L
E Ç O N I X
Du
quatrième commandement de Dieu
27.
Récitez le
quatrième commandement de Dieu.
Tes
père et mère honoreras,
afin de vivre longuement.
28.
Que nous ordonne le quatrième commandement ?
Le
quatrième commandement nous ordonne de remplir nos devoirs a l’égard de
nos parents et de nos supérieurs.
1.
LES PARENTS
29.
Quels sont nos
devoirs à l’égard de nos père et mère ?
Nos
devoirs à l’égard de nos père et mère sont : de les aimer, de les
respecter, de leur obéir et de les assister.
30.
Pourquoi
devons-nous aimer nos père et mère ?
Nous devons aimer nos père et mère, parce que
c’est par eux que Dieu nous a donné la vie et qu’ils sont nos premiers
bienfaiteurs.
+ Prière
d’un enfant pour ses parents :
O
Dieu ! daignez prêter l’oreille
A
la voix d’un de vos enfants.
Que
toujours votre bonté veille
Et
s’étende sur mes parents.
Donnez-leur
une longue vie
Et
comblez-les de vos bienfaits;
Éloignez
d’eux la maladie,
Rendez-les
justes et parfaits;
Surtout
accordez à moi-même
Un
cœur qui tendrement les aime.
(Melher.)
+ Augustin
Gruber, archevêque de Salzbourg, faisant sa visite à l’école d’un village
du Tyrol, demanda à une petite fille, combien elle avait coûté à ses
parents. L’enfant, surprise,
rougit et ne sut répondre. « Allons,
mon enfant, combien leur coûtez-vous par jour, par mois, par an, combien
avez-vous d’années? » L’enfant répondait bien; à la fin il ajouta :
« Et les soins de votre mère, et les sueurs de votre père, comment
pourrez-vous les payer? Jamais par
de l’argent, mais par l’amour, le respect et l’obéissance. »
Ce calcul fit sur tous les enfants une salutaire impression.
+ Chateaubriand,
parlant de la famille royale exilée à Prague, raconte ce fait : « Le
Dauphin veille sur son père, Charles X, comme sur un enfant.
Il baise sa main chaque fois qu’il l’approche, lui demande comment il
a passé la nuit, ramasse son mouchoir, lui parle assez fort pour qu’il
l’entende, lui empêche de manger ce qui pourrait lui nuire lui fait mettre ou
quitter ses vêtements chauds suivant la température, l’accompagne dans
toutes ses promenades, sa conversation n’a que lui pour objet. »
+
Un personnage éminent fut un jour invité à dîner par le ministre
Cambacérès. « Merci,
Excellence, je suis attendu déjà à dîner. --- Vous êtes donc invité chez
l’empereur? --- Non, je vais dîner tous les samedis chez ma mère. --- Ah!
c’est très bien. »
31.
Pourquoi
devons-nous respecter nos père et mère et leur obéir ?
Nous devons respecter nos père et mère, et leur obéir,
parce qu’ils tiennent auprès de nous la place de Dieu.
+ Le père
d’un jeune Chinois avait été condamné à avoir la tête tranchée, pour
plusieurs crimes énormes commis pendant qu’il exerçait la magistrature.
Son fils alla se jeter aux pieds du gouverneur, et le conjura
d’accepter qu’il mourût à la place de son père.
Le mandarin questionna beaucoup le jeune homme, pour savoir si c’était
de son propre mouvement qu’il parlait de la sorte.
Quand il se fut assuré de la sincérité de ses sentiments il en écrivit
à l’empereur, qui envoya la grâce du père et un titre d’honneur pour le
fils. Mais celui-ci refusa
constamment cette distinction, disant que le titre dont il serait décoré
rappellerait sans cesse au public le souvenir de la faute de son père.
L’empereur admirant de si nobles sentiments, voulut avoir ce jeune
homme à sa cour : il en prit un soin particulier; et, dans la suite, l’éleva
à la dignité de ministre d’État.
+ La
sainte bergère de Pibrac, Germaine Cousin, pendant les vingt-deux années
qu’elle passa sur cette terre d’exil, quoique abreuvée d’amertume et de mépris
par sa marâtre et par son père lui-même, jamais ne laissa s’échapper un
murmure, jamais une compagne ou une voisine ne l’entendit proférer une
plainte. Elle avait, pour se
consoler, les larmes qu’elle répandait devant Dieu; et elle se vengeait en
priant pour ceux qui la traitaient non point comme leur fille, mais comme une
vile esclave.
+ Benoît
XI, fils de parents pauvres, fut élevé sur le trône pontifical en 1303.
Pendant qu’il était à Pérouse, sa mère qui était une pauvre femme
du peuple, demanda à lui parler. Il
demanda comment elle était vêtue. On
répondit qu’elle était tout habillée de soie.
