L E Ç O N   XI

 

Cinquième article du Symbole

 

D e   l a   d e s c e n t e   a u x   e n f e r s   e t   d e   l a    r é s u r r e c t i o n   d e   

J é s u s -  C h r i s t

 

 

27.  Récitez le cinquième article du symbole.

Est descendu aux enfers, et le troisième jour est ressuscité d’entre les morts.

 

28.  Que signifient ces paroles :  Est descendu aux enfers ?

Ces paroles  « est descendu aux enfers »  signifient qu’après la mort de  Jésus-Christ, son âme alla visiter les âmes des justes et leur annoncer que la rédemption était accomplie. 

 

29.  Que faut-il entendre ici par les enfers ?

Il faut entendre ici par les enfers, qu’on appelle encore les limbes, le lieu ou les âmes des justes morts avant Jésus-Christ attendaient la venue du Sauveur pour être admises dans le ciel. 

 

30.  Que signifient ces paroles :  le troisième jour est ressuscité d’entre les morts ?

Ces paroles  «  Le troisième jour est ressuscité d’entre les morts »  signifient que le troisième jour après sa mort, Jésus-Christ réunit son âme à son corps par sa Toute-Puissance et sortit vivant du tombeau.   

 

Récit évangélique.---  En ce temps-là, Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé, achetèrent des aromates pour aller embaumer Jésus.  Et le premier jour de la semaine, étant parties de grand matin, elles arrivèrent au sépulcre au lever du soleil.  Elles se disaient entre elles :  Qui nous ôtera la pierre de l’entrée du sépulcre?    Mais, en y regardant, elles virent que cette pierre, qui était fort grande, avait été ôtée.  Puis, entrant dans le sépulcre, elles virent un jeune homme, assis du côté droit, vêtu d’une robe blanche, et elles en furent effrayées.  Mais l’ange leur dit :  Ne craignez point; vous cherchez Jésus de Nazareth, qui a été crucifié ;  il est ressuscité, il n’est point ici; voici le lieu ou on l’avait mis.  Allez, dites à ses disciples et à Pierre qu’il les précédera en Galilée; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.  ( S. Marc, XVI. )

 

+  Interrogée sur sa religion par un juge païn, sainte Marguerite répondit qu’elle était chrétienne. --- Comment adorer un homme qui a été crucifié ? --- Comment savez-vous qu’il a été crucifié ? --- Par vos livres. --- Ces mêmes livres nous apprennent qu’il est ressuscité et nous devons le croire.  Et elle mourut martyre.

 

+  Après la Révolution française, Réveillère voulait introduire une nouvelle religion.  Il alla trouver le fameux révolutionnaire Barras.  «  Si vous voulez supplanter la religion chrétienne, lui dit celui-ci, imitez au moins le Christ ;  faites-vous mettre à mort le vendredi et tâchez de ressusciter le dimanche. »  Réveillère ne se hasarda pas à suivre ce conseil.

 

+  Lorsque Alphonse, roi de Portugal, marcha inquiet et soucieux, contre cinq rois sarrasins pour leur livrer bataille, Jésus-Christ, l’encouragea durant une vision et lui commanda de faire broder un étendard avec la représentation des cinq plaies, de le porter devant lui pendant le combat, et lui dit qu’il triompherait ainsi de ses ennemis, comme il avait triomphé lui-même du démon par ses saintes plaies et par sa mort.  Alphonse obéit et remporta une brillante victoire. ( Mehler. )

 

31.  Quel jour célébre-t-on la résurrection de Jésus-Christ ?

On célèbre la résurrection de Jésus-Christ le jour de Pâques.

 

32.  Comment savons-nous que Jésus-Christ est ressuscité ?

Nous savons que Jésus-Christ est ressuscité par le témoignage des apôtres et des autres disciples à qui Jésus-Christ est apparu et qui sont morts pour confirmer leur témoignage.

 

Récit évangélique.---  En ce temps-là, sur le soir du même jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu ou les disciples se tenaient réunis dans la crainte des juifs étant fermées, Jésus vint, parut au milieu d’eux, et leur dit :  La paix soit avec vous.  Et, après ces paroles, il leur montra ses mains et son côté.  Les disciples furent remplis d’une grande joie en voyant le Seigneur.  Il leur dit encore une fois :  La paix soit avec vous.  Comme mon Père m’a envoyé, je vous envoie moi-même.  A ces mots, il souffla sur eux et leur dit :  Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez.  Or, Thomas, l’un des douze, appelé Didyme, n’étais pas avec eux, lorsque Jésus vint.  Les autres disciples lui dirent ;  Nous avons vu le Seigneur.  Mais il leur répondit :  Si je ne vois pas la marque des clous dans ses mains, et si je ne mets mon doigt dans le trou des clous, et ma main dans la plaie de son côté, je ne croirai point.  Huit jours après, comme les disciples étaient encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint les portes étant fermées, et, paraissant au milieu d’eux, il leur dit :  La paix soit avec vous.  Il dit ensuite à Thomas ;  Mettez ici votre doigt, et voyez mes mains; approchez aussi votre main, et mettez-la dans mon côté, et ne soyez plus incrédule, mais fidèle.  Thomas lui répondit :  Mon Seigneur et mon Dieu.  Vous avez cru, Thomas, lui dit Jésus, parce que vous m’avez vu; heureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru. 

 

33.  Que fit Jésus-Christ après sa résurrection ?

Après sa résurrection, Jésus-Christ demeura quarante jours sur la terre pour achever d’instruire ses apôtres et les préparer à leur mission. 

 

 

 

L E Ç O N   XII

 

Sixième et septième articles du Symbole

 

D e   l’ A s c e n s i o n   d e   J é s u s – C h r i s t   e t   d u   j u g e m e n t   g é n é r a l

 

 

34.  Récitez le sixième article du symbole ?

Est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant.

 

35.  Que signifient ces paroles :  Est monté aux cieux.

Ces paroles :  «  Est monté aux cieux », signifient que Jésus-Christ s’est élevé au ciel par sa propre puissance, en présence d’un grand nombre de ses disciples. 

 

36.  Quand Jésus-Christ est-il monté aux cieux ?

Jésus-Christ est monté aux cieux quarante jours après sa résurrection, le jour que nous appelons l’Ascension.

 

37.  Pourquoi Jésus-Christ est-il monté aux cieux ?

Jésus-Christ est monté aux cieux pour y prendre possession de sa gloire et nous y préparer une place :  Pour être notre intercesseur auprès de son Père et nous envoyer le Saint-Esprit.

 

38.  Que signifient ces paroles :  Est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant ?

Ces paroles « Est assis à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant » signifient que dans le ciel Jésus-Christ a la même gloire et la même puissance que son Père. 

 

39.  Ou est maintenant Jésus-Christ ?

Jésus-Christ comme Dieu est partout ;  Jésus-Christ comme homme-Dieu est au ciel et dans l’Eucharistie.

 

+  Saint Philippe de Néri alla, un jour, faire visite à une sœur de Sainte-Marthe, appelée Scolastique, qui croyait être damnée.  «  Le paradis est à vous, lui dit-il. --- Oh ! impossible, mon Père. --- C’est là votre folie.  Voyons, pour qui Jésus-Christ est-il mort ?  --- Pour les pécheurs. --- Eh bien, vous êtes une grande pécheresse, dons Notre-Seigneur est mort pour vous sauver et le ciel est à vous. »  Ces paroles rendirent la paix à catte Bonne âme.  Si quelqu’un a péché, nous avons pour avocat auprès du Père Jésus-Christ.  Donc, toujous confiance; mais conversion…

 

+  Saint Martin mourant répondit à ses disciples qui le priaient de se tourner de côté afin de se soulager un peu :  «  Laissez-moi, dit-il, regarder le ciel plutôt que la terre; ne m’empêchez pas de contempler la voie que mon âme devra bientôt parcourir pour aller à Dieu. » 

 

+  Saint Augustin avait parlé si souvent à son peuple d’Hippone du royaume des cieux, que lui ayant dit un jour :  «  Je suppose que Dieu vous promette de vivre cent ans, mille ans même, dans l’abondance de tous les biens de la terre, mais à condition de ne jamais régner avec lui… »  Alors un cri s’éleva dans toute l’assemblée : «  Que tout périsse et que Dieu nous reste. »  Pereant universa.  ( Vie de S. Augustin.  )

 

40.  Récitez le septième article du symbole.

D’ou il viendra pour juger les vivants et les morts.

 

41.  Que nous enseigne le septième article du symbole ?

Le septième article du symbole nous enseigne qu’à la fin du monde, Jésus-Christ viendra visiblement sur la terre pour juger tous les hommes :  ce sera le jugement général.

 

+  Mané, Thecel, Pharès.  Quand Balthazar, roi de Babylone, vit une main mystérieuse qui écrivait sa condamnation, son visage se changea soudain, ses pensées se troublèrent, ses nerfs se détendirent, un frisson convulsif ébranla tous ses membres, et ses genoux se choquèrent.  A ses cris, on accourut pour le calmer; mais son armée et sa cour y furent impuissantes.  Ce n’était pourtant que la main de l’ange de la vengeance.  Qu’en sera-t-il quand le pécheur verra la face de son juge irrité ?

 

+  Un jeune homme, selon le rapport de saint Vincent Ferrier, fut transporté en songe au tribunal de Jésus-Christ; il fut si frappé de l’appareil avec lequel on allait le juger, de la majesté de son souverain Juge, des différentes interrogations qu’on lui fit et auxquelles il ne put rien répondre, qu’à son réveil il était couvert de sueur et frissonnant.  Il fit alors cette réflexion :  «  Ce que j’ai vu en songe doit se réaliser, et bientôt, ce sera peut-être cette nuit. »  Il remercia Jésus-Christ de ce que ce n’était pas réellement, mais seulement en songe, qu’il avait paru à son tribunal.  Il prit une ferme résolution de faire une sincère pénitence, et de préférer la mort au moindre péché.  ( Science du catéchisme. )

 

+  Henri IV s’égara dans une forêt obscure.  Pressé par la soif, il frappe à la porte d’une chaumière et demande à se désaltérer.  Le maître de la maison, qui ne le connaît pas, détache le seul fruit qui pendait à son arbre pour le lui donner; peu après, le roi revient à la chaumière avec ses habits royaux et comble de largesses celui qui lui a rendu ce service.  C’est Jésus-Christ, caché sous les haillons du pauvre, que nous obligeons en faisant l’aumône.  Au jour du jugement, en se montrant à nous dans sa gloire, il nous récompensera royalement, ou plutôt divinement. 

