reçu le baptême, renonça à la foi de Jésus-Christ et devint persécuteur des catholiques.  Il cita à son tribunal le saint diacre Murita, qui avait été son parrain.  Celui-ci apporta au tribunal, cachés sous son manteau, les vêtements blancs dont Elpidophore avait été revêtu après son baptême : « Voilà, lui dit-il, en les lui montrant, les témoins de ton apostasie.  Ils t’accuseront au tribunal de Dieu.  Cette robe blanche se changera en vêtements de feu et de flammes qui te dévoreront pour l’éternité.  A ce langage, Elpidophore se retira confus.  Malheur à ceux qui, par une vie coupable, trahissent les engagements contractés au jour de leur baptême ! 

 

+  Saint Chrysostome avait l’habitude de renouveler ce vœu dans les tentations; il disait : « Je renonce au démon et me donne entièrement à Jésus-Christ. » 

 

+  Pendant le siège de Rhodes, que soutenaient avec un grand courage les chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, un soldat chrétien passa au camp du sultan Soliman II.  Ce dernier, tout heureux de voir venir à lui ce traître, lui fit les plus belles promesses, s’il lui indiquait tous les endroits faibles de la place.  Le chrétien révéla tout, et quand Soliman se fut emparé de la place, il vint lui demander la récompense de sa perfidie.  « Misérable, répondit Soliman, je vais te donner ce que tu mérites », et aussitôt il donna ordre de se saisir de lui et de l’écorcher tout vivant.  Au jour de ses vengeances, le Seigneur punira d’une manière terrible ceux qui auront trahi les serments de leur baptême. 

 

 

442.    Pourquoi donne-t-on un parrain et une marraine à celui qui est baptisé ? 

On donne un parrain et une marraine à celui qui est baptisé pour répondre en son nom.  Lui rappeler plus tard ses engagements et veiller à ce qu’il y soit fidèle. 

 

443.    Pourquoi donne-t-on le nom d’un saint à celui qui est baptisé ?

On donne le nom d’un saint à celui qui est baptisé pour qu’il ait dans le ciel un protecteur et un modèle. 

 

+  Nos patrons pourraient dire au chrétien infidèle ce qu’Alexandre le Grand disait à un soldat lâche qui portait son nom : « Dépouille-toi de ton nom ou fais-lui honneur ! » 

                               

 

L E Ç O N   V I

 

De  la  Confirmation

 

444.    Qu’est-ce que la Confirmation ?

La Confirmation est un sacrement qui nous donne le Saint-Esprit avec tous ses dons et nous rend parfaits chrétiens. 

 

445.    Quels sont les dons du Saint-Esprit ? 

Il y a sept dons du Saint-Esprit :  les dons de sagesse, d’intelligence, de science, de conseil, de force, de piété, et de crainte de Dieu. 

 

+  Don de sagesse. ---  Salomon s’écriait : « Vanité des vanités, tout n’est que vanité! »  --- Saint François d’Assise : « Mon Dieu et mon tout! » --- Saint Ignace : « O que la terre me paraît laide quand je considère le ciel ! » 

 

+  Don d’intelligence. ---  Le curé d’Ars fut sur le point, à cause de son peu d’aptitude aux sciences, d’être renvoyé du grand séminaire.  Et cependant personne ne donna tant d’audiences que lui, personne ne fut plus consulté que lui.

 

+  Don de conseil. --- C’est le don de conseil qui suggéra à saint Athanase la réponse qui lui sauva la vie.  Les satellites de Julien, ne le reconnaissant pas, lui demandèrent : Où est Athanase ? --- Il n’est pas très loin, leur répondit-il.

 

+  Don de science. --- Sainte Catherine ( 307) confondit soixante-dix philosophes

d’Alexandrie et les convertit au christianisme.  Saint Thomas d’Aquin déclarait avoir puisé plus de science auprès du tabernacle que dans les livres. 