« Pour lors, dit-il, ce n’est pas ma mère. »
Cette réponse fut portée à la mère, qui reprit ses humbles vêtements
et se présenta de nouveau. Cette
fois, le pape la reçut et l’embrassa avec effusion.
+ Beaux
exemples de respect filial :
Joseph quitte le palais de Pharaon pour aller au
devant de son père; à son approche, il descend le premier de son char, il se
jette aux genoux de Jacob et les arrose de ses larmes.
Salomon aussi, à l’arrivée de sa mère, descend de
son trône et la fait monter à ses côtés.
Jésus-Christ lui-même se montre plein de respect
pour Marie et Joseph : « Il leur était soumis », dit l’Écriture.
+ Albert,
fils du comte de Fulkenberg, entra dans l’Ordre de Saint-Dominique malgré les
oppositions de son père. Théodoric,
un de ses amis, étant venu lui dire que, s’il persistait dans sa résolution,
sa mère en mourrait de chagrin. Albert
lui montra le crucifix en lui disant : « Le Sauveur n’est pas
descendu de la croix pour épargner à sa Mère les douleurs que lui causait sa
passion; j’agirai de même. Je
resterai sur la croix que j’ai embrassée,
car celui qui aime son père
ou sa mère plus que moi, a
dit le Sauveur, n’est pas
digne de moi. »
Théodoric vaincu entra peu après dans le même couvent.
+ Un
enfant voulait aller à la messe : « Laisse-moi donc tranquille, lui
dit le père avec toutes tes histoires de catéchisme.
Tout ce que les prêtres vous racontent est de la farce. --- Alors, mon père,
il ne faut plus obéir désormais? reprit l’enfant.
Les prêtres nous recommandent d’être bien obéissants, envers nos
parents. » Le père interloqué
ne répondit pas, mais il laissa son enfant remplir ses devoirs religieux.
+
Saint Herménégilde fut enfermé en prison par son père, Léovigilde,
roi des Visigoths, pour avoir embrassé la foi catholique.
Comme celui-ci lui promettait la liberté à condition qu’il abjurât
sa foi : « Allez dire à mon père, répondit le jeune prince, que
je suis prêt à sacrifier ma couronne et même ma vie plutôt que de renier
ma foi. » Et il fut exécuté (586).
32.
Comment
devons-nous assister nos père et mère ?
Nous devons assister nos père et mère :
1e en les aidant dans leurs besoins temporels;
2e en priant pour eux pendant leur vie et après leur mort.
+ On
venait de racheter quelques esclaves chrétiens à Alger. Au moment ou ils allaient partir, un corsaire arriva dans le
port avec une prise suédoise. Parmi
les prisonniers, il se trouva le père d’un des captifs rachetés.
Ils se reconnurent et volèrent dans les bras l’un de l’autre, les
yeux baignés de larmes. Le jeune
homme, touché du malheur de son père, qui était déjà vieux, et dont
l’esclavage ne pouvait qu’abréger les jours, pria les Algériens de lui
permettre de prendre la place de son père : « Je suis plus robuste,
ajoura-t-il, et plus propre aux travaux qu’on exige des esclaves. »
On y consentit. Mais le dey, ayant appris cette belle action, ne voulut pas
que ce fils généreux restât dans les fers.
Il ordonna qu’on lui rendît la liberté, et qu’on le renvoyât avec
son père.
+ Au dire
de Plutarque, les jeunes lions apportent leur proie aux vieux lions.
Et au dire de saint Ambroise, les jeunes cigognes réchauffent celles qui
sont âgées, les nourrissent et leur aident à voler.
+ Frédéric
1e, roi de Prusse, trouva un jour un jeune page endormi dans le salon
de service devant une lettre écrite à son vieux père ou il lui annonçait
qu’il lui envoyait ses appointements. Ému
de cet admirable amour filial, le roi glissa une forte somme dans les poches de
son serviteur sans le réveiller et le lendemain le nomma officier.
+ Plusieurs
frères animés des meilleurs sentiments pour leur mère devenue veuve, se réunirent
un jour pour s’entendre et lui assurer une pension.
Chacun d’eux s’engagea pour une somme rondelette.
Depuis lors ils se rendirent régulièrement chez leur mère le jour de Pâques
et le jour de la Toussaint, dînaient gaiement ensemble et déposaient chacun la
moitié de leur cotisation.
+
Pendant que Léonide, père du célèbre Origène, était en prison à
cause de la foi, son fils lui écrivit cette belle lettre : « O mon
père, je vous en conjure à genoux, que votre tendresse pour moi ne vous
fasse pas renier Jésus-Christ. Je
vous remplacerai auprès de ma mère et de mes six frères.
Si vous mourez martyr de la foi, j’irai mendier de porte en porte
pour les nourrir. Je vous en
supplie, ô mon père, ne reniez pas Jésus-Christ. »
33.
Que signifient
ces paroles : « Afin de vivre longuement »?