 

+  Un verre d’eau froide ne restera pas sans récompense.  Un soldat romain, sous le  poids des plus graves accusations, fut traduit au tribunal de Jules César.  Mais avant que fût prononcée sa sentence, le soldat dit à son juge ;  «  Vous souvient-il qu’en parcourant les plaines d’Espagne vous vous assîtes sous un arbre accablé par la soif, et qu’un soldat vous donna à boire ?  Ce soldat, c’était moi. »  Et César le regardant plus attentivement le reconnut; et au lieu de le condamner, il le combla de faveurs.  Quels éloges ne donnera donc pas Notre-Seigneur aux élus qui auront fait quelque chose pour son amour ?

 

42.  Pourquoi y aura-t-il un jugement général ?

Il y aura un jugement général pour confondre les méchants, glorifier les bons et montrer le triomphe de la justice de Dieu. 

       

 

 

L E Ç O N    XIII

 

Huitième article du Symbole

 

D u     S a i n t – E s p r i t

 

43.  Récitez le huitième aticle du Symbole.

Je crois au Saint-Esprit.

 

44.  Qu’est-ce que le Saint-Esprit ?

Le Saint-Esprit est la troisième personne de la Sainte Trinité, qui procède éternellement du Père et du Fils.

 

45.  Ou est le Saint-Esprit ?

Le Saint-Esprit est partout, puisqu’il est Dieu; mais il habite d’une manière particulière dans les âmes des justes.

 

46.  Que fait le Saint-Esprit dans les âmes ?

Le Saint-Esprit sanctifie les âmes; il les éclaire de ses lumières et les porte au bien. 

 

+  Saint Léonides, père de l’illustre Origène, soulevait d’une main toute tremblante de respect et d’émotion le voile qui couvrait le berceau de son fils, déposait sur sa poitrine un religieux baiser en s’écriant :  «  Voilà le plus beau temple de la Divinité sur la terre. »

 

47.  Par quels moyens recevons-nous ordinairement le Saint-Esprit ?

Nous recevons ordinairement le Saint-Esprit par les sacrements, et en particulier par le sacrement de Confirmation.

 

+  Saint Antoine l’Ermite (+ 356), reçut l’influence du Saint- Esprit par un sermon sur le jeune homme riche; --- les juifs de Jérusalem, par le sermon des apôtres, le jour de la Pentecôte; --- saint Ignace de Loyola (+1556), par la lecture de la Passion et de la Vie des saints; --- saint François d’Assise (+1226), par une maladie; --- saint François Borgia (+1572), par l’aspect du cadavre de la reine Isabelle; --- saint Norbert (+1134), par le danger ou le mit un coup de foudre; --- l’Enfant prodigue, par sa profonde misère, etc.  (Spir.)

 

48.  Le Saint-Esprit s’est-il quelquefois manifesté d’une manière visible ?

Oui, le Saint-Esprit s’est manifesté d’une manière visible, le jour du baptême de Notre-Seigneur, sous la figure d’une colombe, et aussi le jour de la Pentecôte, en descendant en forme de langue de feu sur la Sainte Vierge et sur les apôtres.

 

49.  Que produisit le Saint-Esprit dans les Apôtres ?

Le Saint-Esprit remplit les apôtres de science et de force pour annoncer l’Évangile et établir partout l’Église de Jésus-Christ.

 

+  Par la seule invocation du nom de Jésus, les apôtres opèrent les plus grands prodiges pour confirmer la religion qu’ils prêchent; ainsi, saint Pierre guérit les boiteux de naissance (Act., III, 1), rend l’usage de ses membres au paralytique couché depuis huit ans sur son grabat, ressuscite Tabithe (Act., IX), frappe de mort subite Ananie et Saphire (Act.,1); les malades exposés dans les places publiques sont guéris par la seule ombre du même apôtre.  Saint Paul frappe d’un aveuglement soudain un fameux magicien, nommé Barjésus (Act., XIII); il guérit à Lystre un boiteux qui n’avait jamais marché (Act., XIV); il ressuscite un jeune homme nommé Eutique, qui s’était tué en tombant d’un troisième étage (Act., XX,I); il opère des prodiges si étonnants que les païens le regardent comme un dieu et veulent lui offrir des sacrifices (Act., XIV,II).  En voilà bien assez pour faire voir l’accomplissement de cette parole de Jésus-Christ :  «  Ceux qui croiront en moi feront les mêmes prodiges, et des prodiges plus grands que ceux que je fais. »

 

+  Rappelons ici une des plus belles pages de saint Jean Chrysostome :  «  Je vois, dit-il, Pierre, qui vêtu d’un habit modeste, un bâton à la main, s’avance, armé d’une croix de bois, au milieu des religions dissolues d’un monde vieilli dans la corruption.  Je lui demande : «  Pierre, ou vas-tu ? --- Je vais à Rome. --- Qu’y prétends-tu faire? --- Subjuguer la maîtresse de l’univers, renverser son capitole, détruire ses autels, anéantir ses simulacres, et, malgré son orgueil, la faire tomber aux pieds d’un homme attaché à la croix. --- Quelle entreprise !  Et, pour y réussir, ou sont tes ressources, tes appuis, tes soldats ? --- Je n’en ai point; si l’univers était pour moi, je serais moins sûr de vaincre; je suis invicible, parce que je suis seul, parce que je n’ai que cette croix de bois. --- Es-tu sage ? et fut-il jamais entreprise plus marquée au coin de la témérité et de la folie ?  ---Témérité et folie tant qu’il vous plaira, le ciel me répond du succès. »

 

+  La France est la fille aînée de l’Église.---  Dans une bataille contre les Alamans, Clovis, roi des Francs, vit son armée en désordre et lui-même exposé à tomber entre les mains de ses ennemis; alors il invoqua le Dieu de Clotilde, sa femme, qui était chrétienne, en promettant de l’adorer s’il obtenait la victoire; sa prière fut exaucée, et de retour à Reims, il fut baptisé par saint Rémi, évêque de cette ville, avec un grand nombre de ses officiers.

 

+  Le don des langues s’est renouvelé plus d’une fois : saint Vincent Ferrier, ce grand missionnaire du XIVe siècle, prêchait toujours en espagnol ou en latin, et il était néanmoins compris des Français, des Bretons, des Grecs, des Allemands, des Anglais, des Hongrois et des autres étrangers qui affluaient à ses sermons.  On raconte la même chose de saint Antoine de Padoue et de saint François Xavier, apôtre des Indes et du Japon.  Nous trouvons à ce sujet un trait fort intéressant dans la vie de saint Dominique.  En allant à Paris, il avait rencontré des Allemands qui lui avaient rendu toutes sortes de services; pour les récompenser, il aurait bien voulu leur adresser quelques bonnes paroles, mais il ne savait pas leur langue.  «  Mon frère, dit-il, à son compagnons, prions Dieu de nous accorder de parler allemand, afin d’annoncer Jésus-Christ à ces braves gens. »  Ils obtinrent ce qu’ils avaient demandé, et, pendant quatre jours, ils s’entretinrent avec eux.  (Bon Pasteur, Vie des Saints, passim.)

 

 

 

L E Ç O N   XIV

 

Neuvième article du Symbole

 

D e     l ‘ É g l i s e     e t     d e     s e s     p a s t e u r s

 

 

50.  Récitez la première partie du neuvième article du symbole ?

Je crois la sainte Église catholique.

 

51.  Qu’est-ce que l’Église ?

 L’Église est la société de tous les chrétiens soumis aux pasteurs légitimes.

 

52.  Qu’appelle-t-on pasteurs de l’Église ?

On appelle pasteurs de l’Église ceux qui l’instruisent et la gouvernent au nom de Jésus-Christ c’est-à-dire le pape et les évêques.

 

+  Saint Vincent de Paul, ce fidèle serviteur de Dieu, ce héros de la charité chrétienne, était peut-être l’homme le plus doux de son temps; mais un jour que son compatriote, le célèbre abbé de Saint-Cyran, lui fit l’aveu qu’à son avis depuis les six derniers siècles, l’Église s’était égarée et corrompue, saint Vincent, enflammé d’un zèle ardent pour la gloire de Dieu et de sa sainte Église, blâma en termes très sévères l’arrogance de cet homme et rompit toute relation avec lui.

 

53.  Qu’est-ce que le Pape ?

Le Pape est le vicaire ou représentant de Jésus-Christ, le successeur de saint Pierre et le chef visible de l’Église.

 

54.  Comment Jésus-Christ a établi saint Pierre chef de son Église ?

Jésus-Christ a établi saint Pierre chef de son Église en lui disant :  «  Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle…pais mes agneaux, pais mes brebis », c’est-à-dire :  sois le pasteur de mon troupeau tout entier.

 

+  Mélanchton, qui passa la moitié de sa vie à pleurer le parti ou il s’était engagé sans avoir jamais la force de s’en sortir, écrivait confidemment à un ami :  «  L’Elbe avec tous ses flots ne saurait me fournir assez de larmes pour pleurer les malheurs de la réforme divisée. »  Pressé par sa vieille mère, près de mourir, de dire ce qu’il pensait de la nouvelle religion de Luther, il répondit :  «  La nouvelle religion est plus commode, l’ancienne est plus sûre. »

 

+  Luther, à sa dernière heure, était tourmenté par le pressentiment des suites éternelles qu’entraînerait pour lui la séparation de l’Église romaine.  Il fit ouvrir les croisées de son appartement, et élevant ses regards mourants :  «  Beau ciel, dit-il, je ne te verrai donc jamais ! »

 

+  O’Connel, sentant sa fin prochaine, après toutes ses grandes œuvres, après avoir fait triompher la foi chrétienne dans l’Irlande, sa patrie, voulut aller mourir à Rome et déposer ses restes mortels aux pieds du représentant de Dieu sur la terre.  Il n,eut pas le temps d’arriver à Rome.  La maladie l’arrêta à Gênes, ou il mourut dans les sentiments les plus admirables.  Dans ses dernières volontés, il laissa son corps à l’Irlande, son cœur à Rome et son âme au ciel.  Son cœur à Rome…C’est bien de ce côté, en effet, que doivent se tourner les affections d’un chrétien. 