 

+  Don de force. ---  Le proconsul Prisque s’était saisi de la vierge Euphémie de Chalcédoine, et l’avait déjà tourmentée sans la vaincre.  Il la menaça de la faire brûler toute vive, si elle ne renonçait à la foi.  « Je ne crains point ce feu dont vous me menacez, lui dit-elle, d’un air intrépide, on l’allume quand on veut et il s’éteint de lui-même; j’ai assez de courage pour ne pas appréhender des douleurs qui n’ont presque qu’un moment de durée. » 

 

+  Don de piété. --- Saint Ambroise de Sienne donna, dès le berceau, des marques étonnantes de piété.  Dès que sa mère récitait devant lui l’office de la Sainte Vierge, il lui demandait ce livre et pleurait jusqu’à ce qu’elle le lui eût donné.  Il le feuilletait ensuite, comme s’il y eût entendu quelque chose.  Son père lui fit faire deux livres remplis d’images; l’un n’avait que des sujets religieux, l’autre, des sujets profanes.  L’enfant, dès qu’il eut vu ce dernier, le repoussa, et il faisait ses délices de parcourir l’autre.  Jusqu’à sept ans, il ne s’occupa qu’à tailler de petites croix, à dresser des oratoires, à faire des processions avec d’autres petits enfants.  Dès l’âge de sept ans, il récitait tous les jours l’office de la Sainte Vierge, jeûnait la veille des fêtes de plusieurs saints, et se levait la nuit pour lire leur vie.  A dix-sept ans, il entra dans l’ordre de Saint-Dominique, et fut, comme saint Thomas, disciple d’Albert le Grand. 

 

446.    Comment la Confirmation nous rend-elle parfaits chrétiens ?

La confirmation nous rend parfaits chrétiens en affermissant en nous la vie surnaturelle reçue au baptême et en imprimant dans notre âme le caractère de soldats de Jésus-Christ. 

 

447.    Quelle est la grâce particulière de la Confirmation ?

La grâce particulière de la confirmation est une grâce de force pour pratiquer courageusement notre religion et la défendre contre toutes les attaques. 

 

+  Dans la vallée de Martigny, en Suisse, l’empereur Maximien donna l’ordre à son armée de sacrifier aux faux dieux.  La légion thébaine, composée de plus de 10.000 hommes, était chrétienne.  Elle refusa d’obéir à cet ordre; l’empereur fit tuer par deux fois un soldat sur dix, afin d’obliger les autres, par la peur, à renoncer à leur foi.  Sa cruauté resta sans résultat.  Il menaça alors de les faire égorger tous; mais Maurice, Exupère et Candide, qui étaient les chefs de la légion, lui dirent : « Nous vous devons le service militaire, mais nous ne pouvons renier notre Dieu et le vôtre.  Nous avons fait serment à Dieu avant de le faire à vous.  Vous fieriez-vous au second, si nous allions violer le premier ? »  Et ces 10.000 hommes périrent par le fer, plutôt que de trahir leur foi.  L’Église les honore comme de glorieux martyrs. 

 

+  En Espagne, deux jeunes petits frères, Juste et Pasteur, étant aux écoles de la ville, apprennent que Dacien met à mort les chrétiens; ils jettent leurs livres à terre et courent au martyre.  Dacien les arrête et les fait rouer de coups de bâton; mais tous deux s’excitent à la persévérance; on les traîne hors la ville, où on les fait égorger par le bourreau. 

 

+  Un homme de lettres du XVIIe siècle devait son éducation aux sacrifices qu’avait faits pour lui son pauvre vieux père.  Un jour qu’il avait lu une de ses poésies devant une société brillante et qu’il recevait les applaudissements de tous, son père, qui s’était glissé dans la foule, s’avance pour l’embrasser; l’ingrat le repousse et refuse de le reconnaître.  Alors, aux applaudissements, succède l’indignation de tous.  Oh! le monstre, oh! le cœur noir, crie-t-on de toute part.  C’est le portrait de l’esclave du respect humain, qui doit tout à son Dieu; et il n’ose pas le reconnaître devant les hommes.  Quel ignoble esclavage ! 

 

448.    La Confirmation est-elle absolument nécessaire au salut ? 

Non, la Confirmation n’est pas absolument nécessaire au salut, mais elle y aide puissamment et l’on est coupable en négligeant de la recevoir. 

 

+  Un certain, Novatus, qui avait été converti à la foi, apostasia pendant les persécutions, et les fidèles crurent que cette lâcheté et cette chute avaient pour cause sa négligence à recevoir le sacrement de confirmation. 

 

449.    Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir la Confirmation ? 

Pour recevoir la Confirmation, il faut avoir été baptisé, être en état de grâce et connaître les principaux mystères de la foi. 

 

450.    Qui peut donner la Confirmation ? 

L’Évêque seul est le ministre ordinaire du sacrement de confirmation. 