Ces paroles « Afin de vivre longuement »
signifient que Dieu récompense souvent même en ce monde l’enfant qui honore
son père et sa mère.
+
Quoique dans l’aisance un homme avait fait mettre son père dans un
hospice. Or, un jour il appelle
son propre fils : « Va, acheter, lui dit-il, un manteau et tu le
porteras au bonhomme qui est à l’hospice. »
Et quand le fils fut de retour : « Père, lui dit-il, j’en
ai acheté un aussi pour vous, quand vous ne pourrez plus rien faire et que je
vous aurai fait mettre à l’hôpital. »
34.
Quels sont les
devoirs des parents envers leurs enfants ?
Les
parents doivent pourvoir aux besoins de leurs enfants, les élever chrétiennement,
les corriger de leurs défauts et leur donner le bon exemple.
35.
Les parents
sont-ils gravement obligés d’élever leurs enfants chrétiennement ?
Oui,
les parents sont gravement obligés d’élever leurs enfants chrétiennement,
et Dieu leur en demandera compte.
36.
Que doivent
faire les parents pour élever chrétiennement leurs enfants ?
Pour élever chrétiennement leurs enfants, les
parents doivent : 1e
leur donner, dès le jeune âge, des habitudes chrétiennes; 2e confier leur éducation à des maîtres chrétiens,
ou tout au moins respectueux de la morale et de la religion;
3e les envoyer au prêtre dès qu’ils ont l’âge de
raison.
+ Dans
son discours de Malines, en 1864, Mgr Dupanloup disait : « Philosophes
et critiques, venez et faites-moi le plaisir, pour le bien-être de l’humanité
souffrante, d’afficher à la 4e page de vos journaux ceci :
« On demande 500.000 héros des deux sexes pour apprendre la prière et
l’alphabet à des enfants malpropres à condition que héros et héroïnes
resteront chastes, patients, persévérants, travailleront dix heures par jour
pour trente sous, et recevront des calomnies pour supplément de salaire en se
refusant même les plaisirs permis. »
Mettez cela dans vos journaux : je paierai l’annonce…Vous riez ?
Vous avez raison… et vous avez tort.
Car cette armée sublime, elle existe.
Un maître unique a pu la créer, l’inspirer; il la lève, il la
recrute, il l’arme et la commande depuis dix-huit siècles, et elle ne demande
d’autre récompense que son sourire et sa bénédiction.
Ce maître, c’est Jésus-Christ.
+ M. de
Mairan, de l’Académie des sciences, raconte qu’il avait connu à Béziers
un père de famille libre penseur, qui avait donné une éducation sans Dieu à
ses trois enfants, deux garçons et une fille.
Cette éducation porta vite ses fruits, et tous trois devinrent insoumis,
joueurs, libertins. Leur pauvre mère,
abreuvée d’amertume, mourut bientôt. Les
enfants, réclamant sa succession, laissent leur père dans la misère.
Bientôt, un des fils périt sur l’échafaud pour ses crimes.
La fille finit ses jours à Bicêtre, asile des mendiants; l’autre
fils, abandonné par une femme infidèle, tomba aussi dans la honte et la misère.
Le pauvre père devint fou, et, dans son délire, il se meurtrissait le
sein et le visage en criant : « Ou sont mes enfants?
Ils sont dans l’abîme. C’est
moi qui le leur ai creusé. » O
malheur d’une éducation sans Dieu !
+ Victor
Hugo disait : « On devrait traîner devant les tribunaux les parents
qui envoient leurs enfants dans les écoles sur la porte desquelles il est écrit :
« Ici on n’enseigne pas la religion. »
+ Un lion
s’échappa un jour d’une ménagerie et se jeta sur un petit enfant qu’il
allait dévorer, lorsque la mère s’élança en s’écriant : « Laisse
mon enfant ! » A ce cri
d’angoisse la bête féroce lâche l’enfant et s’enfuit.
Que les mères aient la vigilance et le courage de cette mère lorsque le
monstre de l’irréligion et de l’immoralité menace leurs enfants, et il
n’y aura pas tant de victimes.
+
Une admirable jeune veuve dont le
P. Ventura a écrit la vie, Virignie Bruni, consacrait chaque jour une
heure entière à expliquer le catéchisme à ses enfants.
On l’a vue, même très malade, trouver dans son zèle maternel assez
de force et d’énergie pour exercer sans interruption ce pieux ministère.
A ceux qui la pressaient de songer à sa santé : « Mon
premier devoir, répondait-elle, est d’instruire mes enfants, et ce devoir,
je ne cesserai de le remplir jusqu’à mon dernier soupir. »
1.
LES SUPÉRIEURS
37.
Ne devons-nous
honorer que nos père et mère ?
Nous
devons encore honorer nos supérieurs, parce que toute autorité vient de Dieu
et que l’obéissance aux supérieurs est nécessaire au bon ordre de la société.
38.