 

+  Poursuivi par des persécuteurs, saint Pierre était déjà à la porte de Rome lorsqu’il vit Jésus qui entrait par la même porte.  «  Seigneur, ou allez-vous ? »  lui demanda-t-il.  «  Je viens à Rome, lui répondit Jésus, pour y être crucifié à nouveau. »  Saint Pierre comprit, rentra à Rome et subit le martyre du crucifiement. --- On voit que Jésus s’est identifié avec son vicaire. 

 

+  Qui mange du Pape en meurt. --- Napoléon 1er voulut faire la guerre à l’Église et fut excommunié.  Il dit dans sa colère :  «  Le Pape croit-il que l’excommunication fera tomber les armes des mains de mes soldats ? »  Quelque temps après, il entreprend, avec six cent mille hommes, la campagne de Moscou.  Les Russes fuient devant son armée; il ne peut pas combattre, et ses soldats, transis de froid, laissant tomber leurs armes et tombent avec elles, glacés par la mort; c’est à peine si quelques dizaines de mille de ces hommes revoient leur patrie. 

 

+  En 1873, la République de l’Équateur, à l’inspiration de son auguste président, Garcia Moreno, s’est engagée à verser chaque année au Pape, tant qu’il sera privé de son pouvoir temporel, le dixième de ses revenus.  Quand des sicaires eurent poignardé Garcia Moreno, on trouva sur lui un message sur lequel on lisait :  «  Puisque notre faiblesse nous oblige à rester spectateurs passifs de son martyre ( du Souverain Pontife ), que ce pauvre don lui soit au moins une preuve de notre affection et de notre tendresse, un gage de notre obéissance et de notre fidélité. »  Heureux les États qui ont à leur tête de tels chrétiens!..

 

+  Après la bataille de Marignan, François 1er fur reçu avec pompe à Bologne par le pape Léon X.  Le lendemain, pendant la célébration des saints mystères, le roi de France voulut à tout prix servir de caudataire au Pape, malgré tout ce que ce dernier fit pour l’en empêcher. 

     Les rois s’élèvent en s’humiliant devant le vicaire de Jésus-Christ. 

 

55.  Qu’est-ce que les Évêques ?

Les évêques sont les successeurs des apôtres, établis par Dieu pour gouverner les diocèses. 

 

56.  Qu’est-ce qu’un diocèse ?

Un diocèse est une portion de l’Église dont l’évêque est pasteur sous l’autorité du Pape.

 

57.  Comment Jésus-Christ a-t-il établi les Apôtres et leurs successeurs pasteurs de l’Église ? 

Jésus-Christ a établi les apôtres et leurs successeurs pasteurs de l’Église quand il leur a dit :  «  Allez, enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et voici que je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la consommation des siècles. »

 

58.  Quels sont les coopérateurs des évêques ?

Les coopérateurs des évêques sont les prêtres et principalement les curés qui gouvernent les paroisses.

 

59.  Qu’est-ce qu’une paroisse ?

Une paroisse est une portion du diocèse dont le curé est pasteur sous l’autorité de l’évêque. 

 

60.  L’Église doit-elle durer toujours ?

Oui, l’Église doit durer toujours, puisque Jésus-Christ lui a promis d’être avec elle jusqu’à la consommation des siècles.

 

+  Un jour, le Père Combalot prêchait dans une grande église de Lyon.  Après avoir flagellé de sa parole vigoureuse les mécréants du jour, surtout cette pauvre et sotte espèce qui va redisant que c’en est fait de l’Église catholique et qu’ils vont tout de bon, cette fois, l’enterrer, l’orateur descendait de la chaire à pas lents, lorsque tout à coup il s’arrête et remonte :  «  Mes frères, dit-il à ses auditeurs surpris, de votre ville de Lyon vous voyez le Mont-Blanc, n’est-ce pas ?  Eh bien, je vous le dis, les rats ne le mangeront pas ! »  Un sourire passa dans l’auditoire, qui comprit.  Le Mont-Blanc divin n’a pas peur des rats libres penseurs. 

 

+  Dans un orage épouvantable, qui jetait l’effroi dans tous les cœurs des religieux de son couvent, saint Thomas d’Aquin se rendit à l’église et appuya tranquillement la tête sur le tabernacle, jusqu’à la fin de l’orage.  Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?

 

+  « Quand Voltaire se frottait les mains, sur la fin de sa vie, en ricanant et en disant :  Dans vingt ans Dieu aura beau jeu, le Christ faisait un cercueil ou descendait Voltaire, après avoir expiré au milieu des tortures et du désespoir.  Et quand une autre puissance tenait captif le Pape, le Galiléen en faisait un cercueil, le cercueil de Sainte-Hélène. »

 

Fable. --- Un loup rencontre un jour un petit agneau.  « Connais-tu, lui dit-il, la loi nouvelle ?  C’est que le plus fort a le droit de manger le plus faible. --- Oui, répondit l’agneau; mais ma mère disait que cette loi ne pouvait s’exécuter, parce qu’elle n’était ni juste, ni universelle; que c’était une loi d’exception. --- Ta mère se trompe, reprend le loup, la preuve… » et à l’instant il s’élance sur l’agneau pour le dévorer.  Mais le pasteur, témoin de la scène, abat le loup d’un violent coup de bâton.  Cette fable nous apprend qu’un seul être est au-dessus de tous les êtres, le Dieu Tout-Puissant qui règne dans les cieux.  A lui finalement la victoire.

           

 

 

L E Ç O N   XV

 

Suite du neuvième article du Symbole

 

D e s    m a r q u e s    d e    l ‘ É g l i s e

 

27.  Jésus-Christ a-t-il établi plusieurs Églises ?

Non, Jésus-Christ n’a établi qu’une seule église, hors de laquelle il n’y a pas de salut. 

 

28.  Y a-t-il des marques certaines pour reconnaître la véritable Église ?

Oui, il y a quatre marques de la véritable Église :  elle doit être une, sainte, catholique et apostolique. 

 

29.  Pourquoi la véritable Église doit-elle être une ?

La véritable Église doit être une, parce que Jésus-Christ a ordonne a tous ses membres de croire aux mêmes vérités et d’obéir aux mêmes chefs. 

 

30.  Pourquoi la véritable Église doit-elle être sainte ?

La véritable Église doit être sainte, parce que Jésus-Christ la établie pour produire toujours des saints et pour procurer aux fidèles tous les moyens de se sanctifier.

 

31.  Pourquoi la véritable Église doit-elle être catholique ?

La véritable Église doit être catholique, c’est-à-dire universelle, parce que Jésus-Christ l’a instituée pour les hommes de tous les temps et de tous les lieux. 

 

32.  Pourquoi la véritable Église doit-elle être apostolique ?

La véritable Église doit être apostolique, parce que Jésus-Christ en a confié le gouvernement aux apôtres et à leurs seuls successeurs légitimes. 

 

33.  Quelle est la seule Église qui possède ces quatre marques ?

La seule Église qui possède ces quatre marques est celle qui a le pape pour chef et qui est appelée l’Église catholique romaine. 

 

+  «  Si les protestants savaient à fond comment s’est formée leur religion, avec combien de variations et avec quelle inconstance leurs confessions ont été dressées; comment ils se sont séparés primitivement de nous, et puis entre eux; par combien de subtilités, de détours et d’équivoques, ils ont tâché de réparer leurs divisions et de rassembler les membres épars de leur réforme désunie;  cette réforme, dont ils se vantent, ne les contenterait guère; et pour dire franchement ce que je pense, elle ne leur inspirerait que du mépris. »  (Bossuet, Histoire des variations.)

 

+  Les protestants sont divisés entre eux sur les articles même les plus importants et les plus essentiels.  Les luthériens reconnaissent une seule personne en Jésus-Christ; Calvin et Bèze en admettent deux, comme Nestorius.  Calvin dit que Dieu est l’auteur du péché; les luthériens disent que c’est une erreur abominable.  Luther prétend que le Christ, selon l’humanité, est en tous lieux; Zwingle et Calvin le nient.  Luther trouve dans l’Écriture trois sacrements;  le baptême, l’eucharistie et la pénitence; Calvin admet les deux premiers, rejette la pénitence, et admet l’ordre, rejeté par Luther.  Zwingle nie la pénitence et l’ordre, et il reconnaît le baptême et l’eucharistie, etc.  Ou se trouve l’unité au milieu d’opinions aussi divergentes ?  Jean-Jacques Rousseau fait le portrait suivant des ministres protestants.  «  Ils ne savent plus ce qu’ils croient, ni ce qu’ils veulent, ni ce qu’ils disent.  On leur demande si Jésus-Christ est Dieu, ils n’osent répondre.  Leur intérêt temporel est la seule chose qui décide de leur foi.  On ne sait ni ce qu’ils croient, ni ce qu’ils ne croient pas; on ne sait pas même ce qu’ils font semblant de croire; leur seule manière d’établir leur foi est d’attaquer celle des autres. »  (Guillois.) 