 

451.    Comment l’Évêque donne-t-il la Confirmation ?

L’Évêque impose d’abord les mains sur ceux qu’il confirme en invoquant le Saint-Esprit, puis il fait avec le saint chrême une croix sur leur front, en disant : je vous marque du signe de la croix et je vous confirme avec le chrême du salut au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.  

 

452.    Pourquoi l’Évêque impose-t-il les mains sur ceux qu’il confirme ? 

L’Évêque impose les mains sur ceux qu’il confirme pour montrer que le Saint-Esprit prend possession de leur âme. 

 

453.    Qu’est-ce que le saint chrême ?

Le saint chrême est de l’huile d’olive mêlée avec un peu de baume et consacrée par l’Évêque le Jeudi Saint.   

 

454.    Que signifient l’huile et le baume ?

L’huile signifie la douceur et la force du Saint-Esprit, et le baume, par sa bonne odeur, signifie le bon exemple que le chrétien confirmé doit donner autour de lui. 

 

455.    Pourquoi l’Évêque fait-il avec le saint chrême une croix sur le front du baptisé ? 

L’Évêque fait avec le saint chrême une croix sur le front du baptisé, pour lui apprendre qu’un chrétien ne doit jamais rougir de la croix de Jésus-Christ. 

 

456.    Pourquoi l’Évêque donne-t-il au conformé un léger soufflet ? 

L’Évêque donne au confirmé un léger soufflet, pour lui apprendre qu’il doit être prêt à tout souffrir pourJésus-Christ. 

 

+  Comme on demandait à sainte Rose de Lima à son lit de mort pourquoi elle pleurait : « Je ne pleure pas parce que je vais quitter la terre, mais bien parce que je n’ai pas assez souffert pour mériter le ciel. »  Si on pouvait regretter quelque chose au ciel, ce serait de n’avoir pas assez souffert sur la terre.

 

+  Tout le monde a entendu parler du Père Millériot, celui dont on disait : c’est le plus saint des originaux et le plus original des saints.  Il fut appelé un soir au chevet d’un vieux pécheur incorrigible.  En le voyant, le moribond est saisi d’un accès de rage : « Un calotin ici ! » s’écria-t-il, et, la fureur lui rendant quelque force, il applique un grand soufflet sur la joue du Père.

     Celui-ci, sans s’émouvoir, tend l’autre joue et reçoit un second soufflet.  Puis, prenant la main du malade, il lui dit avec douceur : « Très bien ! je ne mérite pas autre chose; mais en voilà assez, cela vous fatiguerait. »  Le malheureux, ébahi, honteux, balbutie : « Enfin, que me voulez-vous ? --- Sauver votre âme, mon cher ami. »  Vaincu par cette douceur et cette patience évangéliques, le malade se jette au cou du Père, l’embrasse… et se confesse. 

 

+  Un gentihomme qui haïssait saint François de Sales amena un jour sous ses fenêtres ses chiens et ses valets, les uns pour aboyer et les autres pour insulter le saint.  Il monta lui-même dans sa chambre, vomit contre lui toutes sortes d’injures.  Le saint l’écouta sans mot dire, et son ennemi, prenant ce silence pour du mépris, redoubla de rage jusqu’à ce que, n’en pouvant plus de colère, il se retira.  Les amis du saint lui ayant demandé comment il avait fait pour ne rien répondre : « Nous avons fait un pacte, ma langue et moi; il est convenu que ma langue ne dirait mot, pendant que mon cœur serait dans l’émotion; et puis, pouvais-je mieux apaiser sa colère que par mon silence ? » 

 

+  La bienheureuse Marie des Anges, issue d’une noble famille du Piémont, était dès sa jeunesse d’une charité et d’une douceur inaltérables envers ses sœurs.  L’une d’elles, Christine, dans un moment d’emportement, la frappa rudement au visage avec un balai.  La sainte enfant souffrit sans se plaindre.  Sa mère, remarquant la blessure que le coup avait laissée sur les joues de sa fille, demanda d’où lui venait ce mal.  Craignant d’attirer sur sa sœur le châtiment, qu’elle méritait, Marianne (c’était le nom de la bienheureuse avant son entrée au Carmel) répondit d’une manière évasive qu’elle n’avait pas vu comment cette blessure s’était faite. 

                

  Page 8 du catéchisme