Quels sont les
devoirs des employés, ouvriers et domestiques ?
Les devoirs des employés, ouvriers et domestiques
envers leurs maîtres et patrons sont : de les respecter et de leur obéir
loyalement en tout ce qui n’est pas contraire à la loi de Dieu.
+ Sainte
Zite voyant qu’un domestique de la maison ou elle servait perdait les autres
par des propos contre la pudeur, en avertit la maîtresse, en lui disant que si
elle ne le renvoyait pas, elle serait obligée de la quitter. La maîtresse aima mieux renvoyer un libertin que de perdre
cette sainte fille; et dès lors, les autres serviteurs devinrent de fervents
chrétiens.
+
Les Égyptiens représentaient de la manière suivante un bon serviteur :
ils lui donnaient un grand
nombre d’yeux, parce
qu’il dit être vigilant comme un Argus, prêt au
moindre signe de son maître, et veiller fidèlement sur les biens de ce
dernier; un grand nombre de
mains parce
qu’il doit être prêt à exécuter, avec un zèle infatigable, les ordres
de son maître et de sa besogne journalière; et enfin ils le peignaient avec la langue sous les pieds, pour marquer qu’il doit être discret, parler peu et
ne pas se disculper vis-à-vis de son maître.
(Mehler.)
39.
Quels sont les
devoirs des maîtres et patrons ?
Les devoirs des maîtres et patrons envers leurs inférieurs
sont : de les traiter avec justice et charité, de leur assurer un salaire
équitable et de leur faciliter les moyens de vivre chrétiennement.
+ Rien de
plus touchant que la lettre de saint Paul à Philémon, dont l’esclave avait déserté
la maison de son maître. Saint
Paul ayant converti à la foi ce serviteur infidèle, le renvoie à Philémon et
le lui recommande en ces termes : « Je vous demande votre indulgence
pour Onésime, mon fils, que j’ai enfanté à Jésus-Christ dans ma prison;
recevez-le comme mon enfant chéri; non comme un esclave, mais comme un frère
bien-aimé qui a toutes mes affections et qui doit mieux encore posséder les vôtres,
à cause des liens qui l’attachent à vous et selon la nature et dans le
Seigneur. » Paroles qui nous
apprennent qu’un serviteur doit être cher à son maître non seulement à
cause de son caractère de chrétien, mais encore à cause des rapports mutuels
qui les unissent.
+ Le
Dauphin, père de Louis XV, apprenant qu’un de ses vieux serviteurs se mourait
sans songer à recevoir les sacrements, voulut lui envoyer son propre
confesseur; puis il fit mieux, il se rendit lui-même auprès de lui,
l’exhorta à faire ses devoirs religieux.
Le pauvre mourant fut si touché de cette démarche de son bon maître,
qu’il se prépara aussitôt à recevoir les sacrements et fit une mort chrétienne.
+
Madame de Boisy, mère de saint François de Sales, faisait elle-même,
avec les gens de sa maison, une lecture pieuse, après le dîner et la prière
en commun le soir.---Madame de Chantal, souvent vers le milieu du jour, venait
coudre et filer auprès des domestiques, profitant de ce moment pour élever
doucement, par de pieuses et aimables causeries, leurs esprits grossiers à la
connaissance et à l’amour de Dieu. De
tels maîtres doivent rendre bons tous ceux qui sont à leur service.
III .
LA PATRIE
40.
Quels sont les
devoirs à remplir envers la patrie ?
Les
devoirs à remplir envers la patrie sont : de l’aimer, d’obéir à
ses lois justes et, quand il est nécessaire, de se dévouer à son service et
à sa défense.
41.
Faut-il obéir
aux représentants de l’autorité publique ?
Oui,
il faut obéir aux représentants de l’autorité publique, à moins qu’ils
ne commandent des choses contraires à la conscience.
42.
Est-ce un
devoir grave de voter pour élire les représentants de l’autorité publique ?
Oui,
c’est un devoir grave de voter pour élire les représentants de l’autorité
publique, et de ne voter que pour des hommes respectueux de la justice, de la
morale et de la religion.
L
E Ç O N X
Du
cinquième commandement de Dieu
43.
Récitez le
cinquième commandement de Dieu.
Homicide
point ne seras,
de fait ni volontairement.
44.
Que défend le
cinquième commandement ?
Le cinquième commandement défend de donner ou de
souhaiter la mort, soit au prochain, soit à nous-même.
+ Châtiments
des assassins : après le meurtre d’Abel, Caïn
ne trouva plus de repos (Gen.,IV,16).---Aman,
le favori du roi de Perse Assuérus qui avait obtenu
l’autorisation de faire massacrer tous les juifs du royaume en un jour, fut
pendu lui-même à la potence qu’il avait fait préparer pour Mardochée (Est.,III).---Saül
qui avait
souvent attenté à la vie de David et avait fait exécuter injustement le grand
prêtre avec 80 autres prêtres, se suicida (I,Rois, XXII-XXXI).---Pharaon
avait fait noyer dans le Nil tous les petits enfants mâles
des Hébreux, et lui-même avec tous ses combattants fut submergé dans la mer
Rouge (Ex., XIV).---La mort de Jésus fut terriblement vengée en Judas,en Pilate,
et en tout le
peuple juif au siège de Jérusalem ou périt près d’un million de juifs.