 

+  De nombreux miracles attestent encore de nos jours que l’Église enseigne la vérité.  Les innombrables prodiges qui s’accomplissent à Lourdes, et ceux sur lesquels se basent les procès de canonisation; --- les corps intacts des saints :  sainte Thérèse (+1582) au Carmel d’Avila, sainte Élisabeth de Portugal (+1336) chez les Clarisses de Coïmbre, saint Fr. Xavier (+1552) à Goa, sainte Catherine de Bologne (+1463) chez les Clarisses de cette ville, saint Jean de la Croix  (+1591) à Ségovie, sainte Marie-Madeleine de Pazzi (+1607) à Florence, la B. Électa à Prague (+1663) au Carmel. --- La langue de saint Jean Népomucène est intacte depuis 500 ans, ainsi que celle de saint Antoine de Padoue. --- Le bras droit de saint Étienne de Hongrie (+1038) est aussi conservé intact dans la chapelle de Saint-Sigismond du château d’Ofen. --- Or, ces corps n’ont point été embaumés; la plupart ont passé en terre de longues années et n’ont jamais répandu la moindre odeur; plusieurs même exhalent un agréable parfum; ils ne sont point rigides, mais souples. 

     On connaît dans le monde entier le miracle de saint Janvier à Naples.  On y conserve dans deux fioles du sang de l’évêque saint Janvier de Bénévent, décapité sous Dioclétien en 305.  Dès qu’on rapproche ces deux fioles avec ce sang coagulé du chef du saint renfermé dans des reliquaires d’argent, le sang commence à se liquéfier et à bouillir; éloigné du chef, il se coagule de nouveau.  Ce miracle peut se voir plusieurs fois par an et dure depuis des siècles; il a produit beaucoup de conversions de dissidents, même de prélats luthériens.  (Spir.)   

 

+  Voici comment Calvin nous dépeint Luther, son digne compère : «  Véritablement Luther est fort vicieux ; plût à Dieu qu’il eût pris soin de réprimer davantage son incontinence !  plût à Dieu qu’il eût songé davantage à reconnaître ses vices ! » ---  « Quand je lis un livre de Luther, ddit Zwingle, il me semble voir un pourceau immonde grogner en flairant par ci par là les fleurs d’un beau jardin; c’est avec la même impureté, la même ignorance de la théologie, la même inconvenance que Luther parle de Dieu et des choses saintes. »  A quoi Luther répond sur le même ton :  «  Zwingle s’imagine être un soleil pour éclairer le monde, mais il ne répand pas plus de lumière que stercus in lucernà. »

     Voici ce que dit Volmar sur Calvin son premier professeur ;  «  Calvin est violent et pervers; tant mieux, voilà l’homme qu’il nous faut pour avancer nos affaires. »  Bucer, moine apostat et prêtre marié, ajoute ;  « Calvin est un vrai chien enragé; cet homme est mauvais… Garde-toi, ô lecteur chrétien, des livres de Calvin ! » --- Et Théodore de Bèze, le disciple chéri de Calvin, voulez-vous savoir comment il traite son maître ?  «  Calvin n’a jamais pu se former ni à la tempérance, ni à des habitudes honnêtes, ni à la véracité; il est demeuré enfoncé dans la boue. » 

 

+  Le juge Polémon, interrogeant saint Pionne, prêtre, qui fut martyr dans le troisième siècle, lui fit cette question :  «  De quelle Église êtes-vous ? --- Je suis de l’Église catholique, Jésus-Christ n’a point d’autre Église que celle-là. »

     «  Chrétien est mon nom, disait saint Pacien, et catholique est mon surnom. »

 

+  «  N’êtes-vous pas tourmenté par cette pensée, dit un jour à un ambassadeur catholique un prince protestant qui venait lui rendre visite pendant sa maladie, de devoir être enterré, qui sait, parmi ceux que vous regardez comme hérétiques ? » --- «  Pas le moins du monde, prince; on n’a qu’à creuser un peu plus bas et mon cercueil reposera parmi les catholiques. » 

 

+  Le premier évêque de Lyon fut saint Pothin.

«  Saint Pothin était grec; il fut envoyé par saint Polycarpe, disciple de saint Jean l’Évangéliste, et évêque de Smyrne, à Lyon, ou il fit connaître le vrai Dieu, fonda une église chrétienne, distribua des missionnaires dans les villes voisines, fut dénoncé aux magistrats romains par les païens, confessa la foi de J.-C. avec une dignité et une fermeté héroïque et mourut en prison par l’effet des blessures et meurtrissures qu’il avait reçues sur l’amphithéâtre et dans les rues ou on le traînait, à l’âge de plus de quatre-vingt-dix ans, l’an de  J.-C. 177.  (Cat. De Lyon.)  

 

+ Un prêtre catholique se promenait avec un protestant quand ils rencontrèrent un rabbin juif.  Nous voilà trois hommes qui professons trois religions différentes, dit le protestant, mais qui d’entre nous a raison ?  Je vous le dirai, répondit le juif, c’est moi si le Messie n’est pas encore venu; c’est le catholique si le Messie est venu; mais vous, que le Messie soit venu ou non, vous avez toujours tort. 

 

+  Saint Irénée, évêque de Lyon, qui avait été disciple de saint Polycarpe, disait à Florin, qui semait les dogmes erronés, contraires à ceux de l’Église catholique : « Votre doctrine n’est pas celle des évêques qui ont été avant vous.  Il me semble entendre le bienheureux Polycarpe nous raconter les entretiens qu’il avait eus avec Jean et les autres qui avaient vu le Seigneur, eet nous faire le récit de ce qu’ils avaient appris de sa doctrine et de ses miracles.  Je puis assurer devant Dieu que si ce saint évêque eût entendu la doctrine que vous enseignez, il se serait bouché les oreilles, et se serait écrié selon sa coutume : Bon Dieu !  ne m’avez-vous réservé jusqu’à ce temps que pour entendre de telles choses ?  Et à l’heure même il aurait pris la fuite. »  (Lasausse.) 

 

34.  Pourquoi l’Église catholique est-elle appelée romaine ?

L’Église catholique est appelée romaine, parce que le pape, qui est son chef visible, est évêque de Rome, ou Saint Pierre s’est établi et ou il est mort. 

 

Exemple. --- Saint Pierre est représente comme prince des apôtres et chef de l’Église par les anciens monuments du christianisme.  Un des plus remarquables, est une lampe d’airain trouvée dans les fouilles du mont Caelius.  Cette lampe, qui a la forme d’un navire, représente saint Pierre à la poupe, tenant en main le gouvernail, et Paul, à la proue, ayant l’attitude de l’orateur, de chef de la parole, selon l’expression des actes.  Un personnage s’adressant au grand pape, Benoît XIV, lui disait : «  Ce monument n’a-t-il pas, pour établir la primauté de saint Pierre sur toute l’Église, la valeur d’un éloquent volume composé dans les temps antiques ? »    Rien de plus vrai.  Or, la preuve d’un chef unique est la preuve même de l’unité de l’Église.  ( Annales de philosophie chrétienne, no de décembre 1840. )

 

35.  Que veulent dire ces paroles :  Hors de l’Église, point de salut ?

Ces paroles «  Hors de l’Église point de salut »  veulent dire que tous ceux qui restent en dehors de l’Église par leur faute ne peuvent être sauvés. 

                  

 

 

L E Ç O N    XVI

 

Suite du neuvième article du Symbole

 

D e    l ‘ a u t o r i t é   d e   l‘ É g l i s e   ---   n o s   d e v o i r s   e n v e r s    l‘ É g l i s e

 

 

36.  Quels sont nos devoirs envers l’Église ? 

Nos devoirs envers l’Église sont de croire ce qu’elle enseigne et de faire ce qu’elle commande.

 

+  On a dit du grand docteur saint Athanase :  « Jamais Romain n’aima sa patrie comme Athanase aima l’Église. »

 

+  «  Sainte Église romaine, mère des Églises et mère de tous les fidèles, Église choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi et dans la mère charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles.  Si je t’oublie, Église romaine, puissé-je m’oublier moi-même !  Que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche si tu n’es pas toujours la première dans mon souvenir, si je ne te mets pas toujours au commencement de tous mes cantiques de réjouissance! »  ( Bossuet. )   

 

37.  Pourquoi devons-nous croire ce que l’église enseigne ? 

Nous devons croire ce que l’Église enseigne, parce que l’Église est infaillible, c’est-à-dire qu’elle ne peut pas se tromper. 

 

38.  Pourquoi l’Église est-elle infaillible ?

L’Église est infaillible, parce qu’elle est conduite par le Saint-Esprit, et que Jésus-Christ lui a promis de ne l’abandonner jamais. 

 

+  Nos doutes ne viennent que de l’obscurité de nos esprits.  Saint Ignace avait reçu de telles lumières sur nos mystères qu’il disait;  Lors même qu’ils ne seraient pas contenus dans l’Évangile, je ne craindrais pas de les prêcher, ni même de verser tout mon sang pour les défendre.

 

39.  Notre Saint-Père le Pape est-il infaillible ?  

Oui, notre Saint-Père le Pape est infaillible, quand il enseigne à toute l’Église ce qu’il faut croire ou pratiquer pour aller au ciel. 

 

+  Saint François de Sales représente d’une manière saisissante les différentes images dont se servent les écrivains sacrés pour affirmer l’autorité de saint Pierre :  «  Est-ce une maison ?  dit-il.  Elle est assise sur un rocher et sur son fondement ministériel qui est Pierre.  ---  Vous la représentez-vous comme une famille ?  Voyez Notre-Seigneur qui paie le tribut comme un chef de la maison, et d’abord après lui saint Pierre comme son représentant.  ---  L’Église est-elle une barque ?  Saint Pierre en est le véritable patron, et c’est le Seigneur lui-même qui me l’enseigne. --- La réunion opérée par l’Église est-elle représentée par une pêche  ?  Saint Pierre s’y montre le premier et les autres disciples ne pêchent qu’après lui. --- Veut-on comparer la doctrine qui nous est prêchée au filet d’un pécheur ?  C’est saint Pierre qui le jette, c’est saint Pierre qui le retire; les autres disciples ne sont que ses aides; c’est saint Pierre qui présente les poissons à Notre-Seigneur. --- Voulez-vous que l’Église soit représentée par une ambassade ?  Saint Pierre est à la tête. --- Aimez-vous mieux que ce soit un royaume ?  Saint Pierre en porte les clefs. --- Voulez-vous enfin la représenter sous l’image d’un bercail d’agneaux et de brebis ?  Saint Pierre en est le berger et le pasteur général sous Jésus-Christ. » 

    

40.  Ou se trouvent les vérités que l’Église enseigne ?

Les vérités que l’Église enseigne se trouvent dans l’Écriture sainte et dans la Tradition. 