(Spirago.)
+ Achab,
roi d’Israël, convoitait la vigne du pauvre Naboth et en voulait agrandir ses
jardins. Naboth tenait avec raison
à l’héritage de ses pères, et il refusa de la vendre. Jézabel, la femme du roi, le fit mettre à mort, afin de
s’emparer de sa vigne. Mais voici
que le prophète Élie vint trouver Achab et lui dit de la part de Dieu :
« Sachez qu’au même lieu ou les chiens ont léché le sang de Naboth,
ils se désaltéreront du vôtre. Jézabel
sera mangée des chiens. » Cette
terrible sentence s’exécuta à la lettre.
+ L’historien
Plutarque raconte le fait suivant : Un certain Bessus avait tué son père.
Bien que le meurtre ne fût pas connu, cependant des pensées effrayantes
tourmentaient son intérieur. Un
jour, il alla se promener avec quelques amis.
Dans le voisinage il y avait des corbeaux qui se mirent à croasser.
Bessus, oubliant qu’il avait ses amis avec lui dit avec colère aux
corbeaux : « Que me venez-vous toujours reprocher la mort de
mon père ? » Ses amis
s’arrêtèrent saisis de stupeur. On
fit une enquête et le crime fut découvert.---La conscience avait parlé.
+
L’empereur Constant II avait fait assassiner inhumainement son frère
Théodose. D’affreux remords présentèrent
dès lors sans relâche, à son esprit, l’image de son frère.
Théodose sanglant le poursuivait sans cesse une coupe à la main, en
lui disant : « Bois, frère barbare, le sang de ton frère. »
Vainement Constant voulait fuir ce fantôme, la funeste image était
toujours devant lui, ne lui laissant ni trêve, ni sommeil.
Ce supplice dura jusqu’à ce qu’il trouva la mort dans un bain, ou
il fut assommé avec un vase de bronze, l’an 668.
45.
Est-il
quelquefois permis de donner la mort au prochain ?
Oui, il est quelquefois permis de donner la mort au
prochain : 1e pour punir un criminel condamné par la justice :
2e pour défendre sa patrie contre les ennemis :
3e pour se défendre soi-même quand on ne peut protéger sa
vie autrement.
+
David fit
exécuter sans pitié les criminels du pays, et il ne pécha point.
« Je retrancherai chaque matin, dit-il, tous les méchants du
pays afin d’exterminer de la cité du Seigneur tous les ouvriers d’iniquité. »---Les
fils de Lévi ne
péchèrent pas davantage, lorsqu’un jour, par ordre de Dieu, ils tuèrent
dans un combat plusieurs milliers d’hommes.
Après le combat, Moïse leur parla ainsi : « Aujourd’hui,
vous avez consacré vos mains à l’Éternel. »
(Exode, XXXII,29.) --- Abner
ne pécha
pas non plus en tuant Azaël pour sa défense légitime. Azaël poursuivant Abner, car il voulait avoir l’honneur de
l’avoir tué. Et Abner lui cria :
« Retirez-vous, et ne me poursuivez pas davantage, de peur que je
ne sois forcé de vous percer de ma lance! »
Mais Azaël ne fit pas attention à cette menace, de sorte qu’Abner
lui donna un coup de lance qui le jeta mort par terre.
(II,Rois, II,22.) (Mehler.)
46.
N’est-il
jamais permis de se donner la mort ?
Non, il n’est jamais permis de se donner la mort,
quelque malheureux qu’on soit, parce que Dieu seul est maître de notre vie.
+ « Je
crois que la mort patiente du dernier des mendiants sur la paille est plus
sublime que la mort impatiente de Caton sur le tronçon de son épée.
Mourir c’est fuir. On ne fuit pas. » (Lamartine.)
+ A peine
le traître Judas a-t-il livré à la haine des juifs son Maître et son Dieu
qu’il s’abandonne par le désespoir aux puissances de l’enfer, et termine
sa vie en s’étranglant lui-même. « C’est
pour son crime qu’il se tua, dit saint Augustin, mais par un second crime. »
+ Voici
les lignes trouvées sur la table d’un jeune homme qui s’était suicidé :
« Un bon conseil m’aurait sauvé, je ne l’ai pas trouvé dans mes
livres; ce sont eux qui m’ont fait perdre avec le respect de moi-même, ma
vertu et ma foi. »
+
Le 25 avril 1796, une jeune femme se jeta du Pont-Royal dans la Seine.
Les secours pour la sauver furent inutiles; on trouva sur elle le
dernier volume d’un roman détestable, et en l’examinant attentivement, on
découvrit sur un des feuillets ces mots écrits des mains de la jeune dame :
« Je fus trahie comme elle, je dois périr comme elle. »---Voilà
ou conduit la lecture des romans. (Mérault.)
47.
A quoi
s’expose celui qui se donne la mort ?
Celui
qui se donne la mort s’expose à la damnation éternelle, puisque
ordinairement il n’a pas le temps de faire pénitence de son crime.
48.
De quel crime
se rendent coupables ceux qui se battent en duel ?
Ceux qui se battent en duel commettent un double
crime, en s’exposant eux-même à la mort et en cherchant à la donner aux
autres.
+ Le
comte de Salles, attaqué par un faux brave qu’il avait repris de ses blasphèmes
lui répondit : « Après avoir osé défendre la cause de Dieu, je ne
dois pas la trahir pour les fausses maximes d’un honneur mal entendu. »
+ Gustave-Adolphe,
roi de Suède, comme tous les grands rois, ne voyait dans le duel qu’une
monstruosité digne des barbares. Il l’avait donc proscrit.
Malgré cela, deux officiers, voulant se battre, lui en demandèrent la
permission. Le roi la leur donna,
à condition d’être témoin. Il
leur fixa le jour et l’heure. Le
moment venu, il se rendit au théâtre du duel avec un petit corps
d’infanterie qu’il plaça autour des champions : « Allons,
dit-il, battez-vous jusqu’à ce qu’un de vous succombe. »
Et s’adressant au bourreau de l’armée qu’il avait fait venir :
« Dès qu’il y en aura un de tué, tu couperas devant moi la tête à
l’autre. » Les deux
officiers, en entendant ce langage, restent interdits.
Ils demandèrent pardon au roi et s’embrassèrent.
La leçon fut bonne et de longtemps on n’entendit parler de duel dans
les armées suédoises.
+
Victor Noir avait provoqué Paul de Cassagnac en duel.
Sa lettre était remplie d’incorrections : « Comme offensé,
répondit Cassagnac, j’ai le choix des armes, je choisis l’orthographe.
Vous êtes mort! »
49.
Par ce
commandement, Dieu défend-il seulement de donner la mort ?
Par
ce commandement, Dieu ne défend pas seulement de donner la mort, il défend
encore tout ce qui peut nuire au prochain dans son corps ou dans son âme.
50.
Comment peut-on
nuire au prochain dans son corps ?
On peut nuire au prochain dans son corps, non
seulement en le tuant, mais en le blessant ou en le frappant injustement.
+
L’aréopage d’Athènes condamna un jour à mort un enfant qui avait
crevé les yeux à une caille et après l’avait laissée s’envoler.
Il jugea qu’avec de tels instincts cet enfant ne pouvait devenir
qu’un homme dangereux et pervers. (Quintilien, Inst.,V,9.)
51.
Comment peut-on
nuire au prochain dans son âme ?
On
peut nuire au prochain dans son âme en le portant à pécher par des parole,
des écrits ou des exemples : c’est ce qu’on appelle le scandale.
52.
Pourquoi le
scandale est-il un péché ?
Le scandale est un péché parce qu’il s’attaque
à la vie de l’âme, et que celui qui scandalise est responsable du mal
qu’il fait commettre.
Exemples de scandale.---La conduite des enfants du grand prêtre Héli, Ophni,
et Phinées, qui par leurs vexations et leurs désordres détournaient le
peuple d’Israël de venir sacrifier au Seigneur.---Celle de la femme de
Putiphar qui voulait attenter à la chasteté de Joseph.---Celle des infâmes
vieillards qui cherchèrent à séduire Suzanne.---Celle de Jéroboam, qui pécha
et fit pécher Israël, en lui faisant adorer des idoles.
53.
A quoi sont
obligés ceux qui ont nui au prochain ?
Ceux qui ont nui au prochain sont obligés de réparer
le tort qu’ils lui ont fait, soit dans son corps, soit dans son âme.
+ Cette
obligation de réparer effrayait l’hérétique Bérenger. On l’entendit s’écrier sur son lit de mort :
« Bientôt, je paraîtrai devant le tribunal de Dieu; mes péchés à moi,
j’en espère le pardon, car j’en ai fait une sévère pénitence; mais je
crains d’être perdu à cause des péchés de ceux que j’ai séduits, car je
ne vois pas de moyen de réparer le mal que j’ai fait. »
+
En passant dans les rues de Madrid, le carrosse d’Alphonse XIII, roi
d’Espagne, heurta un petit enfant. Le
roi descendit aussitôt et donna 200 francs à l’enfant.
La foule témoin de cette générosité fit une longue ovation au roi.
L
E Ç O N X I
Du
sixième et du neuvième commandement de Dieu
54.
Récitez le
sixième commandement de Dieu.