 

41.  Qu’est-ce que l’Écriture sainte ?

L’Écriture sainte est la parole de Dieu écrite sous l’inspiration du Saint-Esprit dans les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament. 

 

+  Quand l’empereur de la Chine écrit une lettre, il l’enferme dans une enveloppe de pourpre, la place sur un siège de son trône et la fait porter sur un char escorté de sa garde.  Chaque Chinois salue la missive impériale par des génuflexions.  Avec quel respect ne devons-nous donc pas entendre la parole de Dieu !

 

+  « Quels sont les livres que vous lisez ? »  disait le proconsul Saturnin, sous l’empereur Sévère, au confesseur de la foi Spérat.  Il répondit :  «  Les quatre Évangiles de Notre-Seigneur Jésus-Christ et les Épîtres de l’apôtre saint Paul. » 

 

+  L’impie Diderot, faisant lire l’Évangile à sa fille, fut surpris par un de ses amis, qui lui en témoigna son étonnement. «  Et que pourrais-je, reprit-il, lui enseigner de mieux ? »

 

+  Lorsqu’on conseilla à saint Charles Borromée, archevêque de Milan, d’acquérir un jardin contigu à son palais, afin que, fatigué de ses nombreuses occupations, il pût s’y promener un peu et se récréer, il répondit : «  Mon jardin, c’est l’Écriture sainte qui est riche en fleurs et en fruits. »

 

+  M.  Brandela (capitaine dans la marine marchande) et M. de Lesseps se trouvaient sur le même navire et causaient ensemble.  Le capitaine, avec une curiosité bien légitime, interrogeait le grand ingénieur sur son canal de Suez. --- Comment cette idée vous est-elle venue ?  Quelles données avez-vous suivies ?  M. de Lesseps ne répondit pas tout d’abord, mais bientôt il descendit et remonta avec un livre à la main. --- Tenez, dit-il, tout est là dedans ! --- M. Brandela prit le livre, --- c’était la Bible !

   Ceci nous a été raconté par M. Brandela lui-même en présence de plusieurs personnes qui vivent encore et qui habitent Bordeaux. 

( Le Courrier cath., jeudi 30 avril 1885. )

 

42.  Qu’est-ce que la Tradition ? 

La Tradition est la parole de Dieu venue des apôtres jusqu’à nous par l’enseignement des pasteurs.

 

43.  Pourquoi sommes-nous obligés de faire ce que l’Église nous commande ?

Nous devons faire ce que l’Église nous commande, parce que Jésus-Christ lui a donné le pouvoir de gouverner, lorsqu’il a dit à ses apôtres et à leurs successeurs :  «  Celui qui vous écoute, m’écoute; celui qui vous m’éprise, me méprise. »

 

+  Louis XVI ayant fait disparaître l’usage établi à la cour, sous le règne précédent, de servir à la fois des plats gras et maigres les jours de chasse, un courtisan s’en plaignit devant le roi, en citant les paroles de l’Évangile;  Ce n’est pas ce qui entre par la bouche qui souille l’âme.  Non, répondit Louis XVI, mais c’est la révolte contre une autorité légitime; et puisque vous lisez l’Évangile, vous n’ignorez pas la parole de Notre-Seigneur;  Si quelqu’un n’écoute pas l’Église, regardez-le comme un païn et un publicain. 

 

+  Le curé d’Ars reçut un jour la visite d’un riche protestant qui ne se fit pas connaître; en le congédiant, il lui remit une médaille :

  «  Vous ne savez pas, répondit le visiteur, que je suis protestant; mais j’espère quand même être un jour au ciel avec vous. --- Pour être unis au ciel, répondit le vénérable Vianney, il faut l’être sur la terre; ou l’arbre tombe, il reste. --- J’ai foi, reprit le protestant, à la parole du Christ;  Celui qui croit en moi aura la vie éternelle. --- «  Le Christ a bien dit d’autres choses, reprit le saint prêtre.  Si quelqu’un n’écoute pas l’Église, regardez-le comme un païn et un publicain.  Il n’y aura qu’un troupeau et un seul pasteur. » 

   Là-dessus, le saint curé salue son visiteur qui, réfléchissant à ces paroles, ne tarda pas à se faire catholique. 

 

+  Marseria, ambassadeur de Pitt, étant venu proposer à Napoléon 1er de créer en France une religion différente du catholicisme, l’empereur lui répondit :  «  Je suis catholique et je maintiendrai le catholicisme en France, parce que c’est la vraie religion.  Il y a ici deux autorités en présence :  pour les choses du temps, j’ai mon épée, et elle suffit à mon pouvoir; pour les choses du ciel, il y a Rome, et Rome en décidera sans me consulter; et elle aura raison, c’est son droit. »  ( Rome en 1848-49 et 50. )

 

44.  N’avons-nous pas d’autres devoirs envers l’Église ?

Oui, nous devons encore, suivant nos moyens, contribuer aux dépenses du culte et à l’entretien de ses ministres, surtout par le denier du clergé.

               

 

 

L E Ç O N    XVII

 

Suite du neuvième article du Symbole

 

D e s    f i d è l e s    d e    l’ É g l i s e

 

 

45.  Qu’appelle-t-on fidèles de l’Église ?

On appelle fidèles de l’Église les chrétiens soumis à l’autorité des pasteurs légitimes.

 

46.  Qui sont ceux qui n’appartiennent pas à l’Église ?

Ceux qui n’appartiennent pas à l’Église sont les infidèles, les hérétiques, les schismatiques, les apostats et les excommuniés.

 

47.  Qu’est-ce qu’un infidèle ?

Un infidèle est celui qui n’est pas baptisé et qui ne croit pas en Jésus-Christ. 

 

+  De la dispersion des Juifs. --- Trente-huit ans après l’ascension du Fils de Dieu, les Romains dévastèrent la Judée, renversèrent de fond en comble Jérusalem et le Temple, exterminèrent une multitude infinie de juifs et les chassèrent pour toujours de la Terre sainte.  Depuis, ils ont vécu vagabonds et fugitifs sur la terre, esclaves de toutes les nations et maudits de Dieu et des hommes.  Cependant, quoique dispersés et persécutés, leur race ne se modifie pas et ne s’anéantit pas.  Dieu le permet, parce que les juifs sont les gardiens indiscutables des saints livres et les témoins de l’histoire de Notre-Seigneur.  Ils doivent d’ailleurs se convertir à la fin du monde.

 

48.  Qu’est-ce qu’un hérétique ?

Un hérétique est un chrétien qui refuse de croire une ou plusieurs vérités enseignées par l’Église comme articles de foi. 

 

+  Un des avis salutaires que le grand saint Antoine, au rapport de saint Athanase, donna à ses disciples lorsqu’il fut près de mourir, fut celui-ci :  «  Évitez avec un très grand soin la contagion des hérétiques, de tous ceux qui sont séparés de l’Église et de son chef. »  Il avait dit souvent que la communion avec eux était la ruine et la perte entière de l’âme. 

 

+  Saint Irénée, second évêque de Lyon et disciple de saint Polycarpe, rapporte que saint Jean l’Évangéliste, se trouvant à Éphèse, sortit en toute hâte d’une maison de bains ou était entré Cérinthe, «  parce qu’il craignait que les murailles ne vinssent à l’écraser avec ceux qui se trouvaient sous le même toit que cet hérétique. »  ( S. Irénée, liv. III, chap. III. )

  

49.  Qu’est-ce qu’un schismatique ?

Un schismatique est un chrétien qui se sépare de l’Église et ne reconnaît pas l’autorité des pasteurs légitimes. 

 

+  Henri VIII, ce malheureux roi qui a séparé l’Angleterre, l’Ile des saints, de l’Église catholique, épousa cinq femmes qu’il fit conduire successivement à l’échafaud.  On rapporte que sur le point de mourir, il s’écria en regardant ceux qui étaient autour de lui :  «  Nous avons tout perdu : l’État, la renommée, la conscience et le ciel. »

 

50.  Qu’est-ce qu’un apostat ?

Un apostat est celui qui renonce à la religion de Jésus-Christ, après en avoir fait profession. 

 

+  Celui qui est parjure à sa religion par intérêt est un lâche dont il faut se défier.  C’était la pensée de Constance, père du grand Constantin, lorsqu’il voulut éprouver la fidélité de ceux qui étaient auprès de sa personne.  Il avait dans sa cour beaucoup d’officiers chrétiens, il les fit tous venir devant lui, et promit de grandes récompenses à ceux qui voudraient offrir de l’encens à ses dieux.  Quelques-uns le firent, il les cassa sur-le-champ, et leur dit qu’étant capables de manquer de fidélité à leur Dieu, ils en manqueraient aisément à leur prince.  ( Morale en action. )

 

+  «  Comment pourrais-je renoncer à Jésus-Christ mon roi et mon Dieu, dit saint Pothin à ses bourreaux.  Je le sers depuis un grand nombre d’années et il m’a jamais fait de mal. » 

 

51.  Qu’est-ce qu’un excommunié ?

Un excommunié est celui que l’Église a retranché de la communion des fidèles à cause de quelque grande faute.

 

+  L’excommunication a souvent porté malheur à ceux qui en avaient été l’objet.  Exemple Napoléon 1er, qui après avoir été excommunié par le pape  Pie VII, n’éprouva plus que des désastres en Espagne, en Russie, en Allemagne, en France, jusqu’au moment ou il alla mourir sur le rocher de Saint-Hélène. 

 

 

 

 

L E Ç O N     XVIII

 

Suite du neuvième article du Symbole

et dixième article du symbole

 

D e   l a   c o m m u n i o n  d e s   s a i n t s --- d e   l a   r é m i s s i o n   d e s    p é c h é s

 

 

27.  Récitez la seconde partie du neuvième article du symbole ?

Je crois la communion des saints.