Luxurieux
point ne seras,
de corps ni de consentement.
55.
Récitez le
neuvième commandement de Dieu.
L’œuvre
de chair ne désireras
qu’en mariage seulement.
56.
Que défendent
ces deux commandements ?
Ces deux commandements défendent les pensées, désirs,
paroles, regards et actions contraires à la pureté.
+ On vit
plus d’une fois l’empereur Charlemagne fermer sa fenêtre et tirer ses
rideaux pour n’être pas exposé à voir passer dans la rue des personnes du
sexe trop élégamment parées. (Lohner.)
+
Saint Louis de Gonzague craignait tellement que les yeux ne fussent
pour lui une occasion de scandale, qu’il n’osait pas même regarder en
face les personnes de sa famille.
57.
L’impureté
est-elle un grand péché ?
Oui, l’impureté est un grand péché, parce
qu’elle souille l’âme et le corps, devenus par la grâce le temple du
Saint-Esprit.
+ La
Mer Morte.---C’est une grande nappe de pétrole, sans ride,
immobile, tel un cadavre dans un cercueil.
L’immobilité de la mort et la couleur de la mort.
L’eau est limpide; on voit le fond, du moins sur les
bords, à travers les couches vertes.
Mais l’eau est huileuse; si vous y plongez la main,
elle vous glisse sur la main comme s’il y avait de la graisse; elle est
visqueuse. On peut goûter, en
ayant soin de ne pas l’avaler; au reste, on n’en a pas envie.
Cette eau vous mord la dent et les gencives, et elle vous empeste la
bouche, y laissant un goût de pétrole, de goudron, de potasse, et autre chose
encore. Elle est très mauvaise,
salée, âcre et nauséeuse.
Cette eau, entassée dans ce bas-fond, est une eau
maudite et morte; ni plantes, ni poissons; rien que la solitude et la mort dans
les profondeurs empestées, depuis les convulsions qui vomirent le feu, les gaz
mortels, l’épouvante biblique.
Ni sillages, ni sursauts de poissons; ni vols, ni
chant d’oiseaux. Cette mer stérile,
entre des montagnes sauvages, a un aspect sinistre qui remplit d’épouvante.
(Sem. relig., 2 août 1910.)
+
« J’ai vu ces malheureuses victimes d’une passion dévorante
offrir à la fleur de l’âge l’image de la décrépitude.
Le front chauve, les joues haves et creuses, le regard plein d’une
tristesse stupide, le corps chancelant et comme courbé sous le poids du vice,
épuisé de vie, déjà hideusement en proie à la dissolution; à leur aspect
on croirait entendre le pas du fossoyeur, se hâtant de venir enlever un
cadavre. » (Lamennais.)
58.
Quelles sont
les occasions qui conduisent le plus ordinairement à l’impureté ?
Les occasions qui conduisent le plus ordinairement à
l’impureté sont : les mauvaises compagnies, les lectures et les
spectacles déshonnêtes, les danses et les mises immodestes.
+ Madame
de Chantal, dit l’auteur de son histoire, s’efforçait d’établir dans
l’âme de ses filles l’amour du travail.
Dès qu’elles surent tenir l’aiguille, elle leur apprit à broder des
nappes pour les autels, à coudre des habits pour les pauvres, à ne jamais
rester oisives. En habituant ainsi
ses enfants à une vie très active et toujours occupée, Madame de Chantal
supprimait une partie des dangers qu’elles devaient plus tard rencontrer dans
le monde. L’oisiveté n’est-elle pas, en effet, la mère de tous
les vices ?
+ D’après
le récit des Actes des apôtres (ch.XIX, 19), les nouveaux convertis d’Éphèse
apportèrent eux-mêmes leurs
mauvais livres aux
pieds des apôtres et les brûlèrent, quoiqu’il y en eût pour une somme
considérable.
+ Rousseau
a dit : « On se plaint que les romans troublent les têtes; je le
crois bien. En montrant sans cesse
à ceux qui les lisent les prétendus charmes d’un état qui n’est pas le
leur, ils les séduisent, leur font prendre leur état en dédain, et en font
faire un échange imaginaire contre celui qu’on leur fait aimer.
Voulant être ce qu’on n’est pas, on parvient à se croire autre
chose que ce qu’on est, et voilà comme on devient fou. »
+ Ozanam,
un des plus célèbres littérateurs de notre siècle, arrivait pour la première
fois à Paris; il avait une lettre à remettre à M. de Chateaubriand, auquel on
le recommandait. Il osait à peine
aborder celui que Charles X appelait une puissance du monde. Cependant, surmontant ses craintes, il se présente chez lui.
Chateaubriand revenait de la messe; il accueille le jeune homme avec bonté, lui
donne quelques conseils et lui demande s’il se propose d’aller au théâtre.
Ozanam répond qu’il a promis à sa mère de l’éviter.
« Je vous conjure, reprend Chateaubriand en embrassant le jeune
homme, de suivre les conseils de votre mère. »
Depuis lors, Ozanam se souvint des paroles de
Chateaubriand, et s’en servait quand il voulait triompher des instances que
lui faisaient ses camarades pour le mener au théâtre.
+ Quelqu’un
ayant demandé à saint François de Sales ce qu’il pensait des bals :
« Ce que je pense des champignons, les meilleurs ne valent rien! répondit-il.
+ Alipius,
ami de saint Augustin, avait en horreur les spectacles sanglants de son temps.
Il y fut entraîné malgré lui par ses amis.
Il y assista d’abord en fermant les yeux mais un cri de la multitude
les lui fit ouvrir, et il sortit du spectacle passionné pour ces amusements
profanes. Qu’on ne se flatte donc pas de tenir ferme au milieu des séductions.
+
L’ami des insensés leur devient semblable. L’expérience
confirme tous les jours cette parole du Saint-Esprit. Joseph Arger, jeune homme de 23 ans, fut condamné à mort au
mois de mai 1844, par la cour d’assise de la Seine-Inférieure.
Arrivé au pied de l’échafaud, il demande à parler à la foule qui
était immense : « Je vais mourir, parce que j’ai fréquenté de
mauvaises compagnies. Six
semaines ont suffi. C’est
Decaut qui m’a perdu. Je lui
pardonne. Adieu, mon pauvre père
! » Et sa tête tomba sous
le couteau fatal. Decaut fut
condamné aux travaux forcés. Voilà
ou conduisent les mauvaises compagnies.
59.
Que faut-il
faire pour éviter le péché de l’impureté ?
Pour éviter le péché de l’impureté, il faut en
fuir les occasions, recourir souvent à la prière, fréquenter les sacrements
et avoir une grande dévotion à la Sainte Vierge.
+ Saint
Benoît, pour étouffer une tentation violente d’impureté, se roulait nu sur
des orties et des épines.
+ Saint
François entra dans un étang glacépour résister à une semblable tentation,
et saint Bernard fit de même pour se punir d’un regard indiscret qu’il
avait eu sur le visage d’une personne du sexe.
+ Saint
Thomas, quoique favorisé de Dieu du don de chasteté, s’imposa pour règle de
ne jamais regarder aucune femme.
+ Un
jour, un ermite demandait à un vieillard : « Que me faudra-t-il
faire, mon père, quand je serai tourmenté par des pensées impures? »
Le vieillard lui fit cette réponse : « Vous penserez à la
mort et aux peines réservées aux pécheurs dans l’autre vie.
Cette pensée opérera comme une médecine amère, et vous fera perdre le
plaisir que vous goûtez dans les pensées impures. »
+ Sages
réponses de personnes à qui on proposait de pécher : « En péchant, je désobéirais à Dieu pour obéir au
démon. Quelle ingratitude! Quelle
folie! » --- « Comment pourrais-je commettre un si grand crime, et pécher
contre Dieu! » (Joseph à la femme de Putiphar.) --- Il m’est bien plus
avantageux de mourir que de pécher en la présence du Seigneur. »
(Suzanne.) --- « Nous devons obéir à la loi de Dieu plutôt qu’au roi. »
(Les Macchabées.) « En me
proposant d’offenser Dieu et de perdre mon âme par le péché, que me
donnerez-vous si je me révolte contre lui et si je perds mon âme? » ---
« J’ai en Dieu un maître si grand, si bon, si libéral qu’il ne m’a
jamais fait que du bien, de qui j’attends une vie, une gloire, une félicité
éternelles, et vous voulez que je l’offense, que je me déclare son ennemi,
que je consente à encourir sa colère, ses vengeances! » --- « Avant
que de pécher, cherchez un lieu ou Dieu ne soit pas, ou il ne vous voie pas, ou
il ne puisse pas vous ôter à l’instant même la vie et vous précipite dans
l’enfer. » --- « Retirez-vous! Ne serais-je pas bien insensé de
m’empoisonner pour goûter quelques instants la douceur d’un poison qui me
ferait aussitôt beaucoup souffrir, me rendrait digne de la mort éternelle, et
me la donnerait infailliblement, si je ne versais pas ensuite des larmes très
amères! » (Devoirs du chrétien, par F.P.B.)
+
« Il faut, dit saint Cyprien, éloigner son navire des écueils
si l’on ne veut le voir échouer. Il
faut enlever de bonne heure les meubles d’une maison qui brûle, et ne pas
attendre que les flammes les aient investis.
Nul n’est longtemps en sûreté aupès du danger.
Les papillons qui voltigent autour de la chandelle finissent par s’y
brûler les ailes, et celui qui s’endort sur le parapet du pont court grand
risque de se réveiller dans la rivière.
L’agneau qu’on enferme avec le loup dans une même cage n’y bêlera
pas longtemps. »