 

28.  Qu’est-ce que la communion des saints ?

La communion des saints est l’union qui existe entre tous les membres de l’Église.

 

+  Saint Fructueux, évêque dans le troisième siècle, ne cessait point de prier pour toute l’Église.  Lorsqu’il était près de souffrir le martyre, ayant été condamné à être brûlé vif un chrétien lui prit la main et lui dit : «  Je vous supplie de vous souvenir de moi devant Dieu. »  Le saint martyr lui répondit : «  Je dois avoir dans l’esprit toute l’Église catholique, étendue depuis l’orient jusqu’à l’occident. » 

   Saint Polycarpe priait jour et nuit pour l’Église catholique répandue par toute la terre. 

 

29.  Quels sont les membres de l’Église ?

Les membres de l’Église sont les saints du ciel qui composent l’Église triomphante, les âmes du purgatoire qui composent l’Église souffrante et les fidèles de la terre qui composent l’Église militante.

 

30.  En quoi consiste cette union ?

Cette union consiste en ce que tous forment une même famille dont Dieu est le père et participent aux mêmes biens spirituels.

 

+  Héliodore, envoyé par Séleucus, roi de Syrie, pour piller le temple de Jérusalem, voulant entrer dans ce temple, fut rudement frappé par les anges qui le laissèrent comme mort; le grand prêtre Onias offrit un sacrifice pour Héliodore; alors les anges dirent à celui-ci; «  Rendez grâces au grand prêtre Onias, car le Seigneur vous a donné la vie à cause de lui. »  ( II, Mach., III, 23. )

31.  Quels sont les biens spirituels de l’Église ?

Les biens spirituels de l’Église sont les mérites de Jésus-Christ, de la Sainte Vierge et des saints, les sacrements, les prières et les bonnes œuvres.

 

32.  Comment sommes-nous unis avec les saints du ciel ?

Nous sommes unis avec les saints du ciel par les prières que nous leur adressons et par les grâces qu’ils nous obtiennent.

 

+  Saint Jean déclare que la prière de tous les saints monte continuellement devant Dieu comme la fumée de l’encens (Apoc., VIII, 3,4), et que les vingt-quatre vieillards présentent sans cesse devant le trône du Très-Haut les prières des saints. (Apoc., v,8.)

 

+  La glorieuse vierge Rosalie a toujours protégé d’une manière spéciale, la ville de Palerme, qui a le bonheur de posséder ses reliques.  Elle fit cesser, le 15 juillet 1629, la maladie contagieuse qui la désolait, lorsqu’à cette époque on découvrit le lieu ou son corps avait été enseveli.  À peine ce corps eut-il été porté autour de la ville que la contagion disparut entièrement.  En 1832, à l’époque du 15 juillet, la glorieuse sainte obtint de Dieu la grâce de faire cesser le choléra, de telle manière que la mortalité s’arrêta entièrement à dater de ce moment; il mourait auparavant seize cents personnes par jour.  ( L’Univers, no du 13 août 1837. )

 

+  Sainte Austroberte de Thérouane, sur son lit de mort, au moment ou les prêtres récitaient autour d’elle les litanies des saints : «  Faites silence, mes frères, leur dit-elle, ne voyez-vous pas entrer dans cette chambre la procession de tous les saints dont vous avez invoqué les noms ?  Ils viennent assister à mon décès et me conduire ensuite au ciel. »

 

33.  Comment sommes-nous unis avec les âmes du purgatoire ?

Nous sommes unis avec les âmes du purgatoire par les prières et les bonnes œuvres que nous faisons pour elles.

 

34.  Comment les fidèles de la terre sont-ils unis entre eux ?

Les fidèles de la terre sont unis entre eux en ce que chacun profite des prières et des mérites de tous les autres.

 

35.  Les pécheurs ont-ils part à la communion des saints ?

Oui, les pécheurs ont part à la communion des saints, en ce sens qu’ils reçoivent des secours pour se convertir.

 

36.  Récitez le dixième article du symbole ?

Je crois la rémission des péchés.

 

37.  Que nous enseigne le dixième article du symbole ?

Le dixième article du symbole nous enseigne que Jésus-Christ a donné à son Église le pouvoir de remettre tous les péchés.

 

+  «  En donnant les clefs à Pierre, Jésus-Christ lui remet sa propre puissance, il l’établit son vicaire, son représentant.  C’est pour rappeler cette vérité qu’on représente saint Pierre tenant des clefs à la main.  Ces clefs sont au nombre de deux : l’une exprime le pouvoir de juridiction, l’autre le pouvoir d’ordre; l’une est tournée vers le ciel, que Pierre a le pouvoir d’ouvrir et de fermer, l’autre vers la terre, ou Pierre a le pouvoir de gouverner toute l’Église, les fidèles et les infidèles.  On a coutume, surtout en Italie, de dorer l’une de ces clefs et d’argenter l’autre : la clef dorée désigne le pouvoir d’absoudre, et la clef argentée, le pouvoir d’excommunier, qui est regardé comme inférieur au premier. »  ( Hauterive. )

 

+  Un soldat demandait un jour à un solitaire, si Dieu pardonnait au pécheur.  «  Quand vous avez sali votre habit, le rejetez-vous comme un objet inutile, demanda à son tour le solitaire ? --- Non, reprit le soldat, je le lave et m’en sers. – Comment voulez-vous donc que Dieu abandonne l’âme, son image, même défigurée par le péché ? »

 

+  Une dame pieuse, manifestant à Mme Louise de France son étonnement de ce qu’elle avait embrassé la vie austère des Carmélites, celle-ci dit : « Vous connaissez l’Évangile et vous savez bien qu’il n’offre aucun secret particulier, ni aux santés délicates, ni aux enfants des rois, pour se sauver sans faire pénitence. »

 

+  Cosme de Médicis faisait des aumônes extraordinaires.  L’intendant de ses revenus s’en alarma et lui recommanda de les diminuer.  J’ai un grand livre, dit-il, sur lequel j’inscris tout ce que je reçois de Dieu et tout ce que je lui rends.  Je suis toujours en arrière; quand j’aurai équilibré mon compte avec lui, je diminuerai mes aumônes. 

 

+  Saint Arsène avait quitté la cour pour se retirer au désert.  Or, pendant le travail, il était obligé de porter un mouchoir sur son sein pour essuyer ses larmes, qui coulaient abondamment, et ses larmes étaient accompagnées de prières et de soupirs continuels pour obtenir la rémission de ses péchés.  N’oublions pas que nous sommes pécheurs, et vivons dans la componction.

 

+  On raconte d’Albuquerque, vice-roi des Indes, qu’au moment d’une tempête, il prit un jeune enfant entre ses bras et l’élevant vers le ciel; «  Seigneur, dit-il, si nos péchés vous ont irrité, pardonnez au moins à l’innocence. »  Et la tempête s’apaisa.  Qui peut mieux apaiser Dieu que l’Agneau sans tache ? 

 

 

 

L E Ç O N    XIX

 

Onzième et douzième articles du Symbole

 

D e s    f i n s    d e r n i è r e s    d e    l’ h o m m e

 

 

38.  Récitez les onzième et douzième articles du symbole.

Je crois la résurrection de la chair et la vie éternelle.

 

39.  Que nous font connaître ces deux derniers articles du symbole ?

Ces deux derniers articles du symbole nous font connaître les fins dernières de l’homme.

 

40.  Quelles sont les fins dernières de l’homme ?

Les fins dernières de l’homme sont : la mort, le jugement, le ciel ou l’enfer.

 

+  Joseph-Dominique Mansi était un savant avocat italien qui n’avait pas toujours mené une vie très chrétienne.  En attendant dans une église, il entendit un sermon ou le prédicateur répéta plusieurs fois ces mots :  O éternité !  qui ne finira jamais !  Cette pensée se grava dans son esprit, et elle le poursuivit partout, jusqu’à ce qu’il eût quitté le monde.  Mansi se fit prêtre et mourut en 1769 archevêque de Lucques.  Pensons à l’éternité.

 

+  Il est dit dans la vie du P. Régis, fondateur de la Trappe de Staouéli en Algérie, qu’un noble comte s’étant fait trappiste, ses parents et ses amis le pressèrent vivement de rester dans le monde.  Il répondit : «  Je le ferais volontiers, mais je suis retenu ici par quatre gendarmes : la mort, le jugement, le ciel et l’enfer. »  Ce sont là, en effet, des gendarmes spirituels, qui préviennent bien des crimes et font entrer beaucoup de gens, non pas en enfer, mais en paradis.  ( La voix du Rédempteur. )

 

+  Un Perse, nommé Hormisdas, avait visité toutes les merveilles de Rome, et quand on lui demandait s’il ne serait pas bien heureux d’habiter une ville si riche : «  Il est vrai, répondit-il, que j’y ai vu de grandes magnificences, mais j’y ai aperçu aussi des tombeaux, et puisqu’on meurt ici comme en Perse, toutes ces magnificences pâlissent à mes yeux. »

 

41.  Qu’est-ce que la mort ?

La mort est la séparation de l’âme et du corps.

 

+  Saint Bernard avait coutume de dire souvent pendant le jour : Si tu devais mourir aujourd’hui, ferais-tu cela ?  et quand il commençait quelque bonne action, il se demandait : Si tu devais mourir après cette action, comment la ferais-tu ?  et ainsi, par le souvenir de la mort, il se maintenait dans une continuelle ferveur.

 

+  En nous éveillant, disait saint Antoine à ses disciples, pensons que nous n’irons pas peut-être jusqu’au soir; et en nous couchant, pensons que nous ne verrons peut-être pas le jour suivant.  Prévenus de cette pensée, nous ne nous laisserons point aller à de frivoles désirs, rien ne nous mettra en colère, nous mépriserons les biens fragiles de cette vie, dans la crainte de la quitter chaque jour.  Vivre de la sorte, c’est réelleement veiller comme Jésus-Christ nous l’ordonne.

 

+  «  Je me suis arrêté quelquefois avec plaisir, dit Bernardin de Saint-Pierre, à voir les moucherons, après la pluie, danser en rond des espèces de rondes; mais souvent une sombre hirondelle traverse leur troupe légère et avale à la fois des groupes entiers de danseurs.  Les coryphées distribuent les postes à ceux qui restent, et tous continuent à danser et à chanter.  Leur vie, après tout, est une image de la nôtre.  Les hommes se bercent de vaines illusions autour de quelques vapeurs qui s’élèvent de la terre, tandis que la mort, comme un oiseau de proie, passe au milieu d’eux et les engloutit tout à coup sans interrompre la foule qui cherche le plaisir. »

 

+  Quand faut-il se convertir ?  demandait-on un jour à un prêtre. --- Un jour avant sa mort. --- Mais quand la mort nous prendra-t-elle ? --- Peut-être demain, peut-être ce soir… Il faut se convertir dès aujourd’hui par conséquent, car qui sait ou nous serons demain.

   

42.  Que devient le corps après la mort ?

Après la mort, le corps se corrompt et tombe en poussière, mais il ressuscitera à la fin du monde.

 

43.  Pourquoi le corps ressuscitera-t-il ?

Le corps ressuscitera afin que l’homme soit puni ou récompensé tout entier dans son corps et dans son âme, parce que l’un et l’autre ont pris part à ses bonnes et à ses mauvaises actions.

 

+  Bernardin de Saint-Pierre, auteur des Études de la nature, voyant ses enfants tout en pleurs autour de son lit de mort, leur adressa ces touchantes paroles : «  Ce n’est qu’une séparation de quelques jours; je sens que je quitte la terre et non la vie. »  Quelques jours auparavant, il avait dit à son épouse; «  Pourquoi te livrer à  d’inutiles regrets ?  ce que tu aimes en moi vivra toujours; la mort est suivie d’une existence immortelle ! »

 

+  Quand eut lieu à Reims, au milieu des plus grandes pompes, le sacre du roi Charles VII, Jeanne D’Arc y assista, tenant entre ses mains son étendard qui, promené au milieu des combats, n’était plus qu’un lambeau couvert de poussière.  On voulait le lui ôter, mais elle répondit : «  Laissez-le-moi, il a été à la peine, il faut qu’il soit à la gloire. »  Ce corps de terre qui aura été aussi à la peine pour gagner le ciel devra participer au bonheur de l’âme dans le ciel.

 

+  La nature nous offre plusieurs symbole de notre résurrection future. ---. «  Le monde, dans ses éléments représente notre résurrection.  Tous les jours, la lumière du soleil meurt pour nous lorsqu’elle fait place aux ténèbres de la nuit, et, tous les jours aussi, elle semble ressusciter lorsqu’elle reparaît et que les ténèbres sont dissipées.  Nous voyons encore, suivant les saisons, les arbres se dépouiller de leur verdure, perdre leurs feuilles, cesser de produire des fruits; et tout à coup nous voyons d’un bois aride, des feuilles sortir comme par une espèce de résurrection; l’arbre entier se revêt de verdure et de fleurs et bientôt se charge de fruits.  Tous les jours, nous voyons des grains presque imperceptibles, qui, confiés à la terre, produisent des arbres gigantesques.  Qu’y a-t-il donc d’étonnant si Celui qui fait sortir de si grands arbres de si petites semences, refait aussi, quand il lui plaît, le corps humain avec de la poussière, réduite elle-même à ses parties les plus étémentaires et les plus imperceptibles ?  ( S. Grég. Gr.)

 

44.  Tous les hommes ressusciteront-ils dans le même état ?

Non, les justes seuls ressusciteront avec des corps glorieux.

 

L’espoir de la résurrection soutint les sept frères Macchabées. Les bourreaux leur arrachèrent la langue, leur coupèrent les pieds, leurs enlevèrent la peau, les mirent sur des brasiers ardents.  Au sein de leur tourment, ils dirent à Antiochus : «  Oh! le plus méchant des hommes, tu peux nous faire mourir, mais Dieu nous ressuscitera pour la vie éternelle. » 

 

+  Un roi de Perse fit couper tous les membres, les uns après les autres, à saint Jacques le Mutilé.  Pendant ce temps, le saint martyr, armé d’une patience héroïque, disait à chaque fois qu’on lui coupait un membre : «  Partez, mon pied, ma main, mon œil, le Créateur saura bien vous réunir un jour pour former un ensemble magnifique. »  C’est ainsi que se consolait ce saint par la pensée de la résurrection future.

 

+  On raconte d’un voyageur égaré dans une forêt, qu’il entendit les accents d’une voix mélodieuse.  Attiré par la douceur de ces chants, il arrive auprès d’un homme couvert d’ulcères, et dont les chairs tombaient en lambeaux.  «  Serait-ce vous, dit le voyageur étonné, qui, dans une telle situation, feriez entendre ces chants si doux ? --- Mon frère, dit le nouveau Job, entre Dieu et moi, il n’y avait que cette muraille de boue; je la vois s’écrouer, et je chante le cantique de ma délivrance. »  ( Henry. )

 

45.  Que devient notre âme après la mort ?

Après la mort, notre âme paraît devant Dieu pour être jugée selon ses œuvres; c’est ce qu’on appelle le jugement particulier.

 

+  Saint Jérôme tremblait quand il pensait au jugement et saint Augustin déclare que c’est la pensée du jugement qui l’amena à se convertir.

 

+  Conversion de saint Bruno. --- Une tradition immémoriale dans l’ordre des Chartreux dit que ce qui détermina entièrement saint Bruno à embrasser la vie solitaire fut le fait suivant arrivé à Paris, à l’enterrement de Raymond Diverès, lequel avait passé pendant toute sa vie pour un homme de bien.  Lorsqu’aux vigiles des morts chantées sur le corps commençait la quatrième leçon par ces mots :  «  Responde mihi », Raymond leva la tête et s’écria d’une voix forte : «  Je suis accusé par un juste jugement de Dieu. »  La sépulture fut différée jusqu’au lendemain; et alors, au même endroit de l’office, il répéta avec plus de force que la veille : «  Je suis jugé par un juste jugement de Dieu. »  Enfin, au troisième jour, qui fut encore pris pour délai, il dit, en présence d’une grande foule qu’un événement si tragique avait attirée à l’église : «  Je suis condamné par un juste jugement de Dieu. »  Bruno était présent à ce spectacle, et il entendit de ses oreilles la voix terrible de cet hypocrite, accusé, jugé et condamné.  Mais son cœur en fut encore plus frappé que ses oreilles; toutes ses anciennes résolutions se renouvelèrent, et il n’y eut plus d’obstacle capable d’en empêcher l’exécution.  ( Petits Bollandistes, 6 octobre. )

( Cat. en ex. ) 

 

+  Saint Félicité répondit aux bourreaux qui l’engageaient à prier ses enfants de renoncer à leur foi :  «  Mes fils vivront à jamais s’ils ne sacrifient pas aux dieux; s’ils le font ils tomberont en enfer ».  Ensuite, elle s’adressa à ses enfants et leur dit : «  Regardez le ciel; c’est là que Jésus Christ vous attend avec les saints.  Combattez pour vos âmes; persévérez dans l’amour de Jésus Christ ».  Ils obéirent et moururent martyrs.

 

46.  Que devient l’âme après le jugement particulier ?

Après le jugement particulier, notre âme va au ciel, ou en enfer, ou en purgatoire, selon ce qu’elle a mérité.

 

47.  Qu’est-ce que le ciel ?

Le ciel est un lieu de bonheur parfait ou les saints jouissent éternellement de la vue et de la possession de Dieu : c’est ce qu’on appelle la vie éternelle.

 

+  Quelques jeunes libertins se trouvant avec un religieux d’un ordre très austère, se mirent à le plaisanter sur son genre de vie, et finirent par lui dire : «  Ah! mon Père, vous serez bien attrapé s’il n’y a point de paradis. --- Vous le serez bien plus, leur répond le religieux, s’il y a un enfer, comme la religion nous l’apprend, et comme il n’y a pas lieu d’en douter. » 

 

+  L’Évangile rapporte que le mauvais riche, étant dans l’enfer et voyant Abraham dans le sein de la Divinité, lui adressa ces paroles : «  Père Abraham, ayez pitié de moi et envoyez Lazare, afin qu’il trempe dans l’eau le bout de son doigt pour me rafraîchir la langue; car je souffre dans ce feu des douleurs cruelles et insupportables ! --- Mon fils, lui dit Abraham, souvenez-vous que vous avez été comblé de biens pendant votre vie, et que Lazare, au contraire, n’a eu que du mal : maintenant il est dans la joie, et vous, vous souffrez. »

 

+  Lorsqu’on demandait au peintre Zeuxis pourquoi il donnait tant de soins à ses travaux, il répondait : «  Je travaille pour l’éternité. »  Et nous ne nous appliquerions pas à rendre nos œuvres parfaites, pour nous procurer un éternel bonheur ?…

 

+  Saint François, étant un jour fort tourmenté d’un grand mal de tête, et le démon

l’affligeant en même temps par des tentations si violentes qu’elles semblaient être au-dessus de ses forces, il entendit une voix qui lui dit : «  Si toute la terre était convertie en or; si toutes les rivières et la mer n’étaient plus qu’un baume précieux; si les rochers et les montagnes étaient changés en diamants, et que, pour vous animer à souffrir avec constance, on vous offrît un trésor qui surpassât autant en valeur toutes ces choses que l’or surpasse la terre, le baume l’eau et les diamants les pierres les plus communes, n’en auriez-vous pas une joie extrême ?  Eh bien, sachez que je vous prépare ce trésor, qui est la vie éternelle, pour prix de votre courage et de votre patience. »  (Tiré de sa vie par saint Bonaventure.)

 

+  Au ciel le bonheur des saints sera différent quoique parfait.  Entre plusieurs qui entendent une excellente musique, dit saint François de Sales, quoique tous l’entendent toute, les uns pourtant ne l’entendent pas aussi bien, ni avec autant de plaisir que les autres, selon que les oreilles sont plus ou moins délicates. --- La manne était savourée de quiconque la mangeait, mais différemment néanmoins, selon la diversité des appétits de ceux qui la prenaient, et elle ne fut jamais savourée totalement, car elle avait plus de différentes saveurs qu’il n’y avait de variétés dans les Israélites…

 

+  Nous pouvons avoir si peu l’idée du ciel, qu’en parler c’est nous exposer à être ridicules, comme cet ancien dont parle Hiéroclès.  Il voulait vendre sa maison, et en détachant une pierre, il allait par les rues de la ville, en criant

 Qui veut acheter une belle maison, en voici un échantillon.  Tout ce que les prédicateurs les plus éloquents peuvent dire du ciel n’est qu’un grain de sable comparé à la réalité.

 

48.  Qui sont ceux qui vont au ciel ?

Ceux qui vont au ciel sont ceux qui meurent en état de grâce et qui ont entièrement satisfait à la justice de Dieu.

 

+  Michel, empereur de Constantinople, était tellement épris de l’amour des chevaux et des chariots qu’il oubliait le soin de son empire.  Un jour que, monté sur son cheval, il allait se lancer hors de la barrière dans une partie de courses, un messager vint en toute hâte lui apprendre qu’un de ses lieutenants, révolté contre lui, lui enlevait ses provinces.  Michel le regardant, avec des yeux furieux, lui dit : «  Comment, malheureux, viens-tu m’importuner d’une chose de rien, quand tu me vois occupé d’une affaire aussi importante ? »  Le pécheur perd le ciel pour des jouets d’enfants.

 

49.  Qu’est-ce que l’enfer ?

L’enfer est un lieu de tourments ou les méchants sont pour toujours séparés de Dieu et endurent avec les démons des souffrances qui ne finiront jamais.

 

50.  Est-il certain qu’il y a un enfer ?

Oui, il est certain qu’il y a un enfer, puisque Jésus-Christ l’affirme souvent dans l’évangile et nous fait connaître la sentence portée contre les damnés : retirez-vous de moi, maudits, allez au feu éternel.

 

+  Ne nous moquons pas de l’enfer. --- On se moquerait bien de l’enfer, mais le moyen de se moquer de la mort !  «  Je ne crois pas à l’enfer, disait quelqu’un; personne n’est jamais revenu nous en parler. --- Prenez garde, répondit-on, cela pourrait bien ne prouver seulement qu’on n’en sort pas. »  ( L’abbé Grange. )

 

+  Monsieur, disait un écervelé à Voltaire, je vous apporte une preuve excellente qu’il n’y a pas d’enfer. --- Mon ami, lui demanda le vieil insulteur du christianisme, combien avez-vous mis de temps pour la découvrir ? --- Quelques heures ! --- Oh ! que vous êtes heureux ! et moi qui la cherche depuis soixante ans, sans jamais la trouver ! »

 

+  «  Crois-tu à l’enfer ? demandaient à un prêtre les juges révolutionnaires de Lyon, --- Eh ! comment, répondit celui-ci, pourrais-je en douter en vous voyant et en considérant ce qui se passe ?  J’aurais été incrédule que je serais devenu croyant. »  Rien ne prouve mieux, en effet, l’existence d’une autre vie que l’impunité dont les méchants jouissent dans celle-ci.  ( Migne, Dictionn. anedot. )  

 

+  Le comte Orloff, s’entretenant avec un général russe, se moquait avec lui de toutes les choses saintes et même de l’enfer.  A la fin, ils convinrent sérieusement ensemble que le premier qui mourrait viendrait dire à l’autre ce qu’il y a par delà le rideau.  Quelque temps après, éclate la guerre avec Napoléon 1er Le général part avec l’armée.  Tout à coup, le comte Orloff, au fort de la campagne, voit, un matin, le général pâle et tremblant ouvrir les rideaux de son lit et lui dire : «  Il y a un enfer et j’y suis. »  Orloff se lève, effaré, et court porter cette nouvelle au comte Rostopchine, oncle de Mgr de Ségur, qui nous a conservé ce récit.

 

+  Un impie se vantait de ne pas croire à l’enfer.  Parmi ceux qui l’entendaient se trouvait un homme de sens, modeste, mais qui crut devoir fermer la bouche au parleur insensé.  Il lui posa une simple question : «  Monsieur, lui dit-il, les rois de la terre ont des prisons pour punir leurs sujets rebelles; comment Dieu, le roi de l’univers, n’aurait-il pas de prison pour punir ceux qui outragent sa majesé ? » --- L’impie n’eut rien à répondre.  ( Schouppe. )

 

+  L’impie qui nie l’enfer ressemble au héron d’Afrique.  Cet oiseau stupide, quand il est poursuivi par les chasseurs, s’enfonce, dit-on, la tête dans le sable, et, se tenant immobile, il se croit à l’abri de tout danger parce qu’il ne voit plus l’ennemi.  Mais bientôt la flèche qui le perce le vient détromper.  ( Schouppe. )

 

+  Un saint prêtre, exorcisant un jour un énergumène, demanda au démon quelles peines il souffrait en enfer ?  «  Un feu éternel, répondit-il, une malédiction éternelle, une rage éternelle et un affreux désespoir de ne pouvoir jamais contempler Celui qui m’a créé.  Pour le voir, ne fût-ce qu’un moment, je consentirais volontiers à endurer mes supplices pendant 10.000 ans.  Mais vains désirs !  Je souffrirai toujours, et je ne le verrai jamais ! »

 

+  On demandait à un démon depuis quel temps il était en enfer, il répondit :  « Depuis hier. --- Mais, lui dit-on, comment depuis hier ?  N’y as-tu pas été jeté il y a plus de cinq mille ans ? --- Ah ! répliqua-t-il, si l’on savait ce que l’éternité, l’on comprendrait que mille ans font à peine un moment ! »

 

+  Imaginez-vous qu’un homme est condamné à souffrir les peines de l’enfer jusqu’à ce qu’il ait rempli une grande église de larmes, en ne versant cependant qu’une seule larme de mille ans !  Hélas! Caïn n’en aurait versé que cinq ou six.  Que serait-ce s’il fallait attendre qu’il en eût versé assez pour former plusieurs grandes rivières!  Assez pour inonder toute la terre!  Assez pour remplir cet espace immense qui sépare la terre du ciel!… Eh bien! Quelque effrayante, inconcevable que soit cette durée, ce n’est pas encore l’éternité; ce n’est même rien de l’éternité, puisque après cette durée effrayante de temps, l’éternité reste tout entière.  Car elle n’aurait pas diminué d’un moment.

 

+  Imaginez une montagne de sable, dont la base occupe toute la surface de la terre, dont le sommet dépasse les plus hauts cieux; supposez que tous les mille millions de siècles, un petit grain soit enlevé à cette masse énorme; assurément, il faudrait bien du temps pour que l’immense montagne ait pu perdre tous ces atomes et disparaître entièrement; et cependant, elle aurait changé de place tout entière, une fois, cent fois, cent millions de fois, que l’éternité, l’interminable éternité, en serait encore à son début.   ( D’Outreman. )

 

51.  Qui sont ceux qui vont en enfer ?

Ceux qui vont en enfer sont ceux qui meurent en état de péché mortel.

 

+  Sainte Agape de Thessalonique fut traduite devant Dulcetius, gouverneur de Macédoine.  Lorsqu’il lui demandait pourquoi elle ne voulait pas manger de la viande offerte aux idoles :  «  Je crois au Dieu vivant, dit-elle, et je ne voudrais pas, par une mauvaise action, perdre le mérite de ma vie passée », et elle fut brûlée vive.  Une seule faute grave, en effet, enlève à l’âme tous les mérites précédemment acquis.

 

+  Un jour, un vieux Père du désert fut interrogé par ses disciples, qui lui demandèrent quel était le plus grand insensé du monde, et il répondit :  «  C’est celui qui commet un péché grave et qui échange ainsi un moment de plaisir contre une éternité de supplices; car qui sait si Dieu lui donnera la grâce de se repentir sincèrement?   Les plus grands insensés, en second lieu, sont ceux qui se mettent au lit en état de péché mortel, sans avoir fait un acte de contrition parfaite avec la ferme résolution de se confesser à la première occasion. »  ( Mehler. ) 

 

52.  Qu’est-ce que le Purgatoire ?

Le purgatoire est un lieu de souffrance ou les âmes des justes achèvent d’expier leurs péchés, avant d’entrer dans le ciel. 

 

 

53.  Quelles sont les âmes qui vont en purgatoire ?

Les âmes qui vont en purgatoire sont les âmes de ceux qui meurent en état de grâces, mais qui n’ont pas entièrement satisfait à la justice de Dieu pour leurs péchés.

 

54.  Pouvons-nous soulager et délivrer les âmes du purgatoire ?

Oui, nous pouvons soulager et délivrer les âmes du purgatoire par les prières et les bonnes œuvres, et surtout par le sacrifice de la messe. 

 

+  Saint Thomas d’Aquin, étant en oraison, vit sa sœur religieuse qui venait de mourir.  Elle lui déclara qu’elle était en purgatoire et le pria de ne pas l’oublier.  Le saint se mit en devoir de la secourir par des sacrifices, de ferventes prières.  Au bout de quelques jours, elle lui apparut, le remercia du bien qu’il lui avait fait et l’assura qu’elle jouissait de la gloire du ciel.

 

55.  Qu’est-ce que se sauver ou faire son salut ? 

Se sauver ou faire son salut, c’est vivre chrétiennement de manière à mériter le ciel et à éviter l’enfer.

 

  Mériter le ciel, éviter l’enfer, c’est le but, l’unique but de toute notre vie ici-bas.  Il faut donc de toute nécessité prendre les moyens, c’est-à-dire vivre chrétiennement.

 

Sans le salut, pensez-y bien,

Tout ne vous servira de rien.

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